Emmanuel Jeger

                   

D'où venez-vous, comment êtes-vous arrivé à Nyon ?
D’origine française, je vis en Suisse depuis 26 ans. 
Arrivé d’abord pour des raisons professionnelles, j’ai peu à peu trouvé ici un véritable lieu de vie, de croissance et d’ancrage. 
Naturalisé suisse depuis plus d’une dizaine d’années, c’est à Nyon que j’ai posé mes valises il y a 14 ans lors d’une étape importante de changement dans ma vie, attiré par la beauté du lieu, sa richesse humaine et ce subtil équilibre entre ville, lac et nature. 
C’est ici que ma vie s’est enracinée, que mes enfants ont en partie grandi et que mon engagement local a pris forme, notamment paroissial.

Quel a été votre parcours professionnel et personnel ?
Professionnellement, j’ai toujours évolué dans le monde de l’entreprise, tout d’abord en tant qu’ingénieur dans le secteur des telecoms qui m’a fait beaucoup voyager à travers le monde. Puis depuis plus de 20 ans, en tant que consultant, coach et formateur en management, cohésion d’équipe et conduite du changement, en mettant l’humain au centre. 
C’est un environnement exigeant mais passionnant, où j’ai appris à écouter les dynamiques humaines, à accompagner des transformations parfois complexes, et à rester toujours au service du sens.

Quelle a été votre motivation pour vous engager dans l'Église Réformée ?
Mes racines spirituelles sont d’origine catholique, profondément nourries par la tradition ignatienne depuis l’âge de 25 ans.
Au fil des années, j’ai aussi développé une forte sensibilité œcuménique, convaincu que l’Esprit souffle au-delà des frontières confessionnelles. 
C’est cette ouverture qui m’a naturellement conduit à cheminer avec le monde protestant réformé en Suisse, où j’ai trouvé des rituels plus dépouillés et des prédications incarnées dans l’humain avec le langage d’aujourd’hui.

En quoi consiste votre travail pour Église 2029 ? Pouvez-vous le décrire brièvement ?
Entre 2019 et 2023, j’ai eu l’opportunité de vivre un mandat à temps partiel comme membre du Conseil synodal de l’EERV. 
Une expérience aussi riche que confrontante, où j’ai touché du doigt les tensions entre héritage et renouvellement, entre fidélité aux racines et nécessité de transformation. Pas toujours facile…
En 2025, il m’a été proposé d’accompagner le projet Église 2029 dans la région de Nyon. Un processus ambitieux, parfois difficile, car il touche à l’identité même des paroisses : leur histoire, leurs lieux, leurs façons de vivre la foi.

Mon travail consistait à faciliter un dialogue entre les paroisses de la région Ouest, pour qu’elles puissent, ensemble, imaginer un scénario de regroupement. Il s’agissait de mettre en lumière les synergies possibles, d’écouter les craintes, de valoriser les ressources de chacun, et d’aider à faire émerger une vision commune. Il y eu parfois des tensions, mais aussi des élans sincères vers l’avenir, ce qui a permis d’aboutir à un projet consolidé à présenter aux paroisses en novembre.

Quel message souhaitez-vous donner à propos de ce travail vers Église 2029 ?
Le message que j’aimerais transmettre, c’est celui-ci : cette transition ne consiste pas à effacer ce qui fut, mais à oser faire du neuf avec notre espérance commune. L’Église n’est pas figée : elle est vivante, en mouvement. Ce que nous construisons aujourd’hui doit devenir un terreau fertile pour les générations qui viennent. Et ce n’est qu’ensemble, avec humilité et courage, que nous pouvons y parvenir.

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Pensée du jour

Ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom. (Jean 20.31)

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