Le Synode est le Parlement de l’Eglise réformée vaudoise, son pouvoir législatif.

L’organe délibérant assume la responsabilité de l’EERV avec le Conseil synodal (l’organe exécutif). Au niveau synodal (cantonal), ils sont les organes faîtiers.
Plus précisément, selon le Règlement général d’organisation de l’EERV (RGO), le Synode assume la responsabilité théologique et ecclésiologique dans l’EERV. 
Il veille à en préserver l’unité et la cohésion, en cohérence avec les positions des Eglises issues de la Réforme. Il fixe les grandes lignes de son organisation et de son action.
L’étymologie grecque syn-odos signifie faire chemin ensemble.

Origine du Synode en protestantisme

 L’Encyclopédie du protestantisme présente la définition suivante sous la rubrique « Synode » :

« Du grec synodos, qui signifie réunion, le terme « synode » désigne les assemblées convoquées périodiquement pour régler les affaires de l’Eglise et déterminer les formes de son témoignage. Pratiquement toutes les Eglises chrétiennes connaissent ce genre d’assemblées. Mais la composition de ces réunions et, surtout, l’autorité qu’on leur accorde diffèrent d’une Eglise à l’autre. Il y a en effet peu de points communs entre un synode des évêques convoqués par le pape, un synode diocésain réuni par un évêque catholique et un synode national ou régional d’une Eglise réformée ; alors que le premier ne compte aucun laïc et que le second n’est qu’une instance consultative qui ne lie en rien l’évêque qui la convoque, le synode réformé est composé aussi bien de laïcs que de pasteurs1 et il a un pouvoir décisionnel pour ce qui concerne le gouvernement de l’Eglise.

En relativisant l’institution ecclésiastique et en mettant en cause le magistère du pape et des évêques, […] les Eglises réformées s’organisèrent très vite de façon synodale. Ainsi en 1559, les premières Eglises réformées en France envoyèrent-elles à Paris des députés qui se réunirent, clandestinement, en un synode national qui vota une Confession de foi et une discipline ecclésiastique : une assemblée réunissant des pasteurs et des laïcs précisait la foi des protestants français et déterminait la façon dont ils souhaitaient vivre en Eglise.

L’Eglise n’était plus définie par une autorité épiscopale censée se situer dans la succession apostolique, mais par une assemblée estimant être, dans la façon de se rapporter aux Ecritures, dans la fidélité aux temps apostoliques : les éditions originales de la Confession de foi 1559, qu’on appellera Confession de la Rochelle en 1571, indiquent significativement :
« Confession de foi faite d’un commun accord par les Français qui désirent vivre selon la pureté de l’Evangile de notre Seigneur Jésus-Christ ». […] »

Jean-Paul Willaime

Régime presbytéro-synodal, une spécificité réformée

L’adjectif «presbytérien » vient du Nouveau Testament. Les Réformateurs ont traduit le grec presbyteros » par ancien, et non par prêtre ; d’où l’expression « anciens d’Eglise » qui désigne les hommes et les femmes formant le conseil, que les lieux d’Eglise élisent ou désignent pour lui confier sa gestion temporelle, spirituelle et diaconale. 
Ce fonctionnement démocratique est la base de tout pouvoir humain dans l’Eglise, car les assemblées législatives sont formées de délégués issus de la
base.
L’adjectif « synodal » (du grec syn : avec et odos : chemin) signale que les communautés locales ne s’estiment ni autosuffisantes ni autonomes, comme dans le congrégationalisme, ni soumises à l’autorité d’un évêque, comme dans les Eglises catholique et orthodoxe. 
Chaque lieu d’Eglise envoie ses délégués à un Synode et confie à cette instance supra-paroissiale la gestion des problèmes qui ne pourraient être traités à l’échelon local : doctrine, consécration des ministres, péréquation financière, aide à la gestion de conflits entre lieux d’Eglise ou au sein d’un lieu d’Eglise, etc. La structure synodale traduit la solidarité des communautés locales. 
L’Eglise est conçue comme un corps formé de tous ceux et toutes celles qui la constituent, et considèrent que le problème de sa gestion est leur affaire commune. 

La relation d’autorité est faite d’un mouvement de va-et-vient entre le niveau synodal et la base presbytérale, dans le respect des compétences des uns et des autres et dans le respect des principes démocratiques. L’un et l’autre niveau renvoient à la seule autorité de Dieu.

* source Guide Agir ensemble, ressources pour les Conseils d'Église de l'EERV


Pensée du jour

De la puissance à la richesse (Actes 3,1-10)

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