Décroissance et croix-sens ? 

La courbe descend et les chiffres sont clairs. Pourtant, la foi chrétienne ne se réduit ni à la croissance ni au recul. Et si la décroissance nous ouvrait un autre chemin ?

Perspective 
C’est une réalité qui ne se discute pas. Depuis des années, une dynamique descendante traverse l’EERV. Les forces ministérielles diminuent, l’engagement bénévole se fragilise, les moyens financiers se resserrent et la distance culturelle vis-à-vis de l’Eglise s’accentue. Cette évolution n’est ni anecdotique ni passagère. Elle s’inscrit dans une transformation profonde de notre paysage religieux. La réforme Eglise 29 en prend acte. J’y vois une invitation à cesser de nous rêver grands et à renoncer à retrouver par nos efforts une influence perdue.

Une seule lecture possible ? 
Face à cette décroissance, nous risquons de laisser la courbe descendante définir toute notre interprétation et notre motivation. Lorsque les indicateurs baissent, nous avons vite fait d’en conclure que tout décline. L’énergie se concentre alors sur la préservation de ce qui reste. Et si nous apprenions plutôt à nous réjouir d’une Eglise qui change d’échelle et retrouve de l’agilité, passant du paquebot à une flottille légère ?

Des élans contraires déjà là 
Notre enthousiasme peut être tenté de suivre la courbe de notre réduction : rêver petit, baisser la tête et attendre la fin. Pourtant, d’autres dynamiques sont de tout temps déjà à l’œuvre. Des adultes demandent le baptême après un cheminement réfléchi. Des groupes se rassemblent autour d’une lecture biblique exigeante ou simplement pour prier ensemble. Des responsables laïques prennent des initiatives courageuses avec discernement. Des collaborations entre paroisses, avec des associations et des communes ouvrent de nouveaux horizons. Une fidélité dans le service auprès des plus fragiles se maintient avec constance. La réforme Eglise 29 nous encourage d’ailleurs à cultiver ce qui germe. Ces réalités ne compensent certes pas les chiffres. Mais elles renversent le récit d’un déclin inéluctable. Elles témoignent qu’une dynamique de relèvement demeure possible et offerte. Encore faut-il consentir à la voir sans attendre des signes spectaculaires ni céder à la sinistrose. 

La Croix comme changement de perspective 
La croix fut un abaissement public, un échec à première vue, un effondrement apparent. Rien ne laissait présager qu’elle portait une promesse. Notre Eglise, elle, a longtemps occupé une place reconnue, fortement enracinée. Aujourd’hui, c’est une forme de mort que nous traversons. L’Evangile de Pâques témoigne que la résurrection n’efface ni la vulnérabilité ni l’abaissement, mais qu’elle y fait éclore une vie neuve, dans une discrétion saisissante. En choisissant la vie, à la suite du Ressuscité, nous acceptons cette traversée, nous consentons à l’humilité qu’elle impose et nous choisissons de focaliser notre attention et nos efforts là où le Souffle circule encore et encore. 

Cet article est signé par Véronique Monnard, diacre, paroisse d’Oron – Palézieux et est à lire en Une du cahier régional dans le Réformés d'avril 2026, page 27.


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Pensée du jour

Ces signes sont écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et que, par cette foi, vous ayez la vie en son nom. (Jean 20.24-31 "v. 31")

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