Oser prier, oser demander
Comment Dieu nous répond-il ? Voici les trois réponses qu’Il choisit de nous adresser, en fonction de nos prières
Quand j’étais stagiaire, un ami pasteur m’a expliqué comment Dieu répond à nos prières. Depuis ce jour-là, j’ai changé un peu ma façon de prier.
« Quand tu pries », me disait cet ami, « c’est soit pour remercier Dieu, soit pour Lui demander quelque chose ». Car les prières dites « de louanges » ne sont pas des prières au sens littéral, du latin « precari » qui signifie « demander avec insistance ». Les louanges, elles, témoignent surtout de notre foi et de notre admiration.
Parfois, une prière ne sert qu’à dire « je t’aime » au Seigneur, ce qui est loin d’être anodin ; c’est important de le dire, dans toute relation. Mais ces mots, « je t’aime » ou « soit loué Seigneur » ne constituent pas des requêtes. Dans une prière, il y a quelque chose qu’on aimerait voir se réaliser. Ne dit-on pas : « Je vous prie de m’excuser » ou « je vous prie de vous asseoir » ?
Le Notre Père est un bon exemple. Si l’on fait abstraction de l’invocation initiale qui ressemble à une confession de foi, et de la doxologie finale qui ressemble bien à une formule de louange, tout le reste de cette prière est composée de sept demandes. Sept fois nous suggérons à Dieu d’intervenir dans nos vies et dans le monde.
Lorsqu’elles sont spontanées, les prières reflètent le caractère de celui qui prie et son contexte de vie. Parfois, elles trahissent aussi de petits travers humains, car une prière peut sembler égoïste, exigeante, saugrenue ou même comminatoire.
Nos prières, si elles n’expriment pas notre reconnaissance, sont donc essentiellement des requêtes que nous Lui adressons. Et selon ce pasteur que j’écoutais religieusement, Dieu répond toujours à nos prières. Mais il peut nous répondre de trois manières différentes. Voilà ce que mon ami disait avoir découvert, au fil des années, dans sa relation intime avec Dieu.
Premièrement, à chacune de nos prières, le Seigneur peut choisir de répondre favorablement. Notre prière est alors immédiatement exaucée, d’autant plus facilement que rien n’est impossible pour Lui. Et voilà qu’à l’instar des bergers sortant de l’étable, nous gambadons joyeusement en chantant ses louanges. Il ne nous reste plus alors qu’à nous remettre à genoux pour dire « merci » !
Mais en recevant notre prière, le Seigneur peut aussi dire : « Je comprends ta prière car je connais tes besoins. Mais le moment n’est pas encore venu. Je t’accorderai ce que tu me demandes, mais plus tard. » Or, pour notre Seigneur, l’éternité est comme une seconde ! C’est ainsi que, personnellement, je reste dans l’attente du moment idéal pour que certaines de mes prières soient exaucées. Et dans certains cas, l’attente est longue … alors j’adresse de temps en temps un petit rappel à Dieu, pour qu’il ne m’oublie pas.
Enfin, troisième attitude, il arrive que Dieu juge mes prières déplacées. Il répond à ma prière en disant : « Tu n’as pas besoin de ce que tu me demandes. Mais à la place, je vais t’accorder autre chose, une grâce que tu ne m’as pas (encore) demandée. » Force est de constater que le Seigneur a toujours raison. Il m’a fallu parfois des années pour m’apercevoir que si ma prière avait été exaucée, ma vie en aurait été durablement affectée. Alors qu’un autre bienfait, choisi et accordé par Dieu, avait été plus que bénéfique pour moi.
C’est pourquoi j’ai pris l’habitude de terminer toutes mes prières par ces mots : « Seigneur, entends ma prière, mais que Ta volonté soit faite ! ». Ainsi, au cas où ma prière serait inadéquate, je sais que Lui au moins ne se trompera pas.
Jésus nous encourage à prier : « Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. », Jean 16:24. Mais avec ou sans prières, le Seigneur prend soin de ceux qui croient : « Cherchez d'abord le règne de Dieu, cherchez à faire sa volonté, et Dieu vous accordera aussi tout le reste. », Matthieu 6:33.
Qu’Il entende nos prières !
Cet article signé par Christophe Schindelholz, diacre à la paroisse de Moudon - Syens, paraît en Une du cahier de la Broye, page 29 du journal Réformés de février.
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