Questions posées au comité du Foyer

Situé au coeur du Bourg à St-Prex, le Foyer est un lieu bien connu des St-Preyards. Né il y a 100 ans, le 2 mars 1924, Le Foyer fête cette année ses 100 ans.

A l'occasion des festivités du Foyer, nous avons interrogé les personnes du comité pour connaître ce qui a été à l'origine de ce lieu d'accueil et de vie, et comment les paroisses réformée d'abord, catholique ensuite, ont été impliquées dans son développement.

Encore aujourd'hui, le Foyer offre un lieu convivial au coeur du bourg.

Madame Lucie Forel possédait une maison à la Grand Rue depuis 1916. Elle l’avait achetée en son temps pour accueillir une famille belge exilée par la Guerre de 1914-1918. Elle se réclame du Réveil, un mouvement chrétien né en Angleterre au 18e siècle, selon lequel les appels de l’Evangile doivent recevoir réponse : foi, bonne œuvres et fraternité humaine.

Guidée par ce cheminement, Lucie Forel pensait que la création d’une association permettrait d’assurer la pérennité des activités religieuses abritées par cette maison, à savoir un lieu de rencontre et d’accueil aux jeunes gens qui désirent se regrouper et ne pas tomber dans les méfaits de l’alcool, grand fléau à cette époque. Un lieu de rencontre pour les réunions de couture et une salle de rencontre pour les séances du Conseil de paroisse. Un lieu permettant de façon générale aux réunions d’utilité publique philanthropiques, religieuses ou autres de s’y tenir et qui seraient agrées par le Comité de l’Association. 

Ainsi démarrèrent les premières activités du Foyer, véritable îlot de sérénité dans le Bourg de St-Prex.

La verrerie de St-Prex a été construite par Henri Cornaz en 1913 par le fait que le site sur laquelle elle a été construite contenait du sable de quartz que l’on fondait pour fabriquer du verre. On voit très bien à ce jour l’emplacement de la source de quartz: tout l’emplacement de l’usine, qui a grandi au cours des années, est sur le plat du fond de la mine de quartz, alors que le chemin des Monts-de-Fourche monte fortement après sur le talus que l’on trouve sur toute la limite ouest de l’emplacement du site.

Comme il n’y avait pas de main d’œuvre sur place pour faire fonctionner l’usine Henri Cornaz a acheté une petite verrerie à Semsales FR et il l’a fermée en disant aux ouvriers de venir travailler à St-Prex ce qui fut fait. Ainsi arriva à St-Prex, bourg réformé depuis 1560 par l’arrivée de l’occupant bernois alors qu’il était catholique auparavant dépendant de l’évêché de Lausanne, toute une communauté catholique.

Ces faits montrent qu'en 1924, la communauté catholique était basée sur les hauteurs du bourg derrière la voie de chemin de fer où Henri Cornaz a fait construire une chapelle et une cure. L’intégration de la communauté catholique fut longue. 

Nos aïeux racontaient que lorsqu’ils étaient ados une bataille annuelle avait lieu entre le nord et le sud de la commune à l’emplacement de la gravière en exploitation du Vieux-Moulin. On ne sait pas à partir de quand et pourquoi ces batailles ont eu lieu. Ce que les anciens savaient c’est que cela se passait dans les années 1930 à 1940. Heureusement qu’il ne s’agissait que d’un jeu (!).  On raconte qu'une fois, les ados du bourg avaient préparé, les jours précédant cette petite guerre, des épées en bois, telles celles des croisés, affûtées en pointe au bout. Sur la champ de bataille les jeunes du quartier de la verrerie étaient arrivés avec des grandes perches en bois telles celles que l’on met pour tenir les haricots à berclures. La bataille a vite été réglée avec leurs longues perches les verriers ont donnés une dégelée à ceux du bas.

Ceci pour dire que dans ses première décades, le Foyer ne proposait des rencontres qu’à la communauté protestante. Puis avec les élèves des deux confessions enclassés ensemble dans le collège du Chauchy, de plus avec l’arrivée des ouvriers italiens puis espagnol tant pour l’usine que pour l’agriculture, les diverses autorités et associations existantes ont compris la nécessité d’agir en sorte que les deux communautés religieuses se sentent chez elle partout. D’où le fait que l’association du Foyer a modifié ses statuts afin que l’œcuménisme puisse régner dans son bâtiment et ses actions.

Les statuts du Foyer stipulent que la vice-présidence soit occupée par le Pasteur. 

Historiquement, la Commune était majoritairement protestante et le Foyer reflétait cette pensée chrétienne dominante. 

Cependant, l’évolution démographique a conduit le Foyer à s’adapter et à défendre les valeurs œcuméniques, et qui se reflète également au sein du Comité.

Lors de la tenue des Assemblées générales, la tradition aujourd’hui fait qu’un message biblique soit livré par le Pasteur et le Curé.

L’association est œcuménique et défend ces valeurs.

 

Le Comité du Foyer veille en permanence à la bonne gestion de ce patrimoine précieux, situé en plein Bourg et qui joue un rôle important sur le plan associatif et culturel. 

Des salles de réunion modulables peuvent accueillir jusqu’à 100 personnes dans la grande salle et 40 personnes dans la petite salle située au premier étage. Un magnifique jardin permet également d’agrémenter les moments de rencontre quand la météo le permet.

Ces lieux de rencontre répondent à un réel besoin de partage intergénérationnel et multiculturel. Lieu de rencontre pour des réunions privées, pour la tenue d’Assemblées générales. Des cours à la semaine y sont également donnés et parents et petits-enfants peuvent se retrouver et échanger plusieurs matinées par semaine dans le local occupé en son temps par la Garderie du Ballon-Rouge, lieu animé par des mamans bénévoles et nommé « Les Petits Part’âges ».

Des concerts et des expositions de peintures et de sculptures s’y tiennent régulièrement.

La maison possède deux locaux commerciaux et quatre appartements, dont un occupé par les résidents-concierges qui sont responsables de la bonne tenue des réservations des salles et de l’ambiance sereine qui règne au Foyer.

La gestion des appartements est assurée par une Gérance.

Pensée du jour

De la puissance à la richesse (Actes 3,1-10)

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