Vos lieux de culte

Même si le message de l’Évangile ne change pas et reste toujours le même, l’Église doit adapter son langage à celui de ses contemporains, et ses offres aux besoins des personnes d’aujourd’hui.

Quand un conseil élabore un projet, il ne doit pas le faire en reprenant les anciennes recettes, « on a toujours fait comme ça »,  mais avec le souci d’être en phase avec les attentes, les rythmes de vie et la culture d’aujourd’hui. Il s’agit plus de se projeter avec l’avenir que de regarder en arrière.

Etre Église aujourd’hui et préparer celle de demain demande au conseil de se tenir informé de l’évolution de la population de sa région ou de son secteur et des conditions économiques et sociales, de présager des problèmes éventuels, anticiper, être proactif.

C’est une des caractéristiques des Églises issues de la Réforme du XVIe siècle que d’être créatives dans leur manière de partager l’Évangile et ouvertes au changement.
Regarder l’avenir avec réalisme et espérance est une question de confiance en Dieu et de fidélité à notre tradition.

Témoignage vidéo

Retrouvez au travers de ce témoignage les interrogations de Frédéric Keller, pasteur coordinateur en Région Chablais vaudois, sur les propositions d'activités d'une paroisse à destination de la population.


Voici la réflexion du pasteur Gilles Boucomont sur l’enjeu du témoignage pour les Églises :

« La paroisse a changé. Christ est toujours le même. Christ ne vient pas abolir la prédication de ses prédécesseurs. Mais « jamais homme n’a parlé comme cet homme » (Jean 7,47), car ce même message est annoncé avec une pertinence nouvelle et totale pour un public qui, lui, évolue.

Ce bouleversement de la déchristianisation implique que le conseil presbytéral révise l’ensemble de ses propositions ecclésiales avec cette trame de questions, transversale et sous-jacente : « En quoi nos activités répondent à l’impératif de cette évangélisation de nouveaux publics ? En quoi notre type d’annonce d’une Bonne Nouvelle structure la foi de nos contemporains et s’adapte à eux et à leurs langages ? Dans quelle mesure sommes-nous capables d’accompagner d’une part la vieille dame qui est dans la paroisse depuis 80 ans, mais aussi ce jeune homme d’origine musulmane qui s’est laissé convaincre que le Christ était aussi Fils de Dieu ? Sans négliger qui que ce soit. »

Parce que la foi des nouveaux membres est souvent enthousiaste, elle vient déranger la quiétude d’un protestantisme très installé dans son histoire. Elle oblige les frères et sœurs aînés dans la foi à changer de comportement et à se réjouir, de gré ou de force, du retour des « prodigues » au bercail. Mais la fête n’est pas du goût de tout le monde, car le délicieux ennui de la routine est troublé par le surgissement d’un Dieu qui n’est plus seulement prêché comme étant celui qui dérange, mais qui se met à nous déranger franchement et directement !

Le conseil est là pour garantir cette unité de la paroisse dans l’extrême diversité de ces expressions de la foi. Donner une place au témoignage fait partie de cette réjouissance et de cette reconnaissance du parcours de changement qu’ont vécu les nouveaux membres, les jeunes chrétiens d’adhésion. Mais en tant que protestants historiques nous sommes, au sein du corps du Christ, plus connus pour faire durer des gens dans la foi que pour les amener à la foi, nous ne sommes plus seulement, comme en d’autres époques, les gestionnaires de ces brebis dégoûtées des autres troupeaux d’où elles sont issues, et qui viennent grossir nos troupes. Et le conseil doit gérer une diversité qui est en soi une bonne nouvelle, celle d’une vraie famille dont les contours se redessinent de façon inattendue. Il faudra rassurer les anciens et conforter les nouveaux. S’imposeront des nouvelles formes de célébration, mettant l’accent sur cette diversité pour s’en réjouir plutôt que de la déplorer. La foi de chacun pourra s’y exprimer comme un enrichissement et plus comme une menace. Même les conseillers en sortiront grandis. »

Gilles Boucomont, dans « Le Conseil presbytéral », éditions Olivetan, Lyon

 


Pensée du jour

Abram et Melkisédeq (Genèse 14,17-24)

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