Vos lieux de culte

Depuis la nuit des temps, dès le moment où l’homme a pris conscience de sa propre existence et de sa finitude, la spiritualité est devenue une partie incontournable de sa vie. Or, l’homme moderne a cru pouvoir s’en passer en se tournant vers le corps, le matériel et la technologie. Mais aujourd’hui, la demande d’accompagnement spirituel est très forte autant du côté des personnes les plus âgées que des jeunes générations.

C’est pour répondre aux attentes des uns et aux questions des autres que l’aumônerie cantonale dans les milieux de la santé s’engage, et c’est aussi pour cela qu’avec HévivA, nous avons rédigé une plaquette intitulée « Accompagner la spiritualité ». C’est un guide pratique, très simple, ayant pour but de favoriser la prise en compte de la spiritualité dans une équipe pluridisciplinaire.

 

Visionner la plaquette

Depuis quelques années, l’accompagnement spirituel a retrouvé ses lettres de noblesse. Dans les milieux de soin, on parle maintenant d’un modèle bio-psycho-social et spirituel. L’accompagnement spirituel fait appel à de nombreuses ressources professionnelles et bénévoles.
Il est important de les reconnaître dans leur complémentarité.

 

Voir le tableau récapitulatif des intervenants en accompagnement spirituel
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Concept d’aumônerie en EMS

« Jusqu’à votre vieillesse je serai le même, jusqu’à votre vieillesse je vous soutiendrai ; je l’ai fait, et je veux encore vous porter et vous soutenir. »

Esaïe 46,4 

I. PRÉAMBULE

Le 20e siècle a connu un grand bouleversement démographique. Le nombre de personnes qui atteignent un âge très avancé augmente avec l’allongement de l’espérance de vie. Beaucoup d’entre elles peuvent garder longtemps leur autonomie et demeurer chez elles, avec l’aide des soins à domicile qui sont très développés dans le Canton de Vaud.

Néanmoins actuellement, si jusqu’à 79 ans, 95% des personnes âgées vivent dans des ménages privés, environ un quart des personnes de 80 ans et plus vivent dans un établissement médico-social (EMS). Ce chiffre atteint 40% pour les personnes entre 90 à 94 ans.

La longévité ainsi que les mesures de maintien à domicile ont changé la vie dans les EMS : La majorité des personnes entrant en EMS sont confrontées à des atteintes importantes de leur santé physique et/ou de leurs capacités cognitives.

Sur le plan social, il est à constater que de plus en plus de personnes risquent de terminer leur vie comme de « solitaires voyageurs du temps » (François Höpflinger).

La vie en EMS présente ainsi, pour les résidents et les professionnels[1], un lieu où l’on recherche une certaine qualité de vie et où l’on s’interroge sur les enjeux éthiques liés à la vulnérabilité des personnes et à la fin de vie.

Ces changements démographiques motivent le débat sociétal actuel autour du grand âge et des conditions favorisant une fin de vie dans la dignité. Les Eglises s’impliquent dans ces réflexions et visent un accompagnement de qualité.

L’action des Eglises s’enracine dans l’Evangile du Christ. Par sa vie, ses actes, son accueil inconditionnel et son enseignement, il a attiré sans cesse l’attention de ses auditeurs sur le proche, celui qui souffre, celui qui cherche sa place dans la société.

Dans cet esprit, les Eglises mandatent des aumôniers qui s’inscrivent dans la même fidélité et sollicitude, en s’adaptant à la réalité d’aujourd’hui.

II. MISSION, ENJEUX ET PRESTATIONS

La prise en compte de la dimension spirituelle et religieuse des résidents fait partie de la mission des EMS dans une perspective d’accompagnement de la personne dans sa globalité. Insérée dans les EMS vaudois, l’aumônerie œcuménique s’engage à promouvoir la dignité de l’homme quoi qu’il arrive et à témoigner de la tendresse du Christ pour chaque être humain. Elle est composée de professionnels nommés et mandatés par les Eglises catholique et réformée reconnues de droit public : les aumôniers. Il s’agit pour eux de reconnaître les besoins spirituels, religieux et éthiques des individus et des groupes.

Les enjeux liés à la prise en compte de ces besoins exigent des prestations assumées par les aumôniers auprès des résidents, de leurs proches et du personnel des institutions.

1. DIMENSION SPIRITUELLE

« Le spirituel est cet espace en soi secret où chacun construit le sens de sa vie, en s’interrogeant sur sa présence au monde et une transcendance possible » (Dr Claude Rougeron).

Prestations :

  • Accompagner les résidents et leurs proches dans leur cheminement, questionnement et révolte comme dans leurs acceptations et gratitude.
  • Identifier, avec le personnel, les moments clés qui requièrent un soutien particulier (arrivée à l’EMS, pertes diverses, fin de vie).
  • Saisir les occasions et développer la créativité pour soutenir le sens (participation aux événements de vie, fêtes, adieux, etc.).

2. DIMENSION RELIGIEUSE

La sphère religieuse comprend un ensemble de croyances, de règles, de comportements et de rites partagés avec une communauté d’appartenance. 

Prestations :

  • Soutenir les résidents dans leur foi, quelles que soient leurs croyances ou appartenance :
  • A leur demande, faciliter l’accès à leurs pratiques religieuses (prière, sacrements, rites divers).
  • Organiser des temps d’échange (visites individuelles, groupes de parole).
  • Favoriser les liens avec leur communauté d’appartenance.
  • Assurer des célébrations chrétiennes régulières et adaptées aux besoins des résidents.

3. DIMENSION ETHIQUE

L’éthique est la recherche de ce qui est bon pour l’homme et l’engagement contre tout ce qui porte atteinte à la dignité de la personne.

Prestations :

  • L’aumônier s’engage, selon ses compétences, à être partenaire, interlocuteur et/ou soutien dans les réflexions des directions d’EMS et des équipes lors de situations complexes.
  • Il accueille et accompagne le résident et ses proches dans leurs interrogations concernant l’acharnement thérapeutique, la fin de vie, la mort, etc.

III. CADRE ET BASE LÉGALE

Le présent concept d’aumônerie constitue le cadre général dans lequel l’aumônerie œcuménique en EMS inscrit ses missions. Il tient compte des dispositions ci-après :

  • La Constitution vaudoise

Article 169 - Principes

  1. L’Etat tient compte de la dimension spirituelle de la personne humaine. 
  2. Il prend en considération la contribution des Eglises et communautés religieuses au lien social et à la transmission de valeurs fondamentales.
  • La Loi sur les relations entre l’Etat et les Eglises reconnues de droit public (LREEDP) du 9 janvier 2007

Au sens de cette loi, l’Eglise Evangélique Réformée du canton de Vaud (EERV) et l’Eglise Catholique dans le canton de Vaud (ECVD), par l’intermédiaire de la Fédération ecclésiastique catholique romaine du canton de Vaud (FEDEC-VD), assument ensemble « des missions exercées en commun au service de tous ». C’est le cas de l’aumônerie dans les EMS du canton de Vaud.

  • La Convention d’exécution du 11 mars 2010 entre l’EERV et la FEDEC-VD

Celle-ci définit comme suit les missions exercées en commun : « Les missions exercées en commun sont celles qui peuvent être déployées au nom des deux Eglises reconnues de droit public et exercées ensemble par l’une ou l’autre Eglise. »

  • Le Mandat et compétences du Conseil cantonal de l’aumônerie œcuménique des établissements médico-sociaux (CADEMS) du 16 novembre 2010

Au sens de ce mandat, les deux Eglises (EERV et ECVD) confèrent au CADEMS la tâche de piloter et d’accompagner la mission commune dans les EMS.

  • La Loi sur la santé publique du canton de Vaud du 29 mai 1985

L’aumônerie est exercée dans le plein respect des règles en vigueur pour les EMS, notamment celles concernant la sphère privée du résident et le secret professionnel et de fonction (voir Art. 80).

  • La charte éthique de l’AVDEMS (2014)

L’aumônier soutient les efforts des EMS affiliés à l’AVDEMS d’assurer un accompagnement spirituel, dans une collaboration interdisciplinaire, conformément aux principes de sa charte éthique.

IV. ORGANISATION

1. Une aumônerie par subsidiarité

On entend par subsidiarité le fait qu’un aumônier catholique ou réformé puisse représenter l’autre Eglise tout en gardant son identité propre.

Ainsi, un aumônier répondant catholique ou protestant est désigné pour chaque EMS du canton. Cet aumônier (catholique ou réformé) remplit la mission commune aux deux Eglises. Il assure le suivi des résidents, s’occupe de l’organisation générale de l’aumônerie de l’établissement, organise les célébrations et maintient un contact privilégié avec la direction et le personnel.

Un aumônier d’appui de l’autre confession est désigné. Il répond aux demandes confessionnelles, assure les remplacements et le cas échéant, participe au tournus des célébrations.

Un prêtre répondant pour toute demande sacramentelle est aussi désigné, lorsque lui-même n’est pas l’aumônier attitré.

Dans les établissements de plus de 80 lits, il y a un aumônier de chaque confession, formant une équipe d’aumônerie. Ils remplissent leur mission ensemble en tenant compte des besoins de l’établissement. Même dans ce cas, les aumôniers s’adressent à tous sans distinction de confession, tout en répondant aux demandes confessionnelles.

Les forces mises à dispositions par les Eglises peuvent émaner des Paroisses, des Régions, des Unités Pastorales ou du Canton, selon les possibilités du terrain.

2. Présence dans les EMS

La dotation attribuée à chaque établissement est déterminée par une clef de répartition interne, adoptée par le CADEMS. Elle est établie en fonction de la dotation globale attribuée par les Eglises et des projets spécifiques liés aux établissements.

L’aumônier visite indifféremment les résidents catholiques et protestants ainsi que ceux d’autres confessions ou religions, sans prosélytisme. A la demande du résident, il assure le relais avec les différentes instances religieuses concernées.

L’aumônier participe au développement du travail pluridisciplinaire (soignants, animateurs, aumôniers, bénévoles d’aumônerie, etc.).

Il a des contacts réguliers avec la direction de l’EMS.

Il préside des célébrations au sein des établissements dont il a la charge.

En ce qui concerne les services funèbres, des directives sont établies par les Eglises.

3. Partenariat

L’offre de base des Eglises est clairement formulée auprès de chaque EMS.

Quand des accords écrits sont proposés par les établissements (documents spécifiques qui établissent le partenariat entre l’institution et l’aumônier), ils sont soumis par les aumôniers aux autorités respectives de chacune des Eglises, avant signature.

Pour des prestations supplémentaires, des conventions idoines doivent être signées entre les EMS et les Eglises. Certains EMS sont membres d’associations spécifiques et participent au financement de postes d’animateurs spirituels.

Les aumôniers entretiennent un dialogue constructif avec les autres acteurs concernés par la dimension spirituelle en EMS, y compris les communautés paroissiales.

4. Formation

Les Eglises engagent des aumôniers ayant une formation reconnue pour ce ministère. Le CADEMS peut demander que le futur aumônier complète sa formation, par exemple au travers d’un CPT (Clinical Pastoral Training = Education pastorale clinique).

Le CADEMS met en place une formation spécifique aux aumôneries d’EMS. Elle se traduit par des modules de formation continue et par des journées cantonales auxquelles les aumôniers sont tenus de participer.

La formation est assurée particulièrement dans les domaines de l’accompagnement, des soins palliatifs, de la psychiatrie de l’âge avancé, de l’œcuménisme et des différentes formes de célébrations.

5. Bénévolat

Certaines tâches relatives à la mission commune d’aumônerie peuvent être complétées ou appuyées par des bénévoles d’aumônerie.

L’appel à des bénévoles d’aumônerie fait l’objet d’un concept général définissant les conditions d’accréditation, de formation et d’intervention de ces derniers. Ce concept est discuté au sein de chaque établissement entre les aumôniers, les directions et les bénévoles d’aumônerie.

Les aumôniers soutiennent les bénévoles d’aumônerie et veillent au développement d’une collaboration constructive entre les différents acteurs concernés.

V. PÉRIMÈTRE DE L’AUMÔNERIE DES EMS

Les établissements médicaux-sociaux sont répartis en trois groupes:

  • Gériatrie et psychogériatrie compatible.
  • Psychiatrie de l’âge avancé.
  • Psychiatrie adulte.

L’aumônerie œcuménique en EMS dessert en premier lieu les établissements gériatriques et psychiatriques de l’âge avancé.

Parmi les EMS non desservis figurent la plus grande partie des établissements médico-sociaux avec une mission de psychiatrie adulte et les établissements socio-éducatifs hébergeant des personnes souffrant de handicap psychique. La desserte de ces établissements par l’aumônerie œcuménique en EMS est étudiée de cas en cas.

La mise en place des missions communes EERV - ECVD et par là de l’aumônerie œcuménique en EMS est en pleine progression. Pour élaborer ce concept, le CADEMS a pu se référer à l’expérience d’aumônerie œcuménique en EMS depuis 2003.

Il n’en reste pas moins que ce concept doit être considéré comme une étape importante et susceptible d’être vécue, évaluée puis enrichie et adaptée par la réflexion et la pratique entre tous les partenaires concernés.

[Pour des raisons de confort de lecture et de simplification rédactionnelle, la forme masculine est utilisée dans le texte. La forme féminine est à associer pour l’ensemble du document.]

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Concept d’aumônerie en hôpital et clinique

« J’étais malade et vous êtes venus me visiter »

Matthieu 25, 36

I. Préambule


Le Christ a, par sa vie, ses actes, son enseignement, attiré l’attention de ses auditeurs sur le proche qui souffre. Son enseignement a dédramatisé, déculpabilisé la maladie. C’est ainsi qu’il a libéré et guéri des malades et les a réhabilités d’un point de vue social. Le Christ a envoyé ses disciples au service de ceux qui souffrent.

Au cours des siècles, l’Evangile a sans cesse été le moteur d’actions humanitaires auprès des souffrants : les relais, les hôtels-Dieu, les maladières, les infirmeries et les hôpitaux, en Europe et dans le monde, ont été des lieux d’accueil et de soins pour les malades. Ce sont les fruits de la foi chrétienne en action. Au début du siècle passé, la plupart des hôpitaux étaient dirigés par des diaconesses et des pasteurs, par des sœurs et des prêtres qui apportaient la Bonne Parole. Par la suite, la direction des hôpitaux se laïcisant, prêtres et pasteurs vinrent de l’extérieur apporter un message d’espérance.

Aujourd’hui, dans nos pays de plus en plus sécularisés, la rencontre personnalisée avec les patients est au centre des préoccupations de l’aumônier. Enraciné dans sa foi chrétienne et animé par les valeurs de l’Evangile, l’aumônier accompagne le patient, ses proches ou le personnel hospitalier dans leur chemine- ment propre et veille à respecter les spécificités humaines et religieuses de chacun.

Cette vision actuelle, porteuse de l’accompagnement spirituel et/ou du message de la foi, nécessite une re- connaissance de la part des Eglises et des institutions hospitalières, des soignés et des soignants. Compte tenu de la diversité des domaines de soins, les Eglises veillent à l’adéquation de la formation des aumô- niers, ainsi qu’à la possibilité de développer leurs compétences au travers d’une formation continue. Cette vision d’ensemble implique aussi un cadre et des moyens de fonctionnement.

 

II. Mission d’une aumônerie œcuménique

La prise en compte de la dimension spirituelle des personnes hospitalisées fait partie de la mission des soins dans une perspective de prise en charge globale de la personne, reconnue dans une vision actuelle des soins en milieu hospitalier. Cette prise en compte concerne aussi les proches et les collaboratrices et collaborateurs des établissements concernés. Les Eglises mettent à disposition des établissements hos- pitaliers et cliniques, des spécialistes pour cette prise en considération de la dimension spirituelle : ce sont les aumôniers.

Ces prêtres, pasteurs, diacres et laïcs engagés sont formés à l’écoute et à l’accompagnement. Ils offrent un soutien sans distinction de religion ni de confession, à moins d’une demande particulière de la personne intéressée. C’est le principe de la subsidiarité appliqué par l’aumônerie : la confession de l’intervenant est secondaire par rapport à une relation de personne humaine à personne humaine.

Les aumôniers, sur l’impulsion du Conseil cantonal de l’aumônerie œcuménique des hôpitaux et cliniques (CAHOSP) inscrivent leur action avec l’objectif de développer le sens et les valeurs des missions com- munes auprès des malades, de leurs proches et des professionnels de la santé.

 

III. Cadre et base légale du concept d’aumônerie

Le présent concept d’aumônerie constitue le cadre général dans lequel l’aumônerie œcuménique des hôpitaux et cliniques inscrit ses missions. Il découle notamment des dispositions ci-après:

La Constitution vaudoise

Article 169 - Principes

  1. L’Etat tient compte de la dimension spirituelle de la personne humaine. 
  2. Il prend en considération la contribution des Eglises et communautés religieuses au lien social et à la transmission de valeurs fondamentales.

La Loi sur les relations entre l’Etat et les Eglises reconnues de droit public (LREEDP) du 9 janvier 2007

Au sens de cette loi, l’Eglise Evangélique Réformée du canton de Vaud (EERV) et l’Eglise Catholique dans le canton de Vaud (ECVD), par l’intermédiaire de la Fédération ecclésiastique catholique romaine du canton de Vaud (FEDEC-VD), assument ensemble « des missions exercées en commun au service de tous ». C’est le cas de l’aumônerie dans les EMS du canton de Vaud.

La Convention d’exécution du 11 mars 2010 entre l’EERV et la FEDEC-VD

Celle-ci définit comme suit les missions exercées en commun : « Les missions exercées en commun sont celles qui peuvent être déployées au nom des deux Eglises reconnues de droit public et exercées ensemble par l’une ou l’autre Eglise. »

Le Mandat et compétences du Conseil cantonal de l’aumônerie œcuménique des hôpitaux et cliniques (CAHOSP) du 16 novembre 2010

Au sens de ce mandat, les deux Eglises (EERV et ECVD) confèrent au CAHOSP la tâche de piloter et d’accompagner la mission commune dans les hôpitaux et cliniques.

La Loi sur la santé publique du canton de Vaud du 29 mai 1985

De façon générale, l’aumônerie sera exercée dans le plein respect des règles en vigueur pour les établissements concernés, notamment celles concernant la sphère privée du patient. En particulier, les aumôniers sont tenus au secret professionnel et de fonction.

La mise en place des missions communes EERV - ECVD et par là de l’aumônerie œcuménique au sein des hôpitaux et cliniques en est à ses débuts. Pour élaborer ce premier concept, le CAHOSP a pu se référer à une expérience d’aumônerie œcuménique conduite au CHUV depuis 2001, aux documents y relatifs ainsi qu’au Cadre de référence interconfessionnel pour l’aumônerie cantonale en milieu hospitalier adopté par le Conseil synodal de l’EERV et le Vicariat épiscopal pour l’ECVD. Il n’en reste pas moins que ce concept doit être considéré comme une première étape susceptible d’être vécue, évaluée puis enrichie et adaptée par la réflexion et la pratique entre tous les partenaires concernés.

Le présent concept d’aumônerie élaboré par le CAHOSP est soumis à la Commission de coordination des missions exerciées en commun (CoCoMiCo) instaurée par les deux Eglises et par elle aux instances de chacune des Eglises pour approbation.

 

IV. Périmètre de l’aumônerie œcuménique des hôpitaux et cliniques

L’aumônerie prend en compte tous les domaines de soins :

  • somatique ;

  • psychiatrique ;

  • palliatif ;

  • de réadaptation.

Aussi bien pour les patients (enfants et adultes) pris en charge en urgence, de façon intensive, pour des soins aigus ou chroniques ou encore pour une attente de placement.

Les établissements desservis avec une mission d’aumônerie sont répartis en trois groupes : les établisse- ments publics (CHUV), les établissements privés reconnus d’intérêt public et les cliniques privées.

Les missions d’aumônerie œcuménique ne sont pas assumées de façon égale auprès des établissements en raison d’aspects liés au périmètre à desservir, à savoir :

  • la diversité des domaines de soins;

  • le nombre des sites à couvrir;

  • le nombre élevé de patients pris en charge annuellement par les hôpitaux et cliniques.

 

V. Organisation

Sur mandat des Conseils d’Eglises, représentés par la CoCoMiCo le Conseil cantonal de l’aumônerie œcuménique des hôpitaux et cliniques (CAHOSP) inscrit la mise en œuvre de son concept en collaboration avec les instances suivantes:

  • les Conseils de site (voir chapitre VII) ;

  • les directions concernées des hôpitaux et cliniques.

Deux aumôniers assument, en plus de leur ministère, une fonction de coordination pour chacune des Eglises.

Du personnel et des moyens matériels sont mis à disposition de la mission commune d’aumônerie au sein des hôpitaux et cliniques:

  • des postes d’aumôniers protestants et catholiques à charge des Eglises ;

  • des postes d’aumôniers protestants et catholiques à charge des Hôpitaux et Cliniques, par convention entre les Eglises et l’Institution concernée ;

  • des ressources pour la formation des aumôniers à charge des Eglises ;

  • une ouverture des directions hospitalières et des cliniques reconnaissant la nécessité et l’importance de l’aumônerie au sein de leurs établissements, ouverture associée à la mise à dispo- sition d’appuis de secrétariat, de locaux de célébrations d’offices religieux et/ou de rencontres, de bureaux, de moyens informatiques, administratifs, de financements pour les activités cou- rantes, etc.;

  • une coordination d’ensemble pour chacune des Eglises.

Certaines tâches relatives à la mission commune d’aumônerie peuvent être complétées ou appuyées par l’apport du bénévolat. Le CAHOSP encourage les formes de bénévolat dans la mesure où elles n’entrent pas en conflit avec les tâches spécifiques des aumôniers et des soignants. L’appel à des bénévoles doit faire l’objet de conditions d’accréditation, de formation et d’intervention clairement définies au préalable au sein de chaque site concerné, ceci d’entente entre les aumôniers, les directions hospitalières et les bénévoles.

Conformément à la directive financière commune aux deux Eglises, le CAHOSP gère et répartit entre les différents sites le budget de fonctionnement qui lui est alloué par les Eglises.

Les dons et les legs reçus et affectés à la mission commune d’aumônerie auprès des hôpitaux et cliniques sont gérés conformément aux directives financières des Eglises.

 

VI. Place des aumoniers dans les institutions de soins

Les aumôniers participent à l’offre en soins dans la perspective d’une approche globale de la personne. Ils s’associent à la mission thérapeutique des équipes soignantes en y apportant leur spécificité dans la prise en compte de la dimension spirituelle.

Leur pratique trouve son enracinement dans la foi chrétienne et s’exerce avec les compétences propres à l’accompagnement spirituel.

La mission des aumôniers, exempte de tout prosé- lytisme, se déploie dans trois domaines: les soins, l’enseignement et la recherche.

1. Les soins

Auprès du patient :

  • aller à la rencontre de l’autre, être à son écoute ;

  • répondre au besoin d’un accompagnement spirituel ainsi qu’aux attentes religieuses des patients ;

  • aider la personne hospitalisée et ses proches à traverser les temps de crise et à résoudre ses conflits de vie;

  • marquer les événements importants par des rites, des gestes significatifs ;

  • offrir une animation cultuelle adaptée aux besoins hospitaliers ;

  • être un relais avec les différentes instances religieuses concernées par le patient.

Auprès de soignants :

  • travailler dans un esprit de dialogue avec les équipes soignantes et développer les complé- mentarités et la compréhension mutuelle;

  • être à l’écoute du personnel hospitalier et offrir un soutien dans les questions spirituelles, éthiques ;

  • contribuer au dialogue sur les questions éthiques au sein des équipes soignantes. 

2. La formation

Le service d’aumônerie contribue à la formation des professionnels de la santé ainsi qu’aux per- sonnes engagées par les organisations religieuses. Ces activités de formation participent à une sensibilisation au travail interdisciplinaire entre les équipes soignantes et les aumôniers. Elles s’ins- crivent dans une approche globale du patient, en intégrant son histoire personnelle, sa dimension spirituelle, sa pratique et ses attentes religieuses.

3. La recherche

Des activités de recherche peuvent être menées par les aumôniers après concertation avec le CA- HOSP et avec l’accord formel de leur employeur. Celles-ci ont pour tâche de rendre compte, par une démarche de recherche, des présupposés qui déterminent la pratique clinique auprès des patients et de leurs proches, dans une perspective interdisciplinaire. Elles proposent et évaluent des modèles d’intervention auprès des bénéficiaires de l’accompagnement pastoral. Elles sont attentives, en proposant des modèles d’interprétation théologique et pastorale au contexte dans lequel on évolue. Elles s’associent également à la recherche concernant les questions éthiques.

 

VII. Conseils de site

Le Mandat et compétences du 16 novembre 2010 donné par les deux Eglises au CAHOSP stipule ce qui suit :

« Le Conseil cantonal donne son accord à la création de conseils de site, fixe leurs compétences (elles se rapportent à l’organisation concrète locale: liturgie, événements festifs, appui à l’aumônerie, bénévolat, etc.) dans le cadre des axes prioritaires du concept commun de l’aumônerie et de la convention avec les établissements. »

Le CAHOSP reconnaît le bien-fondé et l’importance d’une instance proche de l’institution hospitalière ou de la clinique afin de favoriser et faciliter la mission commune d’aumônerie. Il entend poursuivre une col- laboration étroite avec les Conseils de site déjà constitués, ceci avec l’accord des directions hospitalières concernées.

Les axes prioritaires concernant les Conseils de site sont :

  • établir un document référentiel pour les Conseils de site ;

  • formaliser, d’entente avec les directions hospitalières, l’existence ou la création de Conseils de

    site ;

  • évaluer la situation des cliniques;

  • maintenir des relations régulières avec les Conseils de site.

 

VIII. Relations avec les autres lieux de ministère des Eglises (paroisse, régions et départements)

  1. Relations avec les ministres et agents pastoraux

    Les aumôniers et les autres ministres et agents pastoraux échangent toute information utile à leur travail respectif dans le respect des règles de confidentialité et de l’autonomie du patient.

  2. Relations avec les communautés paroissiales

    Les aumôniers sont à disposition des paroisses pour des échanges, conférences, célébrations et formations spécifiques.

  3. Relations avec les régions et les unités pastorales

    a. Selon les circonstances, les aumôniers réformés travaillent en réseau avec les ministres de service communautaire, à savoir les responsables des lieux d’écoute ou de relation d’aide, les formateurs d’adultes, les collègues du Service santé et solidarité. b. Les aumôniers catholiques collaborent avec leurs collègues des unités pastorales, avec le Conseil de la Pastorale ainsi qu’avec les départements Solidarités, Formations et Accompagnements.
  4. Liens avec les réseaux de soins

    Selon les circonstances, les aumôniers collaborent avec les partenaires des réseaux de soins.

  5. ASPUR (Assistance spirituelle et psychologique en situation d’urgence)

    En accord avec leurs Eglises, selon leurs compétences et après une formation spécifique, les aumôniers peuvent s’engager dans les équipes de soutien d’urgence de l’ASPUR appelées à intervenir à la demande des services d’urgences de l’Etat.

Ce concept d’aumônerie a été élaboré par le Conseil cantonal de l’aumônerie œcu- ménique des hôpitaux et cliniques (CAHOSP) et finalisé lors de sa séance du 24 mai 2012.

[Pour des raisons de confort de lecture et de simplification rédactionnelle, la forme masculine est utilisée dans le texte. La forme féminine est à associer pour l’ensemble du document.]

Consignes remises aux Pompes Funèbres et aux Directions des EMS (et par eux si nécessaire aux familles des résidents décédés)

A quel ministre s’adresser ?
Habituellement, c’est l’employé des Pompes Funèbres qui contacte le ministre qui assurera l’accompagnement de la famille. Les Pompes Funèbres veilleront à mettre en œuvre les deux principes ci-dessous:

  • En règle générale, les Pompes Funèbres prennent contact avec le pasteur/diacre du dernier domicile du défunt avant l’entrée dans l’EMS.
  • Il est possible de déroger à cette règle quand la famille a un souhait particulier et que le ministre (pasteur/diacre/aumônier) est disponible.

 De cette façon, les familles et les pompes funèbres sont assurées de disposer d’un ministre pour présider le service funèbre. Si ce dernier devait néanmoins se trouver empêché, c’est à lui d’indiquer par qui il a prévu de se faire remplacer.

  • Depuis plusieurs années déjà, la répartition des ministères dans le cadre de l’Eglise Evangélique Réformée du Canton de Vaud amène à préciser la manière d’organiser les services funèbres des résidents des EMS ou établissements assimilés.
  • La présente démarche veut simplifier la procédure mais surtout tendre vers une meilleure cohérence pour le suivi des familles. Elle veut aussi éviter que, soit le pasteur de la paroisse sur le territoire de laquelle se trouve un EMS, soit l’aumônier de l’établissement, ne soient submergés de demandes pour des services funèbres. La plus grande part de ceux-ci doit être prise en charge par les ministres paroissiaux.
  • On sait que dans certaines circonstances, les familles – en raison d’un lien affectif ou personnel – souhaitent choisir elles-mêmes le ministre qui célébrera le service funèbre. Dans ce cas, la souplesse est de mise, car le lien privilégié entre famille et ministre demeure primordial. Parmi les ministres auxquels la famille fait parfois appel nous avons le ministre du domicile de la famille, un ministre qu’ils connaissent et avec lequel ils souhaitent préparer ce moment, et parfois l’aumônier de l’établissement ou le ministre de la paroisse où se trouve l’établissement.
  • Il est impératif que l’employé des Pompes Funèbres prenne contact avec le ministre AVANT de fixer une date, une heure et un lieu pour un service funèbre.

 Conseil cantonal de l’aumônerie des EMS, Lausanne, le 27 septembre 2012

Une équipe d’aumôniers lausannois a réalisé ce CD suite à une demande du personnel cherchant de l’aide pour accompagner les personnes en fin de vie. Il a été remis en cadeau à tous les EMS vaudois et à leurs aumôniers.

« Auprès de toi — Textes et musiques d’accompagnement pour des temps difficiles»,  alterne les cantiques chantés, les compositions classiques instrumentales (Brahms, Vivaldi, Bach, Mozart), les lectures bibliques, les poèmes et les prières.

-> Produit et distribué par VDE-Gallo.

 

Pensée du jour

La prière d’un ami à son ami (Genèse 18,16-22)

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