Daniel Meylan
D’où venez-vous ? Comment êtes-vous venu dans la région ?
Je suis né en 1953 dans le canton de Neuchâtel. Originaire de la Vallée de Joux, j’y suis revenu en 1972. Au printemps 1975, j’ai été nommé organiste titulaire dans la paroisse du Sentier, avant de briguer le poste de Nyon, tout en maintenant toutefois une activité partielle à la Vallée.
Quel est votre engagement professionnel ? Quel est votre parcours personnel ?
Dès mon enfance, j’ai manifesté un vif intérêt pour la musique d’orgue et pour son rôle dans la liturgie. Dans les années soixante, il fallait hélas commencer par des études de piano – instrument que je considérais alors comme trop mondain. J’ai aussi songé à entreprendre des études de théologie pour devenir pasteur, mais la musique s’est imposée comme un langage universel et comme une expression de ma foi.
Après une adolescence durant laquelle j’ai beaucoup pratiqué le jazz – suite notamment à un disque offert par surprise par mes parents – je suis revenu à mon premier amour : l’orgue. Je me suis inscrit au conservatoire de Lausanne, puis à Genève, où j’ai suivi la classe de Pierre Segond. Je garde un souvenir lumineux de ces années et de la personnalité charismatique de ce professeur, dont l’influence a été décisive dans mon orientation professionnelle.
En 1979, j’ai épousé Marlyse Mory, passionnée d’art choral, ce qui a favorisé l’émergence de ma vocation de directeur de chœurs, avec les conseils et encouragements d’André Charlet. Nous avons deux enfants et six petits-enfants qui nous comblent.
Qu’est-ce qui vous a motivé pour participer à l’animation musicale des cultes ?
J’ai toujours été convaincu que la musique, qu’elle soit vocale ou instrumentale, est avant tout un moyen d’expression au-delà de son aspect esthétique. Dans la liturgie, cette dimension est primordiale. C’est ce que j’ai cherché à défendre durant plus de vingt ans à la tête de l’Association des organistes romands.
Quelle satisfaction retirez-vous de cette fonction ?
En cinquante ans d’activité, je peux dire que je ne me suis jamais rendu au culte sans motivation. Lorsque les choix musicaux sont en adéquation avec le contenu d’une prédication, on en ressort avec une immense joie. La qualité d’écoute des paroissiens – perceptible même depuis la tribune – leur participation au chant et l’honneur de les accompagner sont pour moi des cadeaux inestimables, pour lesquels je suis chaque fois profondément reconnaissant.
Quel message pourriez-vous donner à nos paroissiens ?
Je leur dirais simplement combien leur écoute, leur participation et leur présence donnent sens à l’engagement des musiciens au culte. La musique liturgique est un dialogue : elle prend toute sa valeur lorsqu’elle est partagée et vécue ensemble.