Marie Cénec, nouvelle ambassadrice de l'écospiritualité
D’où venez-vous, comment êtes-vous venue à Nyon ?
Je suis d’origine française, je suis pasteure depuis un peu plus de vingt ans. Je me suis formée et j’ai exercé mon ministère à Genève où j’habite toujours. En janvier 2022, j’ai eu l’opportunité de venir travailler dans l’EERV en tant que coordinatrice de la Plateforme TES (enjeux spirituels de la Transition Ecologique et Sociale). Par la même occasion, j’ai poursuivi mon engagement comme pasteure du Service Terre Nouvelle, un poste que j’occupais déjà à Genève. Au bout de deux ans d’un travail cantonal, j’ai eu à cœur de retrouver à temps partiel le terrain de la paroisse qui me manquait beaucoup. Quand j’ai su qu’un poste s’ouvrait à Nyon, j’ai tout de suite été interpellée.
Quel est votre parcours ? Quelle a été votre motivation pour vous engager dans la voie théologique ?
Très tôt dans ma vie je me suis questionnée sur l’existence de Dieu et j’ai essayé de comprendre la Bible… Cet intérêt n’a fait que croître et je me suis retrouvée à 18 ans sur les bancs de la Faculté de théologie protestante de Strasbourg. J’ai trouvé quelques réponses, mais j’ai surtout ouvert le champ de mes questions : le mystère de Dieu est aussi vaste que celui de l’humain ! C’est cette complexité qui me motive aujourd’hui encore dans l’étude de la théologie, c’est une exploration infinie. J’aime la dimension intellectuelle de mon métier, mais surtout sa dimension humaine. C’est un privilège de pouvoir accompagner des personnes à des moments clefs de leur existence, de vivre des partages autour de ce qui est « leur essentiel ».
En quoi consiste votre ministère ? Pouvez-vous le décrire brièvement ?
Dans ma fonction actuelle de coordinatrice cantonale, dans le domaine de l’écospiritualité et de l’entraide, l’enjeu est de nourrir et de penser les liens que nous entretenons avec la Création et avec les sœurs et les frères qui sont au-delà de nos frontières. Comment être solidaires face aux souffrances de la Terre et de celles et ceux qui ont des conditions de vie difficiles ou qui sont en danger de mort ? Dans ce monde complexe (décidément, j’aime ce mot !), comment développer un humanisme chrétien ? Les réponses sont multiples. Avec nos partenaires paraecclésiaux (DM, EPER, EcoEglise, oeco), nous essayons de sensibiliser les lieux d’Église à ces problématiques et d’apporter une aide très concrète, que cela soit par la recherche de fonds pour des programmes d’entraide ou par la promotion des écogestes.
Quel message souhaitez-vous apporter à la paroisse aujourd’hui ?
J’aimerais bien que vous me posiez cette question dans quelques mois, quand je connaîtrai mieux les spécificités de la paroisse. Pour moi, la prédication se nourrit du dialogue qui se noue avec les personnes que je rencontre et je suis curieuse de savoir vers quels messages me porteront ces échanges !
Pour l’instant, de manière générale, c’est un message de confiance et d’espérance que j’aimerais apporter. Dans notre monde et nos vies parfois chaotiques, un apaisement est possible, une joie nous est promise, et ce malgré tout ce qui peut contrarier nos désirs et notre volonté. Une grâce nous est offerte : celle de garder le goût et l’amour de la vie. Pouvoir en vivre avec d’autres est un véritable cadeau.
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