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Bientôt le soir, demain dimanche 25 septembre 2022

   Avec ce premier dimanche de l’automne, j’aimerais m’entretenir avec vous sur le thème de la création. On parle beaucoup d’écologie et d’engagement durable. J’aimerais profiter de ces quelques semaines avant le temps de l’Avent pour revisiter la place que la théologie de la création et notre discours sur l’écologie prennent dans notre vie spirituelle et de foi.
   Car on a parfois tendance, et même en église, à tomber dans ce que je qualifierais d’écolâtrie, cette écologie qui évince Dieu, une écolâtrie qui finit par rendre stérile notre action, et notre prière inquiète.

   La première chose à dire à ce sujet est capital. Il touche à notre rapport aux récits de la Genèse. En fait, la Bible s’ouvre avec le livre de la Genèse non pas pour des raisons historiques, mais d’abord pour des raisons théologiques et spirituelles.
   Non, l’histoire qui y est retranscrite ne prétend pas dépeindre de façon journalistique ce qui s’est passé aux origines du monde. Les onze premiers chapitres de la Genèse avec ses récits de la création, puis de Caïn et Abel, du Déluge et enfin de Babel; et ensuite les trente-neufs suivants avec les récits des Patriarches ont pour but de raconter justement la genèse du peuple d’Israël, c’est-à-dire d’en expliquer la génétique, le fonctionnement. Ils abordent ainsi les différentes facettes de son identité : d’où venons-nous ? Qui sont nos ancêtres et pourquoi nous sommes dans ce coin du monde? Pourquoi le mal ? Etc.

   Alors tout cela veut dire concrètement, et c’est cela la chose capitale : le Dieu de l’Alliance, le Dieu de l’Exode, précède le Dieu de la Création, celui de la Genèse. Je veux dire par là que le Dieu de la création se manifeste dans sa splendeur parce qu’il est d’abord le Seigneur de l’Alliance, l’Adonaï Eloyim qui intervient dans l’histoire du peuple d’Israël, qui en prend soin et le délivre de l’esclavage, en appelant Moïse à son service.
   Oui, dans l’histoire d’Israël, le Dieu de l’Alliance est premier. C’est le premier visage qu’Il montre de Lui, avant de se révéler comme le Dieu de la création.

   Et cela a des répercussions spirituelles importantes. Celui que l’on vénère et prie c’est d’abord le Dieu de l’Alliance, ce Seigneur vivant et passionné, qui se manifeste dans ses trois visages de Père, de Fils et d’Esprit Saint. C’est Lui que l’on vénère, aime et prie en tout premier lieu.
   Et c’est à force de le côtoyer, de le voir à l’œuvre dans la vie du monde, malgré et contre tout, et plus encore, de le voir à l’œuvre dans sa propre vie, en vivant une relation d’amitié et de confiance avec lui au quotidien, que nous reconnaissons enfin que nos vies sont dépendantes de sa grâce  … et qu’in fine, Il en est le créateur en plus d’en être le Sauveur !

   C’est fort de tout cela que l’on peut dès lors commencer à réfléchir et penser ce que veut dire « Dieu Créateur » Cela ne veut pas dire que nous ne l’ayons jamais éprouvé avant. Mais c’est seulement à partir de là que je peux le mieux en saisir les contours et les raisons. Non plus scientifiques, mais spirituelles !
   Car, on réalise alors que la nature et tout ce qui nous environne ne sont pas laissés pour compte dans cette fabuleuse aventure de l’histoire de Dieu avec nous. Que la nature, et mieux encore la création, est entraînée et illuminée de bout en bout par la grâce qui émane de cette merveilleuse Alliance de Dieu.
   Une Alliance qui s’avère en fait depuis toujours et que déjà l’arc-en-ciel rappelait dans le ciel de nos déluges.

   Amen !

 

Sandro Restauri, pasteur

 

Pensée du jour

Psaume 115

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