Vos lieux de culte

Une belle sortie de vie ?

A l’heure où j’écris, les funérailles de la reine Elizabeth sont en train de se dérouler. Elle aura laissé une trace bien visible sur la Terre de notre temps, et elle aura peut-être une place dans les livres d’histoire du 20e-21e siècle. Et vous, et moi ? J’ai la conviction que notre trace, même moins visible, sera considérée de la même manière par Dieu que celle d’Elizabeth II. A l’aune de ce que nous avons donné, pas accumulé. Nous sommes riches de ce que nous partageons.

On dit souvent que nous sommes tous égaux devant la mort, pas devant la naissance ni entre deux… Le fait de mourir rassemble certes tous les vivants, mais pas la manière, ni la cérémonie d’adieu qui s’ensuit. Or, une vie est une vie, ou bien quoi ?

Pour le Dieu de la Bible, chaque personne sur cette planète a une même dignité, une même valeur, qui déborde du seul temps passé sur terre. C’est pourquoi les chrétiens sont souvent préoccupés du « salut éternel » des hommes et des femmes de cette planète. Dans la perspective qu’on passera probablement plus de « temps » dans l’après-vie que dans l’existence terrestre, il est important de penser aussi à sa sortie, à son avenir : y voyez-vous une suite, et si oui où, avec qui, pour combien de « temps » ? En fait, que serai-je quand je ne serai plus ? Peut-être rien ? Ou… ?

La promesse de Jésus : « je viendrai vous chercher et je vous emmènerai là où je suis » a résonné très fort dans le cœur des premiers croyants, elle leur a ouvert un horizon d’espérance insoupçonné jusque-là. Une continuité, un lien. Il l’a démontré par sa résurrection. Là où est Jésus, c’est en fait simplement « près de Dieu ». Ca reste toutefois un peu mystérieux, il n’y a pas de grande description de paradis. Pour maintenir la surprise du cadeau ? Être près de Dieu, c’est de toute façon un lieu où il fait bon vivre, déjà depuis maintenant, et ce n’est même pas la mort qui nous empêchera de poursuivre ! Oserons-nous y croire ?

Frédéric Steinhauer, Eglise réformée

En amateur peut-être, mais pratiquez !

Pratiquer la musique en amateur est très important. Dans cet esprit, le grand compositeur anglais Ralph Vaughan Williams a dirigé toute sa vie un chœur villageois, il a adapté des mélodies populaires et composé de nombreux cantiques adaptés à des assemblées de chanteurs amateurs.  Vous aurez entendu le Psaume 34 lors des funérailles d’Elisabeth II ou dans notre recueil Alleluia: le  36-36 « Pour tous les saints ».

La différence entre l’amateur et le professionnel est que l’un est payé et l’autre pas. Selon une méritocratie toute relative : nous connaissons tous des professionnels beaucoup trop payés pour une prestation qu’un amateur ferait tout aussi bien.  Néanmoins, qualifier quelqu’un d’amateur reste souvent péjoratif : pas très doué, manque de finesse dans l’exécution. Du coup, l’amateur est exposé au découragement quand il entend une œuvre impeccablement exécutée. Limité dans le temps dévolu aux répétitions, il se sent peu doué et craint ne jamais pouvoir atteindre le niveau. L’amateur va-t-il renoncer à sa pratique et redevenir un auditeur passif ? Mais la persévérance paie et un beau jour, tout se met en place. L’amateur atteint à cette dimension supérieure, spirituelle que procure la pratique de la musique.

Le compositeur professionnel invitait ainsi à prendre au sérieux le potentiel d’une pratique d’amateur enthousiaste. Et il s’appuyait sur ce verset “Mettez la parole de Dieu en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter » Jacques 1,22.  Ecouter la parole sans pratiquer est quelque chose de passif. Comme quelqu’un qui se regarde dans un miroir, qui s’éloigne et oublie aussitôt comment il est. Celui-là n’accède pas à la dimension profondément spirituelle de faire la parole.  « Devenez des faiseurs de la parole ». Un mot parfois péjoratif : ce n’est qu’un faiseur, un besogneux.  Le faiseur de la parole, ou le réalisateur de la parole : le mot en grec est « poètès », qui a aussi donné en français « poète ».  Dieu est qualifié de faiseur, « poètès », pour dire qu’il est créateur.  Il ne s’agit pas simplement de valoriser le « faire » sur le dire, mais par la pratique, d’entrer dans une démarche créatrice, poétique d’écoute de la parole. Peut-être que cette manière de considérer la pratique peut contredire cette platitude qui consiste à se dire croyant, mais non pratiquant.  Il nous faut devenir des faiseurs, des réalisateurs, poètes en amateurs, conscients de leurs limites, mais persévérants.

Frans van Binsbergen

Pasteur EERV - Yvonand

Triste prophétie ?

En effet, ses paroles ne passent pas. Paroles de respect et de tolérance, paroles d’accueil de l’étranger, du différent… Que ce soit au sein de bien des communautés chrétiennes comme dans bien des sociétés, nous sommes loin de relayer le message du Christ.

 

« Délivre nous, Seigneur, de nos orgueils, de notre tendance à éviter toute remise en question, de notre hésitation à suivre l’exploration du chemin sur lequel tu nous précèdes. »

 

T. B.

Je ne suis pas optimiste

On me dit souvent que je suis une incorrigible optimiste. Il est vrai que j’essaie de cultiver une attitude ouverte et positive face au monde, sans nier pour autant la réalité de ce qui s’offre à moi. Je dis bien, « j’essaie ». Parce que justement, ce n’est pas facile, surtout par les temps qui courent – je n’ai pas besoin de vous expliquer pourquoi.

A vrai dire, je ne pense pas être particulièrement optimiste. Certaines fois, c’est même plutôt le contraire. On pourrait alors nuancer et définir une attitude intermédiaire, qui serait le réalisme. Je veux bien, mais il ne s’agit pas de n’importe quel réalisme.

Ce que j’essaie de cultiver, c’est ce qu’on pourrait appeler le réalisme chrétien, le réalisme de la Bonne Nouvelle : celui qui affirme que l’obscurité et la mort n’auront pas le dernier mot, que le Christ s’est relevé au troisième jour, qu’il a apporté l’amour plutôt que la haine.

C’est le réalisme de l’espérance. Et l’espérance, ce n’est pas nier la souffrance, c’est l’accueillir en sachant qu’on peut la traverser, parce qu’un autre l’a fait avant nous et qu’il nous accompagne tous les jours, jusqu’à la fin du monde. C’est se savoir aimé-e et accueilli-e sans condition. C’est affirmer qu’il y a encore de l’espoir, pas parce qu’on est certain-e de réussir, mais parce qu’il y a des gens qui espèrent encore.

L’espérance, c’est aussi la capacité de me concevoir et de concevoir l’autre comme un commencement. Nous avons une disposition à changer, à être transformé-e intérieurement. Mais nous sommes aussi des commencements capables de commencements, pour agir concrètement dans le monde, en prenant, pourquoi pas, des directions nouvelles.

Ainsi, pour le dire avec les mots du théologien allemand Jürgen Moltmann : L’espérance et la pensée qui lui correspond ne peuvent donc accepter le reproche d’être utopiques, car elles tendent non pas vers « ce qui n’a pas de lieu », mais vers « ce qui n’a pas encore de lieu » et qui cependant peut en trouver un.

Ni optimiste, ni pessimiste. Réaliste. Et remplie d’espérance.

Sophie Maillefer, étudiante en théologie

L’autre calendrier

C’était la rentrée. Les rues sont à nouveau remplies, les trains des pendulaires et les agendas aussi. En ces temps bien occupés, pensons à ménager de l’espace pour s’arrêter, respirer, faire silence. Et pourquoi pas, pour écouter la Voix et se laisser inspirer par le Souffle.

Si on s’impatiente, si on se surcharge, donnons-nous du temps. Ne serait-ce que quelques minutes. C’est dans ces moments de vide, hors des cases de l’agenda, que petit à petit nous pouvons voir se dessiner l’autre calendrier. Le temps de Dieu n’est pas le nôtre, mais il nous l’accorde. En tout temps.

SM

Un pas de côté pour sortir des ornières

Ce week-end, ce sera le Jeûne fédéral. Une pause bienvenue un peu moins d’un mois après la reprise. Un jour chômé, c’est toujours bon à prendre ! On va pouvoir rester au lit, plutôt que de devoir se lever.

Beaucoup de gens ne voient pas plus loin. Il y a une obligation qui tombe, et l’on est bien content. Mais rien ne vient prendre la place laissée vide. On n’a pas à aller au travail. Cela veut dire que l’on peut faire ce que l’on veut.

Il n’y a pas si longtemps, les fêtes étaient vécues différemment. On interrompait ses occupations habituelles, bien sûr. Mais pas juste pour se reposer. Un autre programme était là qui nous attendait.

Chaque fête avait ses gestes précis. Toute une liste d’habitudes et de traditions qui amenaient à habiter le monde et la vie autrement. Les priorités n’étaient plus les mêmes que les autres jours. Le rythme aussi était différent.

Et il y avait là une leçon importante : le métro-boulot-dodo du quotidien n’est pas un absolu auquel il serait impossible d’échapper. Il y a une autre façon d’habiter le monde et la vie. Il y en a même tout un éventail.

Un pas de côté permet de voir les choses sous un autre angle et d’avoir un regard neuf. Et dans cet esprit, notre Église propose en parcours en sept étapes qui va commencer cet automne. Il s’intitule : « Danser avec la vie ».

S’inspirer des fêtes et des saisons pour redécouvrir d’autres manières d’habiter le monde, d’autres chemins de vie pour renouer une relation plus saine avec notre planète et avancer en harmonie avec elle. La première rencontre aura lieu le mardi 4 octobre à 20h à la chapelle des Cygnes à Yverdon. Vous y êtes les bienvenus.

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon.

Pensée du jour

2 Chroniques 35,20-27 Une fidélité chancelante (2 Chroniques 35,20-27)

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