Vos lieux de culte

Page blanche pour une jeune fille assassinée

 

Ma très chère, une page blanche pour:
Honorer ta mémoire
Dénoncer le vide cruel de ton absence
Crier que justice soit faite
Implorer la reconstruction pour ta mère, tes soeurs, ton frère
Et tous ceux qui t'aiment...
...de tout coeur avec amour et prières.

TA

Mon assurance

 

Primes. Publicité. C’est le temps pour tous de se questionner si l’on est bien assuré, et pour beaucoup de râler devant les coûts. Faut-il en changer ? Encore une fois !

D’accord, le système nous soutient bien quand nous sommes dans le besoin. Nos hôpitaux sont compétitifs, nos médecins sont bons. Nous ne vivons pas dans un monde parfait, la maladie, l’accident sont là, pour nous rappeler que la vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille. C’est bien d’être rassuré.

Mon assurance justement m’a écrit. Je pense que c’est pour être sûr que je n’en change pas. Elle m’envoie un journal que je ne lis pas. Pour d’autres, Mujinga semblerait être au bout du fil, sympathique athlète à prendre soin de nos santés. Et j’en passe. Quel prix pour une famille !

Alors on use, comme chaque année, de comparateurs, on bricole entre des systèmes que l’on comprend de moins en moins. Finalement, toute personne vivant en Suisse est assurée pour sa santé et c’est très bien.

Se pose une autre question, la question de fond. Quelle est mon assurance dans ma vie ? Une question ancienne en fait. C’était la première question d’un catéchisme de la Réforme. Et l’enfant devait apprendre par cœur la réponse : ton assurance c’est Jésus. La question est plus ancienne en fait, elle se posait déjà des siècles avant le Christ, et dans la culture du Moyen-Orient, en Asie, un peu partout, une question qui traverse toutes les spiritualités.

Alors, pour chacun d’entre-nous, qu’est-ce qui nous rassure ? Ce qui nous rassure va porter un nom ou un autre, et beaucoup au cours de leur vie vont en changer aussi, de maîtres, d’assurances, c’est normal. Quant à moi, j’ai un petit faible pour les obstinés. Ceux qui ont entendu une parole personnelle de Dieu leur parlant à cœur et s’y sont accrochés ; ce Dieu qui dit « n’aie pas peur » !

 

François Lemrich

 

Gouttes d’eau

 

Dans le temple de Grandson
jusqu’au 4 novembre,
grâce à l’ingéniosité
pleine de poésie,
de douceur,
Mercedes Lara, artiste,
a suspendu
2'500 gouttes d’eau
… en porcelaine.
Ces gouttes nous accueillent,
nous accompagnent,
vers les astres qui reflètent
la lumière du moment.
L’ensemble offre à notre temple
une ambiance de légèreté
bienfaisante
invitant à la méditation.
Seigneur, dans les courses
effrénées de nos journées,
tu nous invites à nous ressourcer
à ta Parole.
Souvent ce n’est qu’une goutte
que nous retenons.
Et, pourtant, avec à elle
tu apportes la lumière
qui éclaire nos chemins.
 

SJB

 

 

Ils sont trop beaux ces champignons ! Trop beaux pour être mangés en tout cas, ces amanites n’étant pas comestibles. Il y en a autour de nous de ces choses qui sont trop belles ! Mais, souvent, le « trop beau » cache quelque chose de moins sympa.

Seigneur, merci pour la beauté de ce qui nous entoure, merci pour l’émerveillement que cela suscite en moi ; donne-moi de percevoir ce qui se cache parfois derrière ce « trop beau », afin de pouvoir aussi découvrir ce qui est moins clinquant, mais que je peux déguster en toute sérénité.

Amen!

ACR

« Les activistes en écologie d’aujourd’hui sont des technocrates inversés et des scientifiques froids ; quand j’entends le mot « écosystème », je me sens mal. »

Ces propos d’un écrivain tchèque sont excessifs et brutaux. Mais ils posent une question importante : l’écologie est-elle une invitation à changer vraiment de vie, ou bien au contraire le moyen de sauvegarder le modèle en cours, en faisant juste quelques aménagements ?

Parler d’environnement n’est pas aussi neutre qu’on le pense. C’est dire que, la nature et nous, nous ne sommes pas du même monde. Un terrain de jeu est là qui nous entoure, avec aussi de très beaux paysages. Mais nous ne sommes pas vraiment partie prenante. Nous restons extérieurs à tout ça.

Le modèle de l’ingénieur qui façonne le réel en fonction de représentations et autres besoins reste très prenant. On exploite des ressources. Seulement, maintenant, on le fait de façon durable. Pour éviter de se retrouver le bec dans l’eau.

La démarche semble parfaitement rationnelle. Mais l’est-elle vraiment ? N’y a-t-il pas un aveuglement sidérant à réduire la nature à un stock de matières premières et d’expériences sensorielles ? Comme si le vivant n’était pas ce qui tisse notre être.

Faire de l’homme et de ses initiatives la clé de tout, c’est perpétuer ce déséquilibre qui nous a envoyés dans le mur. L’alternative, c’est de redécouvrir notre place, non pas en surplomb, mais au milieu de tout ce qui vit. Ce lot qui est le nôtre d’être des terrestres, pris dans un incroyable réseau de liens.

Avec tous ces êtres qui nous accompagnent dans notre quotidien et qui tissent notre vie : les animaux, les plantes. Avec aussi le passé qui nous permet d’être là et l’avenir probablement différent de ce que nous imaginons et planifions.

Nous n’avons pas à construire la vie. Nous avons à danser avec elle. Un parcours en sept étapes commence bientôt comme une invitation à méditer cette question. Premier rendez-vous : mardi 4 octobre à 20h à la Chapelle des Cygnes à Yverdon.

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon-Les-Bains

Noms de rue

Que ce soit à Treytorrens ou à Orzens, les rues qui mènent au cimetière ont des noms poétiques. En finesse, teintés d’une légère ironie.  « Seigneur, fais-nous sourire, un clin d’œil quand la mort d’une manière ou une autre nous environne. Amen ».  FvB

En amateur peut-être, mais pratiquez !

Pratiquer la musique en amateur est très important. Dans cet esprit, le grand compositeur anglais Ralph Vaughan Williams a dirigé toute sa vie un chœur villageois, il a adapté des mélodies populaires et composé de nombreux cantiques adaptés à des assemblées de chanteurs amateurs.  Vous aurez entendu le Psaume 34 lors des funérailles d’Elisabeth II ou dans notre recueil Alleluia: le  36-36 « Pour tous les saints ».

La différence entre l’amateur et le professionnel est que l’un est payé et l’autre pas. Selon une méritocratie toute relative : nous connaissons tous des professionnels beaucoup trop payés pour une prestation qu’un amateur ferait tout aussi bien.  Néanmoins, qualifier quelqu’un d’amateur reste souvent péjoratif : pas très doué, manque de finesse dans l’exécution. Du coup, l’amateur est exposé au découragement quand il entend une œuvre impeccablement exécutée. Limité dans le temps dévolu aux répétitions, il se sent peu doué et craint ne jamais pouvoir atteindre le niveau. L’amateur va-t-il renoncer à sa pratique et redevenir un auditeur passif ? Mais la persévérance paie et un beau jour, tout se met en place. L’amateur atteint à cette dimension supérieure, spirituelle que procure la pratique de la musique.

Le compositeur professionnel invitait ainsi à prendre au sérieux le potentiel d’une pratique d’amateur enthousiaste. Et il s’appuyait sur ce verset “Mettez la parole de Dieu en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter » Jacques 1,22.  Ecouter la parole sans pratiquer est quelque chose de passif. Comme quelqu’un qui se regarde dans un miroir, qui s’éloigne et oublie aussitôt comment il est. Celui-là n’accède pas à la dimension profondément spirituelle de faire la parole.  « Devenez des faiseurs de la parole ». Un mot parfois péjoratif : ce n’est qu’un faiseur, un besogneux.  Le faiseur de la parole, ou le réalisateur de la parole : le mot en grec est « poètès », qui a aussi donné en français « poète ».  Dieu est qualifié de faiseur, « poètès », pour dire qu’il est créateur.  Il ne s’agit pas simplement de valoriser le « faire » sur le dire, mais par la pratique, d’entrer dans une démarche créatrice, poétique d’écoute de la parole. Peut-être que cette manière de considérer la pratique peut contredire cette platitude qui consiste à se dire croyant, mais non pratiquant.  Il nous faut devenir des faiseurs, des réalisateurs, poètes en amateurs, conscients de leurs limites, mais persévérants.

Frans van Binsbergen

Pasteur EERV - Yvonand

Triste prophétie ?

En effet, ses paroles ne passent pas. Paroles de respect et de tolérance, paroles d’accueil de l’étranger, du différent… Que ce soit au sein de bien des communautés chrétiennes comme dans bien des sociétés, nous sommes loin de relayer le message du Christ.

 

« Délivre nous, Seigneur, de nos orgueils, de notre tendance à éviter toute remise en question, de notre hésitation à suivre l’exploration du chemin sur lequel tu nous précèdes. »

 

T. B.

Je ne suis pas optimiste

On me dit souvent que je suis une incorrigible optimiste. Il est vrai que j’essaie de cultiver une attitude ouverte et positive face au monde, sans nier pour autant la réalité de ce qui s’offre à moi. Je dis bien, « j’essaie ». Parce que justement, ce n’est pas facile, surtout par les temps qui courent – je n’ai pas besoin de vous expliquer pourquoi.

A vrai dire, je ne pense pas être particulièrement optimiste. Certaines fois, c’est même plutôt le contraire. On pourrait alors nuancer et définir une attitude intermédiaire, qui serait le réalisme. Je veux bien, mais il ne s’agit pas de n’importe quel réalisme.

Ce que j’essaie de cultiver, c’est ce qu’on pourrait appeler le réalisme chrétien, le réalisme de la Bonne Nouvelle : celui qui affirme que l’obscurité et la mort n’auront pas le dernier mot, que le Christ s’est relevé au troisième jour, qu’il a apporté l’amour plutôt que la haine.

C’est le réalisme de l’espérance. Et l’espérance, ce n’est pas nier la souffrance, c’est l’accueillir en sachant qu’on peut la traverser, parce qu’un autre l’a fait avant nous et qu’il nous accompagne tous les jours, jusqu’à la fin du monde. C’est se savoir aimé-e et accueilli-e sans condition. C’est affirmer qu’il y a encore de l’espoir, pas parce qu’on est certain-e de réussir, mais parce qu’il y a des gens qui espèrent encore.

L’espérance, c’est aussi la capacité de me concevoir et de concevoir l’autre comme un commencement. Nous avons une disposition à changer, à être transformé-e intérieurement. Mais nous sommes aussi des commencements capables de commencements, pour agir concrètement dans le monde, en prenant, pourquoi pas, des directions nouvelles.

Ainsi, pour le dire avec les mots du théologien allemand Jürgen Moltmann : L’espérance et la pensée qui lui correspond ne peuvent donc accepter le reproche d’être utopiques, car elles tendent non pas vers « ce qui n’a pas de lieu », mais vers « ce qui n’a pas encore de lieu » et qui cependant peut en trouver un.

Ni optimiste, ni pessimiste. Réaliste. Et remplie d’espérance.

Sophie Maillefer, étudiante en théologie

L’autre calendrier

C’était la rentrée. Les rues sont à nouveau remplies, les trains des pendulaires et les agendas aussi. En ces temps bien occupés, pensons à ménager de l’espace pour s’arrêter, respirer, faire silence. Et pourquoi pas, pour écouter la Voix et se laisser inspirer par le Souffle.

Si on s’impatiente, si on se surcharge, donnons-nous du temps. Ne serait-ce que quelques minutes. C’est dans ces moments de vide, hors des cases de l’agenda, que petit à petit nous pouvons voir se dessiner l’autre calendrier. Le temps de Dieu n’est pas le nôtre, mais il nous l’accorde. En tout temps.

SM

Un pas de côté pour sortir des ornières

Ce week-end, ce sera le Jeûne fédéral. Une pause bienvenue un peu moins d’un mois après la reprise. Un jour chômé, c’est toujours bon à prendre ! On va pouvoir rester au lit, plutôt que de devoir se lever.

Beaucoup de gens ne voient pas plus loin. Il y a une obligation qui tombe, et l’on est bien content. Mais rien ne vient prendre la place laissée vide. On n’a pas à aller au travail. Cela veut dire que l’on peut faire ce que l’on veut.

Il n’y a pas si longtemps, les fêtes étaient vécues différemment. On interrompait ses occupations habituelles, bien sûr. Mais pas juste pour se reposer. Un autre programme était là qui nous attendait.

Chaque fête avait ses gestes précis. Toute une liste d’habitudes et de traditions qui amenaient à habiter le monde et la vie autrement. Les priorités n’étaient plus les mêmes que les autres jours. Le rythme aussi était différent.

Et il y avait là une leçon importante : le métro-boulot-dodo du quotidien n’est pas un absolu auquel il serait impossible d’échapper. Il y a une autre façon d’habiter le monde et la vie. Il y en a même tout un éventail.

Un pas de côté permet de voir les choses sous un autre angle et d’avoir un regard neuf. Et dans cet esprit, notre Église propose en parcours en sept étapes qui va commencer cet automne. Il s’intitule : « Danser avec la vie ».

S’inspirer des fêtes et des saisons pour redécouvrir d’autres manières d’habiter le monde, d’autres chemins de vie pour renouer une relation plus saine avec notre planète et avancer en harmonie avec elle. La première rencontre aura lieu le mardi 4 octobre à 20h à la chapelle des Cygnes à Yverdon. Vous y êtes les bienvenus.

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon.

Page blanche pour une jeune fille assassinée

 

Ma très chère, une page blanche pour:
Honorer ta mémoire
Dénoncer le vide cruel de ton absence
Crier que justice soit faite
Implorer la reconstruction pour ta mère, tes soeurs, ton frère
Et tous ceux qui t'aiment...
...de tout coeur avec amour et prières.

TA

Mon assurance

 

Primes. Publicité. C’est le temps pour tous de se questionner si l’on est bien assuré, et pour beaucoup de râler devant les coûts. Faut-il en changer ? Encore une fois !

D’accord, le système nous soutient bien quand nous sommes dans le besoin. Nos hôpitaux sont compétitifs, nos médecins sont bons. Nous ne vivons pas dans un monde parfait, la maladie, l’accident sont là, pour nous rappeler que la vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille. C’est bien d’être rassuré.

Mon assurance justement m’a écrit. Je pense que c’est pour être sûr que je n’en change pas. Elle m’envoie un journal que je ne lis pas. Pour d’autres, Mujinga semblerait être au bout du fil, sympathique athlète à prendre soin de nos santés. Et j’en passe. Quel prix pour une famille !

Alors on use, comme chaque année, de comparateurs, on bricole entre des systèmes que l’on comprend de moins en moins. Finalement, toute personne vivant en Suisse est assurée pour sa santé et c’est très bien.

Se pose une autre question, la question de fond. Quelle est mon assurance dans ma vie ? Une question ancienne en fait. C’était la première question d’un catéchisme de la Réforme. Et l’enfant devait apprendre par cœur la réponse : ton assurance c’est Jésus. La question est plus ancienne en fait, elle se posait déjà des siècles avant le Christ, et dans la culture du Moyen-Orient, en Asie, un peu partout, une question qui traverse toutes les spiritualités.

Alors, pour chacun d’entre-nous, qu’est-ce qui nous rassure ? Ce qui nous rassure va porter un nom ou un autre, et beaucoup au cours de leur vie vont en changer aussi, de maîtres, d’assurances, c’est normal. Quant à moi, j’ai un petit faible pour les obstinés. Ceux qui ont entendu une parole personnelle de Dieu leur parlant à cœur et s’y sont accrochés ; ce Dieu qui dit « n’aie pas peur » !

 

François Lemrich

 

Gouttes d’eau

 

Dans le temple de Grandson
jusqu’au 4 novembre,
grâce à l’ingéniosité
pleine de poésie,
de douceur,
Mercedes Lara, artiste,
a suspendu
2'500 gouttes d’eau
… en porcelaine.
Ces gouttes nous accueillent,
nous accompagnent,
vers les astres qui reflètent
la lumière du moment.
L’ensemble offre à notre temple
une ambiance de légèreté
bienfaisante
invitant à la méditation.
Seigneur, dans les courses
effrénées de nos journées,
tu nous invites à nous ressourcer
à ta Parole.
Souvent ce n’est qu’une goutte
que nous retenons.
Et, pourtant, avec à elle
tu apportes la lumière
qui éclaire nos chemins.
 

SJB

 

 

Ils sont trop beaux ces champignons ! Trop beaux pour être mangés en tout cas, ces amanites n’étant pas comestibles. Il y en a autour de nous de ces choses qui sont trop belles ! Mais, souvent, le « trop beau » cache quelque chose de moins sympa.

Seigneur, merci pour la beauté de ce qui nous entoure, merci pour l’émerveillement que cela suscite en moi ; donne-moi de percevoir ce qui se cache parfois derrière ce « trop beau », afin de pouvoir aussi découvrir ce qui est moins clinquant, mais que je peux déguster en toute sérénité.

Amen!

ACR

« Les activistes en écologie d’aujourd’hui sont des technocrates inversés et des scientifiques froids ; quand j’entends le mot « écosystème », je me sens mal. »

Ces propos d’un écrivain tchèque sont excessifs et brutaux. Mais ils posent une question importante : l’écologie est-elle une invitation à changer vraiment de vie, ou bien au contraire le moyen de sauvegarder le modèle en cours, en faisant juste quelques aménagements ?

Parler d’environnement n’est pas aussi neutre qu’on le pense. C’est dire que, la nature et nous, nous ne sommes pas du même monde. Un terrain de jeu est là qui nous entoure, avec aussi de très beaux paysages. Mais nous ne sommes pas vraiment partie prenante. Nous restons extérieurs à tout ça.

Le modèle de l’ingénieur qui façonne le réel en fonction de représentations et autres besoins reste très prenant. On exploite des ressources. Seulement, maintenant, on le fait de façon durable. Pour éviter de se retrouver le bec dans l’eau.

La démarche semble parfaitement rationnelle. Mais l’est-elle vraiment ? N’y a-t-il pas un aveuglement sidérant à réduire la nature à un stock de matières premières et d’expériences sensorielles ? Comme si le vivant n’était pas ce qui tisse notre être.

Faire de l’homme et de ses initiatives la clé de tout, c’est perpétuer ce déséquilibre qui nous a envoyés dans le mur. L’alternative, c’est de redécouvrir notre place, non pas en surplomb, mais au milieu de tout ce qui vit. Ce lot qui est le nôtre d’être des terrestres, pris dans un incroyable réseau de liens.

Avec tous ces êtres qui nous accompagnent dans notre quotidien et qui tissent notre vie : les animaux, les plantes. Avec aussi le passé qui nous permet d’être là et l’avenir probablement différent de ce que nous imaginons et planifions.

Nous n’avons pas à construire la vie. Nous avons à danser avec elle. Un parcours en sept étapes commence bientôt comme une invitation à méditer cette question. Premier rendez-vous : mardi 4 octobre à 20h à la Chapelle des Cygnes à Yverdon.

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon-Les-Bains

Noms de rue

Que ce soit à Treytorrens ou à Orzens, les rues qui mènent au cimetière ont des noms poétiques. En finesse, teintés d’une légère ironie.  « Seigneur, fais-nous sourire, un clin d’œil quand la mort d’une manière ou une autre nous environne. Amen ».  FvB

En amateur peut-être, mais pratiquez !

Pratiquer la musique en amateur est très important. Dans cet esprit, le grand compositeur anglais Ralph Vaughan Williams a dirigé toute sa vie un chœur villageois, il a adapté des mélodies populaires et composé de nombreux cantiques adaptés à des assemblées de chanteurs amateurs.  Vous aurez entendu le Psaume 34 lors des funérailles d’Elisabeth II ou dans notre recueil Alleluia: le  36-36 « Pour tous les saints ».

La différence entre l’amateur et le professionnel est que l’un est payé et l’autre pas. Selon une méritocratie toute relative : nous connaissons tous des professionnels beaucoup trop payés pour une prestation qu’un amateur ferait tout aussi bien.  Néanmoins, qualifier quelqu’un d’amateur reste souvent péjoratif : pas très doué, manque de finesse dans l’exécution. Du coup, l’amateur est exposé au découragement quand il entend une œuvre impeccablement exécutée. Limité dans le temps dévolu aux répétitions, il se sent peu doué et craint ne jamais pouvoir atteindre le niveau. L’amateur va-t-il renoncer à sa pratique et redevenir un auditeur passif ? Mais la persévérance paie et un beau jour, tout se met en place. L’amateur atteint à cette dimension supérieure, spirituelle que procure la pratique de la musique.

Le compositeur professionnel invitait ainsi à prendre au sérieux le potentiel d’une pratique d’amateur enthousiaste. Et il s’appuyait sur ce verset “Mettez la parole de Dieu en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter » Jacques 1,22.  Ecouter la parole sans pratiquer est quelque chose de passif. Comme quelqu’un qui se regarde dans un miroir, qui s’éloigne et oublie aussitôt comment il est. Celui-là n’accède pas à la dimension profondément spirituelle de faire la parole.  « Devenez des faiseurs de la parole ». Un mot parfois péjoratif : ce n’est qu’un faiseur, un besogneux.  Le faiseur de la parole, ou le réalisateur de la parole : le mot en grec est « poètès », qui a aussi donné en français « poète ».  Dieu est qualifié de faiseur, « poètès », pour dire qu’il est créateur.  Il ne s’agit pas simplement de valoriser le « faire » sur le dire, mais par la pratique, d’entrer dans une démarche créatrice, poétique d’écoute de la parole. Peut-être que cette manière de considérer la pratique peut contredire cette platitude qui consiste à se dire croyant, mais non pratiquant.  Il nous faut devenir des faiseurs, des réalisateurs, poètes en amateurs, conscients de leurs limites, mais persévérants.

Frans van Binsbergen

Pasteur EERV - Yvonand

Triste prophétie ?

En effet, ses paroles ne passent pas. Paroles de respect et de tolérance, paroles d’accueil de l’étranger, du différent… Que ce soit au sein de bien des communautés chrétiennes comme dans bien des sociétés, nous sommes loin de relayer le message du Christ.

 

« Délivre nous, Seigneur, de nos orgueils, de notre tendance à éviter toute remise en question, de notre hésitation à suivre l’exploration du chemin sur lequel tu nous précèdes. »

 

T. B.

Je ne suis pas optimiste

On me dit souvent que je suis une incorrigible optimiste. Il est vrai que j’essaie de cultiver une attitude ouverte et positive face au monde, sans nier pour autant la réalité de ce qui s’offre à moi. Je dis bien, « j’essaie ». Parce que justement, ce n’est pas facile, surtout par les temps qui courent – je n’ai pas besoin de vous expliquer pourquoi.

A vrai dire, je ne pense pas être particulièrement optimiste. Certaines fois, c’est même plutôt le contraire. On pourrait alors nuancer et définir une attitude intermédiaire, qui serait le réalisme. Je veux bien, mais il ne s’agit pas de n’importe quel réalisme.

Ce que j’essaie de cultiver, c’est ce qu’on pourrait appeler le réalisme chrétien, le réalisme de la Bonne Nouvelle : celui qui affirme que l’obscurité et la mort n’auront pas le dernier mot, que le Christ s’est relevé au troisième jour, qu’il a apporté l’amour plutôt que la haine.

C’est le réalisme de l’espérance. Et l’espérance, ce n’est pas nier la souffrance, c’est l’accueillir en sachant qu’on peut la traverser, parce qu’un autre l’a fait avant nous et qu’il nous accompagne tous les jours, jusqu’à la fin du monde. C’est se savoir aimé-e et accueilli-e sans condition. C’est affirmer qu’il y a encore de l’espoir, pas parce qu’on est certain-e de réussir, mais parce qu’il y a des gens qui espèrent encore.

L’espérance, c’est aussi la capacité de me concevoir et de concevoir l’autre comme un commencement. Nous avons une disposition à changer, à être transformé-e intérieurement. Mais nous sommes aussi des commencements capables de commencements, pour agir concrètement dans le monde, en prenant, pourquoi pas, des directions nouvelles.

Ainsi, pour le dire avec les mots du théologien allemand Jürgen Moltmann : L’espérance et la pensée qui lui correspond ne peuvent donc accepter le reproche d’être utopiques, car elles tendent non pas vers « ce qui n’a pas de lieu », mais vers « ce qui n’a pas encore de lieu » et qui cependant peut en trouver un.

Ni optimiste, ni pessimiste. Réaliste. Et remplie d’espérance.

Sophie Maillefer, étudiante en théologie

L’autre calendrier

C’était la rentrée. Les rues sont à nouveau remplies, les trains des pendulaires et les agendas aussi. En ces temps bien occupés, pensons à ménager de l’espace pour s’arrêter, respirer, faire silence. Et pourquoi pas, pour écouter la Voix et se laisser inspirer par le Souffle.

Si on s’impatiente, si on se surcharge, donnons-nous du temps. Ne serait-ce que quelques minutes. C’est dans ces moments de vide, hors des cases de l’agenda, que petit à petit nous pouvons voir se dessiner l’autre calendrier. Le temps de Dieu n’est pas le nôtre, mais il nous l’accorde. En tout temps.

SM

Un pas de côté pour sortir des ornières

Ce week-end, ce sera le Jeûne fédéral. Une pause bienvenue un peu moins d’un mois après la reprise. Un jour chômé, c’est toujours bon à prendre ! On va pouvoir rester au lit, plutôt que de devoir se lever.

Beaucoup de gens ne voient pas plus loin. Il y a une obligation qui tombe, et l’on est bien content. Mais rien ne vient prendre la place laissée vide. On n’a pas à aller au travail. Cela veut dire que l’on peut faire ce que l’on veut.

Il n’y a pas si longtemps, les fêtes étaient vécues différemment. On interrompait ses occupations habituelles, bien sûr. Mais pas juste pour se reposer. Un autre programme était là qui nous attendait.

Chaque fête avait ses gestes précis. Toute une liste d’habitudes et de traditions qui amenaient à habiter le monde et la vie autrement. Les priorités n’étaient plus les mêmes que les autres jours. Le rythme aussi était différent.

Et il y avait là une leçon importante : le métro-boulot-dodo du quotidien n’est pas un absolu auquel il serait impossible d’échapper. Il y a une autre façon d’habiter le monde et la vie. Il y en a même tout un éventail.

Un pas de côté permet de voir les choses sous un autre angle et d’avoir un regard neuf. Et dans cet esprit, notre Église propose en parcours en sept étapes qui va commencer cet automne. Il s’intitule : « Danser avec la vie ».

S’inspirer des fêtes et des saisons pour redécouvrir d’autres manières d’habiter le monde, d’autres chemins de vie pour renouer une relation plus saine avec notre planète et avancer en harmonie avec elle. La première rencontre aura lieu le mardi 4 octobre à 20h à la chapelle des Cygnes à Yverdon. Vous y êtes les bienvenus.

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon.

Page blanche pour une jeune fille assassinée

 

Ma très chère, une page blanche pour:
Honorer ta mémoire
Dénoncer le vide cruel de ton absence
Crier que justice soit faite
Implorer la reconstruction pour ta mère, tes soeurs, ton frère
Et tous ceux qui t'aiment...
...de tout coeur avec amour et prières.

TA

Mon assurance

 

Primes. Publicité. C’est le temps pour tous de se questionner si l’on est bien assuré, et pour beaucoup de râler devant les coûts. Faut-il en changer ? Encore une fois !

D’accord, le système nous soutient bien quand nous sommes dans le besoin. Nos hôpitaux sont compétitifs, nos médecins sont bons. Nous ne vivons pas dans un monde parfait, la maladie, l’accident sont là, pour nous rappeler que la vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille. C’est bien d’être rassuré.

Mon assurance justement m’a écrit. Je pense que c’est pour être sûr que je n’en change pas. Elle m’envoie un journal que je ne lis pas. Pour d’autres, Mujinga semblerait être au bout du fil, sympathique athlète à prendre soin de nos santés. Et j’en passe. Quel prix pour une famille !

Alors on use, comme chaque année, de comparateurs, on bricole entre des systèmes que l’on comprend de moins en moins. Finalement, toute personne vivant en Suisse est assurée pour sa santé et c’est très bien.

Se pose une autre question, la question de fond. Quelle est mon assurance dans ma vie ? Une question ancienne en fait. C’était la première question d’un catéchisme de la Réforme. Et l’enfant devait apprendre par cœur la réponse : ton assurance c’est Jésus. La question est plus ancienne en fait, elle se posait déjà des siècles avant le Christ, et dans la culture du Moyen-Orient, en Asie, un peu partout, une question qui traverse toutes les spiritualités.

Alors, pour chacun d’entre-nous, qu’est-ce qui nous rassure ? Ce qui nous rassure va porter un nom ou un autre, et beaucoup au cours de leur vie vont en changer aussi, de maîtres, d’assurances, c’est normal. Quant à moi, j’ai un petit faible pour les obstinés. Ceux qui ont entendu une parole personnelle de Dieu leur parlant à cœur et s’y sont accrochés ; ce Dieu qui dit « n’aie pas peur » !

 

François Lemrich

 

Gouttes d’eau

 

Dans le temple de Grandson
jusqu’au 4 novembre,
grâce à l’ingéniosité
pleine de poésie,
de douceur,
Mercedes Lara, artiste,
a suspendu
2'500 gouttes d’eau
… en porcelaine.
Ces gouttes nous accueillent,
nous accompagnent,
vers les astres qui reflètent
la lumière du moment.
L’ensemble offre à notre temple
une ambiance de légèreté
bienfaisante
invitant à la méditation.
Seigneur, dans les courses
effrénées de nos journées,
tu nous invites à nous ressourcer
à ta Parole.
Souvent ce n’est qu’une goutte
que nous retenons.
Et, pourtant, avec à elle
tu apportes la lumière
qui éclaire nos chemins.
 

SJB

 

 

Ils sont trop beaux ces champignons ! Trop beaux pour être mangés en tout cas, ces amanites n’étant pas comestibles. Il y en a autour de nous de ces choses qui sont trop belles ! Mais, souvent, le « trop beau » cache quelque chose de moins sympa.

Seigneur, merci pour la beauté de ce qui nous entoure, merci pour l’émerveillement que cela suscite en moi ; donne-moi de percevoir ce qui se cache parfois derrière ce « trop beau », afin de pouvoir aussi découvrir ce qui est moins clinquant, mais que je peux déguster en toute sérénité.

Amen!

ACR

« Les activistes en écologie d’aujourd’hui sont des technocrates inversés et des scientifiques froids ; quand j’entends le mot « écosystème », je me sens mal. »

Ces propos d’un écrivain tchèque sont excessifs et brutaux. Mais ils posent une question importante : l’écologie est-elle une invitation à changer vraiment de vie, ou bien au contraire le moyen de sauvegarder le modèle en cours, en faisant juste quelques aménagements ?

Parler d’environnement n’est pas aussi neutre qu’on le pense. C’est dire que, la nature et nous, nous ne sommes pas du même monde. Un terrain de jeu est là qui nous entoure, avec aussi de très beaux paysages. Mais nous ne sommes pas vraiment partie prenante. Nous restons extérieurs à tout ça.

Le modèle de l’ingénieur qui façonne le réel en fonction de représentations et autres besoins reste très prenant. On exploite des ressources. Seulement, maintenant, on le fait de façon durable. Pour éviter de se retrouver le bec dans l’eau.

La démarche semble parfaitement rationnelle. Mais l’est-elle vraiment ? N’y a-t-il pas un aveuglement sidérant à réduire la nature à un stock de matières premières et d’expériences sensorielles ? Comme si le vivant n’était pas ce qui tisse notre être.

Faire de l’homme et de ses initiatives la clé de tout, c’est perpétuer ce déséquilibre qui nous a envoyés dans le mur. L’alternative, c’est de redécouvrir notre place, non pas en surplomb, mais au milieu de tout ce qui vit. Ce lot qui est le nôtre d’être des terrestres, pris dans un incroyable réseau de liens.

Avec tous ces êtres qui nous accompagnent dans notre quotidien et qui tissent notre vie : les animaux, les plantes. Avec aussi le passé qui nous permet d’être là et l’avenir probablement différent de ce que nous imaginons et planifions.

Nous n’avons pas à construire la vie. Nous avons à danser avec elle. Un parcours en sept étapes commence bientôt comme une invitation à méditer cette question. Premier rendez-vous : mardi 4 octobre à 20h à la Chapelle des Cygnes à Yverdon.

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon-Les-Bains

Noms de rue

Que ce soit à Treytorrens ou à Orzens, les rues qui mènent au cimetière ont des noms poétiques. En finesse, teintés d’une légère ironie.  « Seigneur, fais-nous sourire, un clin d’œil quand la mort d’une manière ou une autre nous environne. Amen ».  FvB

En amateur peut-être, mais pratiquez !

Pratiquer la musique en amateur est très important. Dans cet esprit, le grand compositeur anglais Ralph Vaughan Williams a dirigé toute sa vie un chœur villageois, il a adapté des mélodies populaires et composé de nombreux cantiques adaptés à des assemblées de chanteurs amateurs.  Vous aurez entendu le Psaume 34 lors des funérailles d’Elisabeth II ou dans notre recueil Alleluia: le  36-36 « Pour tous les saints ».

La différence entre l’amateur et le professionnel est que l’un est payé et l’autre pas. Selon une méritocratie toute relative : nous connaissons tous des professionnels beaucoup trop payés pour une prestation qu’un amateur ferait tout aussi bien.  Néanmoins, qualifier quelqu’un d’amateur reste souvent péjoratif : pas très doué, manque de finesse dans l’exécution. Du coup, l’amateur est exposé au découragement quand il entend une œuvre impeccablement exécutée. Limité dans le temps dévolu aux répétitions, il se sent peu doué et craint ne jamais pouvoir atteindre le niveau. L’amateur va-t-il renoncer à sa pratique et redevenir un auditeur passif ? Mais la persévérance paie et un beau jour, tout se met en place. L’amateur atteint à cette dimension supérieure, spirituelle que procure la pratique de la musique.

Le compositeur professionnel invitait ainsi à prendre au sérieux le potentiel d’une pratique d’amateur enthousiaste. Et il s’appuyait sur ce verset “Mettez la parole de Dieu en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter » Jacques 1,22.  Ecouter la parole sans pratiquer est quelque chose de passif. Comme quelqu’un qui se regarde dans un miroir, qui s’éloigne et oublie aussitôt comment il est. Celui-là n’accède pas à la dimension profondément spirituelle de faire la parole.  « Devenez des faiseurs de la parole ». Un mot parfois péjoratif : ce n’est qu’un faiseur, un besogneux.  Le faiseur de la parole, ou le réalisateur de la parole : le mot en grec est « poètès », qui a aussi donné en français « poète ».  Dieu est qualifié de faiseur, « poètès », pour dire qu’il est créateur.  Il ne s’agit pas simplement de valoriser le « faire » sur le dire, mais par la pratique, d’entrer dans une démarche créatrice, poétique d’écoute de la parole. Peut-être que cette manière de considérer la pratique peut contredire cette platitude qui consiste à se dire croyant, mais non pratiquant.  Il nous faut devenir des faiseurs, des réalisateurs, poètes en amateurs, conscients de leurs limites, mais persévérants.

Frans van Binsbergen

Pasteur EERV - Yvonand

Triste prophétie ?

En effet, ses paroles ne passent pas. Paroles de respect et de tolérance, paroles d’accueil de l’étranger, du différent… Que ce soit au sein de bien des communautés chrétiennes comme dans bien des sociétés, nous sommes loin de relayer le message du Christ.

 

« Délivre nous, Seigneur, de nos orgueils, de notre tendance à éviter toute remise en question, de notre hésitation à suivre l’exploration du chemin sur lequel tu nous précèdes. »

 

T. B.

Je ne suis pas optimiste

On me dit souvent que je suis une incorrigible optimiste. Il est vrai que j’essaie de cultiver une attitude ouverte et positive face au monde, sans nier pour autant la réalité de ce qui s’offre à moi. Je dis bien, « j’essaie ». Parce que justement, ce n’est pas facile, surtout par les temps qui courent – je n’ai pas besoin de vous expliquer pourquoi.

A vrai dire, je ne pense pas être particulièrement optimiste. Certaines fois, c’est même plutôt le contraire. On pourrait alors nuancer et définir une attitude intermédiaire, qui serait le réalisme. Je veux bien, mais il ne s’agit pas de n’importe quel réalisme.

Ce que j’essaie de cultiver, c’est ce qu’on pourrait appeler le réalisme chrétien, le réalisme de la Bonne Nouvelle : celui qui affirme que l’obscurité et la mort n’auront pas le dernier mot, que le Christ s’est relevé au troisième jour, qu’il a apporté l’amour plutôt que la haine.

C’est le réalisme de l’espérance. Et l’espérance, ce n’est pas nier la souffrance, c’est l’accueillir en sachant qu’on peut la traverser, parce qu’un autre l’a fait avant nous et qu’il nous accompagne tous les jours, jusqu’à la fin du monde. C’est se savoir aimé-e et accueilli-e sans condition. C’est affirmer qu’il y a encore de l’espoir, pas parce qu’on est certain-e de réussir, mais parce qu’il y a des gens qui espèrent encore.

L’espérance, c’est aussi la capacité de me concevoir et de concevoir l’autre comme un commencement. Nous avons une disposition à changer, à être transformé-e intérieurement. Mais nous sommes aussi des commencements capables de commencements, pour agir concrètement dans le monde, en prenant, pourquoi pas, des directions nouvelles.

Ainsi, pour le dire avec les mots du théologien allemand Jürgen Moltmann : L’espérance et la pensée qui lui correspond ne peuvent donc accepter le reproche d’être utopiques, car elles tendent non pas vers « ce qui n’a pas de lieu », mais vers « ce qui n’a pas encore de lieu » et qui cependant peut en trouver un.

Ni optimiste, ni pessimiste. Réaliste. Et remplie d’espérance.

Sophie Maillefer, étudiante en théologie

L’autre calendrier

C’était la rentrée. Les rues sont à nouveau remplies, les trains des pendulaires et les agendas aussi. En ces temps bien occupés, pensons à ménager de l’espace pour s’arrêter, respirer, faire silence. Et pourquoi pas, pour écouter la Voix et se laisser inspirer par le Souffle.

Si on s’impatiente, si on se surcharge, donnons-nous du temps. Ne serait-ce que quelques minutes. C’est dans ces moments de vide, hors des cases de l’agenda, que petit à petit nous pouvons voir se dessiner l’autre calendrier. Le temps de Dieu n’est pas le nôtre, mais il nous l’accorde. En tout temps.

SM

Un pas de côté pour sortir des ornières

Ce week-end, ce sera le Jeûne fédéral. Une pause bienvenue un peu moins d’un mois après la reprise. Un jour chômé, c’est toujours bon à prendre ! On va pouvoir rester au lit, plutôt que de devoir se lever.

Beaucoup de gens ne voient pas plus loin. Il y a une obligation qui tombe, et l’on est bien content. Mais rien ne vient prendre la place laissée vide. On n’a pas à aller au travail. Cela veut dire que l’on peut faire ce que l’on veut.

Il n’y a pas si longtemps, les fêtes étaient vécues différemment. On interrompait ses occupations habituelles, bien sûr. Mais pas juste pour se reposer. Un autre programme était là qui nous attendait.

Chaque fête avait ses gestes précis. Toute une liste d’habitudes et de traditions qui amenaient à habiter le monde et la vie autrement. Les priorités n’étaient plus les mêmes que les autres jours. Le rythme aussi était différent.

Et il y avait là une leçon importante : le métro-boulot-dodo du quotidien n’est pas un absolu auquel il serait impossible d’échapper. Il y a une autre façon d’habiter le monde et la vie. Il y en a même tout un éventail.

Un pas de côté permet de voir les choses sous un autre angle et d’avoir un regard neuf. Et dans cet esprit, notre Église propose en parcours en sept étapes qui va commencer cet automne. Il s’intitule : « Danser avec la vie ».

S’inspirer des fêtes et des saisons pour redécouvrir d’autres manières d’habiter le monde, d’autres chemins de vie pour renouer une relation plus saine avec notre planète et avancer en harmonie avec elle. La première rencontre aura lieu le mardi 4 octobre à 20h à la chapelle des Cygnes à Yverdon. Vous y êtes les bienvenus.

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon.

Page blanche pour une jeune fille assassinée

 

Ma très chère, une page blanche pour:
Honorer ta mémoire
Dénoncer le vide cruel de ton absence
Crier que justice soit faite
Implorer la reconstruction pour ta mère, tes soeurs, ton frère
Et tous ceux qui t'aiment...
...de tout coeur avec amour et prières.

TA

Mon assurance

 

Primes. Publicité. C’est le temps pour tous de se questionner si l’on est bien assuré, et pour beaucoup de râler devant les coûts. Faut-il en changer ? Encore une fois !

D’accord, le système nous soutient bien quand nous sommes dans le besoin. Nos hôpitaux sont compétitifs, nos médecins sont bons. Nous ne vivons pas dans un monde parfait, la maladie, l’accident sont là, pour nous rappeler que la vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille. C’est bien d’être rassuré.

Mon assurance justement m’a écrit. Je pense que c’est pour être sûr que je n’en change pas. Elle m’envoie un journal que je ne lis pas. Pour d’autres, Mujinga semblerait être au bout du fil, sympathique athlète à prendre soin de nos santés. Et j’en passe. Quel prix pour une famille !

Alors on use, comme chaque année, de comparateurs, on bricole entre des systèmes que l’on comprend de moins en moins. Finalement, toute personne vivant en Suisse est assurée pour sa santé et c’est très bien.

Se pose une autre question, la question de fond. Quelle est mon assurance dans ma vie ? Une question ancienne en fait. C’était la première question d’un catéchisme de la Réforme. Et l’enfant devait apprendre par cœur la réponse : ton assurance c’est Jésus. La question est plus ancienne en fait, elle se posait déjà des siècles avant le Christ, et dans la culture du Moyen-Orient, en Asie, un peu partout, une question qui traverse toutes les spiritualités.

Alors, pour chacun d’entre-nous, qu’est-ce qui nous rassure ? Ce qui nous rassure va porter un nom ou un autre, et beaucoup au cours de leur vie vont en changer aussi, de maîtres, d’assurances, c’est normal. Quant à moi, j’ai un petit faible pour les obstinés. Ceux qui ont entendu une parole personnelle de Dieu leur parlant à cœur et s’y sont accrochés ; ce Dieu qui dit « n’aie pas peur » !

 

François Lemrich

 

Gouttes d’eau

 

Dans le temple de Grandson
jusqu’au 4 novembre,
grâce à l’ingéniosité
pleine de poésie,
de douceur,
Mercedes Lara, artiste,
a suspendu
2'500 gouttes d’eau
… en porcelaine.
Ces gouttes nous accueillent,
nous accompagnent,
vers les astres qui reflètent
la lumière du moment.
L’ensemble offre à notre temple
une ambiance de légèreté
bienfaisante
invitant à la méditation.
Seigneur, dans les courses
effrénées de nos journées,
tu nous invites à nous ressourcer
à ta Parole.
Souvent ce n’est qu’une goutte
que nous retenons.
Et, pourtant, avec à elle
tu apportes la lumière
qui éclaire nos chemins.
 

SJB

 

 

Ils sont trop beaux ces champignons ! Trop beaux pour être mangés en tout cas, ces amanites n’étant pas comestibles. Il y en a autour de nous de ces choses qui sont trop belles ! Mais, souvent, le « trop beau » cache quelque chose de moins sympa.

Seigneur, merci pour la beauté de ce qui nous entoure, merci pour l’émerveillement que cela suscite en moi ; donne-moi de percevoir ce qui se cache parfois derrière ce « trop beau », afin de pouvoir aussi découvrir ce qui est moins clinquant, mais que je peux déguster en toute sérénité.

Amen!

ACR

« Les activistes en écologie d’aujourd’hui sont des technocrates inversés et des scientifiques froids ; quand j’entends le mot « écosystème », je me sens mal. »

Ces propos d’un écrivain tchèque sont excessifs et brutaux. Mais ils posent une question importante : l’écologie est-elle une invitation à changer vraiment de vie, ou bien au contraire le moyen de sauvegarder le modèle en cours, en faisant juste quelques aménagements ?

Parler d’environnement n’est pas aussi neutre qu’on le pense. C’est dire que, la nature et nous, nous ne sommes pas du même monde. Un terrain de jeu est là qui nous entoure, avec aussi de très beaux paysages. Mais nous ne sommes pas vraiment partie prenante. Nous restons extérieurs à tout ça.

Le modèle de l’ingénieur qui façonne le réel en fonction de représentations et autres besoins reste très prenant. On exploite des ressources. Seulement, maintenant, on le fait de façon durable. Pour éviter de se retrouver le bec dans l’eau.

La démarche semble parfaitement rationnelle. Mais l’est-elle vraiment ? N’y a-t-il pas un aveuglement sidérant à réduire la nature à un stock de matières premières et d’expériences sensorielles ? Comme si le vivant n’était pas ce qui tisse notre être.

Faire de l’homme et de ses initiatives la clé de tout, c’est perpétuer ce déséquilibre qui nous a envoyés dans le mur. L’alternative, c’est de redécouvrir notre place, non pas en surplomb, mais au milieu de tout ce qui vit. Ce lot qui est le nôtre d’être des terrestres, pris dans un incroyable réseau de liens.

Avec tous ces êtres qui nous accompagnent dans notre quotidien et qui tissent notre vie : les animaux, les plantes. Avec aussi le passé qui nous permet d’être là et l’avenir probablement différent de ce que nous imaginons et planifions.

Nous n’avons pas à construire la vie. Nous avons à danser avec elle. Un parcours en sept étapes commence bientôt comme une invitation à méditer cette question. Premier rendez-vous : mardi 4 octobre à 20h à la Chapelle des Cygnes à Yverdon.

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon-Les-Bains

Noms de rue

Que ce soit à Treytorrens ou à Orzens, les rues qui mènent au cimetière ont des noms poétiques. En finesse, teintés d’une légère ironie.  « Seigneur, fais-nous sourire, un clin d’œil quand la mort d’une manière ou une autre nous environne. Amen ».  FvB

En amateur peut-être, mais pratiquez !

Pratiquer la musique en amateur est très important. Dans cet esprit, le grand compositeur anglais Ralph Vaughan Williams a dirigé toute sa vie un chœur villageois, il a adapté des mélodies populaires et composé de nombreux cantiques adaptés à des assemblées de chanteurs amateurs.  Vous aurez entendu le Psaume 34 lors des funérailles d’Elisabeth II ou dans notre recueil Alleluia: le  36-36 « Pour tous les saints ».

La différence entre l’amateur et le professionnel est que l’un est payé et l’autre pas. Selon une méritocratie toute relative : nous connaissons tous des professionnels beaucoup trop payés pour une prestation qu’un amateur ferait tout aussi bien.  Néanmoins, qualifier quelqu’un d’amateur reste souvent péjoratif : pas très doué, manque de finesse dans l’exécution. Du coup, l’amateur est exposé au découragement quand il entend une œuvre impeccablement exécutée. Limité dans le temps dévolu aux répétitions, il se sent peu doué et craint ne jamais pouvoir atteindre le niveau. L’amateur va-t-il renoncer à sa pratique et redevenir un auditeur passif ? Mais la persévérance paie et un beau jour, tout se met en place. L’amateur atteint à cette dimension supérieure, spirituelle que procure la pratique de la musique.

Le compositeur professionnel invitait ainsi à prendre au sérieux le potentiel d’une pratique d’amateur enthousiaste. Et il s’appuyait sur ce verset “Mettez la parole de Dieu en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter » Jacques 1,22.  Ecouter la parole sans pratiquer est quelque chose de passif. Comme quelqu’un qui se regarde dans un miroir, qui s’éloigne et oublie aussitôt comment il est. Celui-là n’accède pas à la dimension profondément spirituelle de faire la parole.  « Devenez des faiseurs de la parole ». Un mot parfois péjoratif : ce n’est qu’un faiseur, un besogneux.  Le faiseur de la parole, ou le réalisateur de la parole : le mot en grec est « poètès », qui a aussi donné en français « poète ».  Dieu est qualifié de faiseur, « poètès », pour dire qu’il est créateur.  Il ne s’agit pas simplement de valoriser le « faire » sur le dire, mais par la pratique, d’entrer dans une démarche créatrice, poétique d’écoute de la parole. Peut-être que cette manière de considérer la pratique peut contredire cette platitude qui consiste à se dire croyant, mais non pratiquant.  Il nous faut devenir des faiseurs, des réalisateurs, poètes en amateurs, conscients de leurs limites, mais persévérants.

Frans van Binsbergen

Pasteur EERV - Yvonand

Triste prophétie ?

En effet, ses paroles ne passent pas. Paroles de respect et de tolérance, paroles d’accueil de l’étranger, du différent… Que ce soit au sein de bien des communautés chrétiennes comme dans bien des sociétés, nous sommes loin de relayer le message du Christ.

 

« Délivre nous, Seigneur, de nos orgueils, de notre tendance à éviter toute remise en question, de notre hésitation à suivre l’exploration du chemin sur lequel tu nous précèdes. »

 

T. B.

Je ne suis pas optimiste

On me dit souvent que je suis une incorrigible optimiste. Il est vrai que j’essaie de cultiver une attitude ouverte et positive face au monde, sans nier pour autant la réalité de ce qui s’offre à moi. Je dis bien, « j’essaie ». Parce que justement, ce n’est pas facile, surtout par les temps qui courent – je n’ai pas besoin de vous expliquer pourquoi.

A vrai dire, je ne pense pas être particulièrement optimiste. Certaines fois, c’est même plutôt le contraire. On pourrait alors nuancer et définir une attitude intermédiaire, qui serait le réalisme. Je veux bien, mais il ne s’agit pas de n’importe quel réalisme.

Ce que j’essaie de cultiver, c’est ce qu’on pourrait appeler le réalisme chrétien, le réalisme de la Bonne Nouvelle : celui qui affirme que l’obscurité et la mort n’auront pas le dernier mot, que le Christ s’est relevé au troisième jour, qu’il a apporté l’amour plutôt que la haine.

C’est le réalisme de l’espérance. Et l’espérance, ce n’est pas nier la souffrance, c’est l’accueillir en sachant qu’on peut la traverser, parce qu’un autre l’a fait avant nous et qu’il nous accompagne tous les jours, jusqu’à la fin du monde. C’est se savoir aimé-e et accueilli-e sans condition. C’est affirmer qu’il y a encore de l’espoir, pas parce qu’on est certain-e de réussir, mais parce qu’il y a des gens qui espèrent encore.

L’espérance, c’est aussi la capacité de me concevoir et de concevoir l’autre comme un commencement. Nous avons une disposition à changer, à être transformé-e intérieurement. Mais nous sommes aussi des commencements capables de commencements, pour agir concrètement dans le monde, en prenant, pourquoi pas, des directions nouvelles.

Ainsi, pour le dire avec les mots du théologien allemand Jürgen Moltmann : L’espérance et la pensée qui lui correspond ne peuvent donc accepter le reproche d’être utopiques, car elles tendent non pas vers « ce qui n’a pas de lieu », mais vers « ce qui n’a pas encore de lieu » et qui cependant peut en trouver un.

Ni optimiste, ni pessimiste. Réaliste. Et remplie d’espérance.

Sophie Maillefer, étudiante en théologie

L’autre calendrier

C’était la rentrée. Les rues sont à nouveau remplies, les trains des pendulaires et les agendas aussi. En ces temps bien occupés, pensons à ménager de l’espace pour s’arrêter, respirer, faire silence. Et pourquoi pas, pour écouter la Voix et se laisser inspirer par le Souffle.

Si on s’impatiente, si on se surcharge, donnons-nous du temps. Ne serait-ce que quelques minutes. C’est dans ces moments de vide, hors des cases de l’agenda, que petit à petit nous pouvons voir se dessiner l’autre calendrier. Le temps de Dieu n’est pas le nôtre, mais il nous l’accorde. En tout temps.

SM

Un pas de côté pour sortir des ornières

Ce week-end, ce sera le Jeûne fédéral. Une pause bienvenue un peu moins d’un mois après la reprise. Un jour chômé, c’est toujours bon à prendre ! On va pouvoir rester au lit, plutôt que de devoir se lever.

Beaucoup de gens ne voient pas plus loin. Il y a une obligation qui tombe, et l’on est bien content. Mais rien ne vient prendre la place laissée vide. On n’a pas à aller au travail. Cela veut dire que l’on peut faire ce que l’on veut.

Il n’y a pas si longtemps, les fêtes étaient vécues différemment. On interrompait ses occupations habituelles, bien sûr. Mais pas juste pour se reposer. Un autre programme était là qui nous attendait.

Chaque fête avait ses gestes précis. Toute une liste d’habitudes et de traditions qui amenaient à habiter le monde et la vie autrement. Les priorités n’étaient plus les mêmes que les autres jours. Le rythme aussi était différent.

Et il y avait là une leçon importante : le métro-boulot-dodo du quotidien n’est pas un absolu auquel il serait impossible d’échapper. Il y a une autre façon d’habiter le monde et la vie. Il y en a même tout un éventail.

Un pas de côté permet de voir les choses sous un autre angle et d’avoir un regard neuf. Et dans cet esprit, notre Église propose en parcours en sept étapes qui va commencer cet automne. Il s’intitule : « Danser avec la vie ».

S’inspirer des fêtes et des saisons pour redécouvrir d’autres manières d’habiter le monde, d’autres chemins de vie pour renouer une relation plus saine avec notre planète et avancer en harmonie avec elle. La première rencontre aura lieu le mardi 4 octobre à 20h à la chapelle des Cygnes à Yverdon. Vous y êtes les bienvenus.

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon.

Page blanche pour une jeune fille assassinée

 

Ma très chère, une page blanche pour:
Honorer ta mémoire
Dénoncer le vide cruel de ton absence
Crier que justice soit faite
Implorer la reconstruction pour ta mère, tes soeurs, ton frère
Et tous ceux qui t'aiment...
...de tout coeur avec amour et prières.

TA

Mon assurance

 

Primes. Publicité. C’est le temps pour tous de se questionner si l’on est bien assuré, et pour beaucoup de râler devant les coûts. Faut-il en changer ? Encore une fois !

D’accord, le système nous soutient bien quand nous sommes dans le besoin. Nos hôpitaux sont compétitifs, nos médecins sont bons. Nous ne vivons pas dans un monde parfait, la maladie, l’accident sont là, pour nous rappeler que la vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille. C’est bien d’être rassuré.

Mon assurance justement m’a écrit. Je pense que c’est pour être sûr que je n’en change pas. Elle m’envoie un journal que je ne lis pas. Pour d’autres, Mujinga semblerait être au bout du fil, sympathique athlète à prendre soin de nos santés. Et j’en passe. Quel prix pour une famille !

Alors on use, comme chaque année, de comparateurs, on bricole entre des systèmes que l’on comprend de moins en moins. Finalement, toute personne vivant en Suisse est assurée pour sa santé et c’est très bien.

Se pose une autre question, la question de fond. Quelle est mon assurance dans ma vie ? Une question ancienne en fait. C’était la première question d’un catéchisme de la Réforme. Et l’enfant devait apprendre par cœur la réponse : ton assurance c’est Jésus. La question est plus ancienne en fait, elle se posait déjà des siècles avant le Christ, et dans la culture du Moyen-Orient, en Asie, un peu partout, une question qui traverse toutes les spiritualités.

Alors, pour chacun d’entre-nous, qu’est-ce qui nous rassure ? Ce qui nous rassure va porter un nom ou un autre, et beaucoup au cours de leur vie vont en changer aussi, de maîtres, d’assurances, c’est normal. Quant à moi, j’ai un petit faible pour les obstinés. Ceux qui ont entendu une parole personnelle de Dieu leur parlant à cœur et s’y sont accrochés ; ce Dieu qui dit « n’aie pas peur » !

 

François Lemrich

 

Gouttes d’eau

 

Dans le temple de Grandson
jusqu’au 4 novembre,
grâce à l’ingéniosité
pleine de poésie,
de douceur,
Mercedes Lara, artiste,
a suspendu
2'500 gouttes d’eau
… en porcelaine.
Ces gouttes nous accueillent,
nous accompagnent,
vers les astres qui reflètent
la lumière du moment.
L’ensemble offre à notre temple
une ambiance de légèreté
bienfaisante
invitant à la méditation.
Seigneur, dans les courses
effrénées de nos journées,
tu nous invites à nous ressourcer
à ta Parole.
Souvent ce n’est qu’une goutte
que nous retenons.
Et, pourtant, avec à elle
tu apportes la lumière
qui éclaire nos chemins.
 

SJB

 

 

Ils sont trop beaux ces champignons ! Trop beaux pour être mangés en tout cas, ces amanites n’étant pas comestibles. Il y en a autour de nous de ces choses qui sont trop belles ! Mais, souvent, le « trop beau » cache quelque chose de moins sympa.

Seigneur, merci pour la beauté de ce qui nous entoure, merci pour l’émerveillement que cela suscite en moi ; donne-moi de percevoir ce qui se cache parfois derrière ce « trop beau », afin de pouvoir aussi découvrir ce qui est moins clinquant, mais que je peux déguster en toute sérénité.

Amen!

ACR

« Les activistes en écologie d’aujourd’hui sont des technocrates inversés et des scientifiques froids ; quand j’entends le mot « écosystème », je me sens mal. »

Ces propos d’un écrivain tchèque sont excessifs et brutaux. Mais ils posent une question importante : l’écologie est-elle une invitation à changer vraiment de vie, ou bien au contraire le moyen de sauvegarder le modèle en cours, en faisant juste quelques aménagements ?

Parler d’environnement n’est pas aussi neutre qu’on le pense. C’est dire que, la nature et nous, nous ne sommes pas du même monde. Un terrain de jeu est là qui nous entoure, avec aussi de très beaux paysages. Mais nous ne sommes pas vraiment partie prenante. Nous restons extérieurs à tout ça.

Le modèle de l’ingénieur qui façonne le réel en fonction de représentations et autres besoins reste très prenant. On exploite des ressources. Seulement, maintenant, on le fait de façon durable. Pour éviter de se retrouver le bec dans l’eau.

La démarche semble parfaitement rationnelle. Mais l’est-elle vraiment ? N’y a-t-il pas un aveuglement sidérant à réduire la nature à un stock de matières premières et d’expériences sensorielles ? Comme si le vivant n’était pas ce qui tisse notre être.

Faire de l’homme et de ses initiatives la clé de tout, c’est perpétuer ce déséquilibre qui nous a envoyés dans le mur. L’alternative, c’est de redécouvrir notre place, non pas en surplomb, mais au milieu de tout ce qui vit. Ce lot qui est le nôtre d’être des terrestres, pris dans un incroyable réseau de liens.

Avec tous ces êtres qui nous accompagnent dans notre quotidien et qui tissent notre vie : les animaux, les plantes. Avec aussi le passé qui nous permet d’être là et l’avenir probablement différent de ce que nous imaginons et planifions.

Nous n’avons pas à construire la vie. Nous avons à danser avec elle. Un parcours en sept étapes commence bientôt comme une invitation à méditer cette question. Premier rendez-vous : mardi 4 octobre à 20h à la Chapelle des Cygnes à Yverdon.

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon-Les-Bains

Noms de rue

Que ce soit à Treytorrens ou à Orzens, les rues qui mènent au cimetière ont des noms poétiques. En finesse, teintés d’une légère ironie.  « Seigneur, fais-nous sourire, un clin d’œil quand la mort d’une manière ou une autre nous environne. Amen ».  FvB

En amateur peut-être, mais pratiquez !

Pratiquer la musique en amateur est très important. Dans cet esprit, le grand compositeur anglais Ralph Vaughan Williams a dirigé toute sa vie un chœur villageois, il a adapté des mélodies populaires et composé de nombreux cantiques adaptés à des assemblées de chanteurs amateurs.  Vous aurez entendu le Psaume 34 lors des funérailles d’Elisabeth II ou dans notre recueil Alleluia: le  36-36 « Pour tous les saints ».

La différence entre l’amateur et le professionnel est que l’un est payé et l’autre pas. Selon une méritocratie toute relative : nous connaissons tous des professionnels beaucoup trop payés pour une prestation qu’un amateur ferait tout aussi bien.  Néanmoins, qualifier quelqu’un d’amateur reste souvent péjoratif : pas très doué, manque de finesse dans l’exécution. Du coup, l’amateur est exposé au découragement quand il entend une œuvre impeccablement exécutée. Limité dans le temps dévolu aux répétitions, il se sent peu doué et craint ne jamais pouvoir atteindre le niveau. L’amateur va-t-il renoncer à sa pratique et redevenir un auditeur passif ? Mais la persévérance paie et un beau jour, tout se met en place. L’amateur atteint à cette dimension supérieure, spirituelle que procure la pratique de la musique.

Le compositeur professionnel invitait ainsi à prendre au sérieux le potentiel d’une pratique d’amateur enthousiaste. Et il s’appuyait sur ce verset “Mettez la parole de Dieu en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter » Jacques 1,22.  Ecouter la parole sans pratiquer est quelque chose de passif. Comme quelqu’un qui se regarde dans un miroir, qui s’éloigne et oublie aussitôt comment il est. Celui-là n’accède pas à la dimension profondément spirituelle de faire la parole.  « Devenez des faiseurs de la parole ». Un mot parfois péjoratif : ce n’est qu’un faiseur, un besogneux.  Le faiseur de la parole, ou le réalisateur de la parole : le mot en grec est « poètès », qui a aussi donné en français « poète ».  Dieu est qualifié de faiseur, « poètès », pour dire qu’il est créateur.  Il ne s’agit pas simplement de valoriser le « faire » sur le dire, mais par la pratique, d’entrer dans une démarche créatrice, poétique d’écoute de la parole. Peut-être que cette manière de considérer la pratique peut contredire cette platitude qui consiste à se dire croyant, mais non pratiquant.  Il nous faut devenir des faiseurs, des réalisateurs, poètes en amateurs, conscients de leurs limites, mais persévérants.

Frans van Binsbergen

Pasteur EERV - Yvonand

Triste prophétie ?

En effet, ses paroles ne passent pas. Paroles de respect et de tolérance, paroles d’accueil de l’étranger, du différent… Que ce soit au sein de bien des communautés chrétiennes comme dans bien des sociétés, nous sommes loin de relayer le message du Christ.

 

« Délivre nous, Seigneur, de nos orgueils, de notre tendance à éviter toute remise en question, de notre hésitation à suivre l’exploration du chemin sur lequel tu nous précèdes. »

 

T. B.

Je ne suis pas optimiste

On me dit souvent que je suis une incorrigible optimiste. Il est vrai que j’essaie de cultiver une attitude ouverte et positive face au monde, sans nier pour autant la réalité de ce qui s’offre à moi. Je dis bien, « j’essaie ». Parce que justement, ce n’est pas facile, surtout par les temps qui courent – je n’ai pas besoin de vous expliquer pourquoi.

A vrai dire, je ne pense pas être particulièrement optimiste. Certaines fois, c’est même plutôt le contraire. On pourrait alors nuancer et définir une attitude intermédiaire, qui serait le réalisme. Je veux bien, mais il ne s’agit pas de n’importe quel réalisme.

Ce que j’essaie de cultiver, c’est ce qu’on pourrait appeler le réalisme chrétien, le réalisme de la Bonne Nouvelle : celui qui affirme que l’obscurité et la mort n’auront pas le dernier mot, que le Christ s’est relevé au troisième jour, qu’il a apporté l’amour plutôt que la haine.

C’est le réalisme de l’espérance. Et l’espérance, ce n’est pas nier la souffrance, c’est l’accueillir en sachant qu’on peut la traverser, parce qu’un autre l’a fait avant nous et qu’il nous accompagne tous les jours, jusqu’à la fin du monde. C’est se savoir aimé-e et accueilli-e sans condition. C’est affirmer qu’il y a encore de l’espoir, pas parce qu’on est certain-e de réussir, mais parce qu’il y a des gens qui espèrent encore.

L’espérance, c’est aussi la capacité de me concevoir et de concevoir l’autre comme un commencement. Nous avons une disposition à changer, à être transformé-e intérieurement. Mais nous sommes aussi des commencements capables de commencements, pour agir concrètement dans le monde, en prenant, pourquoi pas, des directions nouvelles.

Ainsi, pour le dire avec les mots du théologien allemand Jürgen Moltmann : L’espérance et la pensée qui lui correspond ne peuvent donc accepter le reproche d’être utopiques, car elles tendent non pas vers « ce qui n’a pas de lieu », mais vers « ce qui n’a pas encore de lieu » et qui cependant peut en trouver un.

Ni optimiste, ni pessimiste. Réaliste. Et remplie d’espérance.

Sophie Maillefer, étudiante en théologie

L’autre calendrier

C’était la rentrée. Les rues sont à nouveau remplies, les trains des pendulaires et les agendas aussi. En ces temps bien occupés, pensons à ménager de l’espace pour s’arrêter, respirer, faire silence. Et pourquoi pas, pour écouter la Voix et se laisser inspirer par le Souffle.

Si on s’impatiente, si on se surcharge, donnons-nous du temps. Ne serait-ce que quelques minutes. C’est dans ces moments de vide, hors des cases de l’agenda, que petit à petit nous pouvons voir se dessiner l’autre calendrier. Le temps de Dieu n’est pas le nôtre, mais il nous l’accorde. En tout temps.

SM

Un pas de côté pour sortir des ornières

Ce week-end, ce sera le Jeûne fédéral. Une pause bienvenue un peu moins d’un mois après la reprise. Un jour chômé, c’est toujours bon à prendre ! On va pouvoir rester au lit, plutôt que de devoir se lever.

Beaucoup de gens ne voient pas plus loin. Il y a une obligation qui tombe, et l’on est bien content. Mais rien ne vient prendre la place laissée vide. On n’a pas à aller au travail. Cela veut dire que l’on peut faire ce que l’on veut.

Il n’y a pas si longtemps, les fêtes étaient vécues différemment. On interrompait ses occupations habituelles, bien sûr. Mais pas juste pour se reposer. Un autre programme était là qui nous attendait.

Chaque fête avait ses gestes précis. Toute une liste d’habitudes et de traditions qui amenaient à habiter le monde et la vie autrement. Les priorités n’étaient plus les mêmes que les autres jours. Le rythme aussi était différent.

Et il y avait là une leçon importante : le métro-boulot-dodo du quotidien n’est pas un absolu auquel il serait impossible d’échapper. Il y a une autre façon d’habiter le monde et la vie. Il y en a même tout un éventail.

Un pas de côté permet de voir les choses sous un autre angle et d’avoir un regard neuf. Et dans cet esprit, notre Église propose en parcours en sept étapes qui va commencer cet automne. Il s’intitule : « Danser avec la vie ».

S’inspirer des fêtes et des saisons pour redécouvrir d’autres manières d’habiter le monde, d’autres chemins de vie pour renouer une relation plus saine avec notre planète et avancer en harmonie avec elle. La première rencontre aura lieu le mardi 4 octobre à 20h à la chapelle des Cygnes à Yverdon. Vous y êtes les bienvenus.

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon.

Paix sur la terre!

 

Si certaines régions de notre monde ont bien besoin de paix, le message de cette crèche réalisée par trois habitants de Montagny, est de nous inviter à nous asseoir, à prendre le temps de découvrir ce qui a été mis en place, et même à chanter si le cœur vous en dit.

Seigneur, le temps d’une respiration, le temps d’un instant, donne-moi de trouver la paix au plus profond de mon cœur; d’être porteur de cette paix autour de moi; toi qui nous as envoyé ton Fils, Jésus de Nazareth qui a dit: «C'est la paix que je vous laisse, c'est ma paix que je vous donne» (Jean 14, 27)

Amen !

 

Mon assurance

 

Primes. Publicité. C’est le temps pour tous de se questionner si l’on est bien assuré, et pour beaucoup de râler devant les coûts. Faut-il en changer ? Encore une fois !

D’accord, le système nous soutient bien quand nous sommes dans le besoin. Nos hôpitaux sont compétitifs, nos médecins sont bons. Nous ne vivons pas dans un monde parfait, la maladie, l’accident sont là, pour nous rappeler que la vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille. C’est bien d’être rassuré.

Mon assurance justement m’a écrit. Je pense que c’est pour être sûr que je n’en change pas. Elle m’envoie un journal que je ne lis pas. Pour d’autres, Mujinga semblerait être au bout du fil, sympathique athlète à prendre soin de nos santés. Et j’en passe. Quel prix pour une famille !

Alors on use, comme chaque année, de comparateurs, on bricole entre des systèmes que l’on comprend de moins en moins. Finalement, toute personne vivant en Suisse est assurée pour sa santé et c’est très bien.

Se pose une autre question, la question de fond. Quelle est mon assurance dans ma vie ? Une question ancienne en fait. C’était la première question d’un catéchisme de la Réforme. Et l’enfant devait apprendre par cœur la réponse : ton assurance c’est Jésus. La question est plus ancienne en fait, elle se posait déjà des siècles avant le Christ, et dans la culture du Moyen-Orient, en Asie, un peu partout, une question qui traverse toutes les spiritualités.

Alors, pour chacun d’entre-nous, qu’est-ce qui nous rassure ? Ce qui nous rassure va porter un nom ou un autre, et beaucoup au cours de leur vie vont en changer aussi, de maîtres, d’assurances, c’est normal. Quant à moi, j’ai un petit faible pour les obstinés. Ceux qui ont entendu une parole personnelle de Dieu leur parlant à cœur et s’y sont accrochés ; ce Dieu qui dit « n’aie pas peur » !

 

François Lemrich

 

Gouttes d’eau

 

Dans le temple de Grandson
jusqu’au 4 novembre,
grâce à l’ingéniosité
pleine de poésie,
de douceur,
Mercedes Lara, artiste,
a suspendu
2'500 gouttes d’eau
… en porcelaine.
Ces gouttes nous accueillent,
nous accompagnent,
vers les astres qui reflètent
la lumière du moment.
L’ensemble offre à notre temple
une ambiance de légèreté
bienfaisante
invitant à la méditation.
Seigneur, dans les courses
effrénées de nos journées,
tu nous invites à nous ressourcer
à ta Parole.
Souvent ce n’est qu’une goutte
que nous retenons.
Et, pourtant, avec à elle
tu apportes la lumière
qui éclaire nos chemins.
 

SJB

 

 

Ils sont trop beaux ces champignons ! Trop beaux pour être mangés en tout cas, ces amanites n’étant pas comestibles. Il y en a autour de nous de ces choses qui sont trop belles ! Mais, souvent, le « trop beau » cache quelque chose de moins sympa.

Seigneur, merci pour la beauté de ce qui nous entoure, merci pour l’émerveillement que cela suscite en moi ; donne-moi de percevoir ce qui se cache parfois derrière ce « trop beau », afin de pouvoir aussi découvrir ce qui est moins clinquant, mais que je peux déguster en toute sérénité.

Amen!

ACR

« Les activistes en écologie d’aujourd’hui sont des technocrates inversés et des scientifiques froids ; quand j’entends le mot « écosystème », je me sens mal. »

Ces propos d’un écrivain tchèque sont excessifs et brutaux. Mais ils posent une question importante : l’écologie est-elle une invitation à changer vraiment de vie, ou bien au contraire le moyen de sauvegarder le modèle en cours, en faisant juste quelques aménagements ?

Parler d’environnement n’est pas aussi neutre qu’on le pense. C’est dire que, la nature et nous, nous ne sommes pas du même monde. Un terrain de jeu est là qui nous entoure, avec aussi de très beaux paysages. Mais nous ne sommes pas vraiment partie prenante. Nous restons extérieurs à tout ça.

Le modèle de l’ingénieur qui façonne le réel en fonction de représentations et autres besoins reste très prenant. On exploite des ressources. Seulement, maintenant, on le fait de façon durable. Pour éviter de se retrouver le bec dans l’eau.

La démarche semble parfaitement rationnelle. Mais l’est-elle vraiment ? N’y a-t-il pas un aveuglement sidérant à réduire la nature à un stock de matières premières et d’expériences sensorielles ? Comme si le vivant n’était pas ce qui tisse notre être.

Faire de l’homme et de ses initiatives la clé de tout, c’est perpétuer ce déséquilibre qui nous a envoyés dans le mur. L’alternative, c’est de redécouvrir notre place, non pas en surplomb, mais au milieu de tout ce qui vit. Ce lot qui est le nôtre d’être des terrestres, pris dans un incroyable réseau de liens.

Avec tous ces êtres qui nous accompagnent dans notre quotidien et qui tissent notre vie : les animaux, les plantes. Avec aussi le passé qui nous permet d’être là et l’avenir probablement différent de ce que nous imaginons et planifions.

Nous n’avons pas à construire la vie. Nous avons à danser avec elle. Un parcours en sept étapes commence bientôt comme une invitation à méditer cette question. Premier rendez-vous : mardi 4 octobre à 20h à la Chapelle des Cygnes à Yverdon.

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon-Les-Bains

Noms de rue

Que ce soit à Treytorrens ou à Orzens, les rues qui mènent au cimetière ont des noms poétiques. En finesse, teintés d’une légère ironie.  « Seigneur, fais-nous sourire, un clin d’œil quand la mort d’une manière ou une autre nous environne. Amen ».  FvB

En amateur peut-être, mais pratiquez !

Pratiquer la musique en amateur est très important. Dans cet esprit, le grand compositeur anglais Ralph Vaughan Williams a dirigé toute sa vie un chœur villageois, il a adapté des mélodies populaires et composé de nombreux cantiques adaptés à des assemblées de chanteurs amateurs.  Vous aurez entendu le Psaume 34 lors des funérailles d’Elisabeth II ou dans notre recueil Alleluia: le  36-36 « Pour tous les saints ».

La différence entre l’amateur et le professionnel est que l’un est payé et l’autre pas. Selon une méritocratie toute relative : nous connaissons tous des professionnels beaucoup trop payés pour une prestation qu’un amateur ferait tout aussi bien.  Néanmoins, qualifier quelqu’un d’amateur reste souvent péjoratif : pas très doué, manque de finesse dans l’exécution. Du coup, l’amateur est exposé au découragement quand il entend une œuvre impeccablement exécutée. Limité dans le temps dévolu aux répétitions, il se sent peu doué et craint ne jamais pouvoir atteindre le niveau. L’amateur va-t-il renoncer à sa pratique et redevenir un auditeur passif ? Mais la persévérance paie et un beau jour, tout se met en place. L’amateur atteint à cette dimension supérieure, spirituelle que procure la pratique de la musique.

Le compositeur professionnel invitait ainsi à prendre au sérieux le potentiel d’une pratique d’amateur enthousiaste. Et il s’appuyait sur ce verset “Mettez la parole de Dieu en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter » Jacques 1,22.  Ecouter la parole sans pratiquer est quelque chose de passif. Comme quelqu’un qui se regarde dans un miroir, qui s’éloigne et oublie aussitôt comment il est. Celui-là n’accède pas à la dimension profondément spirituelle de faire la parole.  « Devenez des faiseurs de la parole ». Un mot parfois péjoratif : ce n’est qu’un faiseur, un besogneux.  Le faiseur de la parole, ou le réalisateur de la parole : le mot en grec est « poètès », qui a aussi donné en français « poète ».  Dieu est qualifié de faiseur, « poètès », pour dire qu’il est créateur.  Il ne s’agit pas simplement de valoriser le « faire » sur le dire, mais par la pratique, d’entrer dans une démarche créatrice, poétique d’écoute de la parole. Peut-être que cette manière de considérer la pratique peut contredire cette platitude qui consiste à se dire croyant, mais non pratiquant.  Il nous faut devenir des faiseurs, des réalisateurs, poètes en amateurs, conscients de leurs limites, mais persévérants.

Frans van Binsbergen

Pasteur EERV - Yvonand

Triste prophétie ?

En effet, ses paroles ne passent pas. Paroles de respect et de tolérance, paroles d’accueil de l’étranger, du différent… Que ce soit au sein de bien des communautés chrétiennes comme dans bien des sociétés, nous sommes loin de relayer le message du Christ.

 

« Délivre nous, Seigneur, de nos orgueils, de notre tendance à éviter toute remise en question, de notre hésitation à suivre l’exploration du chemin sur lequel tu nous précèdes. »

 

T. B.

Je ne suis pas optimiste

On me dit souvent que je suis une incorrigible optimiste. Il est vrai que j’essaie de cultiver une attitude ouverte et positive face au monde, sans nier pour autant la réalité de ce qui s’offre à moi. Je dis bien, « j’essaie ». Parce que justement, ce n’est pas facile, surtout par les temps qui courent – je n’ai pas besoin de vous expliquer pourquoi.

A vrai dire, je ne pense pas être particulièrement optimiste. Certaines fois, c’est même plutôt le contraire. On pourrait alors nuancer et définir une attitude intermédiaire, qui serait le réalisme. Je veux bien, mais il ne s’agit pas de n’importe quel réalisme.

Ce que j’essaie de cultiver, c’est ce qu’on pourrait appeler le réalisme chrétien, le réalisme de la Bonne Nouvelle : celui qui affirme que l’obscurité et la mort n’auront pas le dernier mot, que le Christ s’est relevé au troisième jour, qu’il a apporté l’amour plutôt que la haine.

C’est le réalisme de l’espérance. Et l’espérance, ce n’est pas nier la souffrance, c’est l’accueillir en sachant qu’on peut la traverser, parce qu’un autre l’a fait avant nous et qu’il nous accompagne tous les jours, jusqu’à la fin du monde. C’est se savoir aimé-e et accueilli-e sans condition. C’est affirmer qu’il y a encore de l’espoir, pas parce qu’on est certain-e de réussir, mais parce qu’il y a des gens qui espèrent encore.

L’espérance, c’est aussi la capacité de me concevoir et de concevoir l’autre comme un commencement. Nous avons une disposition à changer, à être transformé-e intérieurement. Mais nous sommes aussi des commencements capables de commencements, pour agir concrètement dans le monde, en prenant, pourquoi pas, des directions nouvelles.

Ainsi, pour le dire avec les mots du théologien allemand Jürgen Moltmann : L’espérance et la pensée qui lui correspond ne peuvent donc accepter le reproche d’être utopiques, car elles tendent non pas vers « ce qui n’a pas de lieu », mais vers « ce qui n’a pas encore de lieu » et qui cependant peut en trouver un.

Ni optimiste, ni pessimiste. Réaliste. Et remplie d’espérance.

Sophie Maillefer, étudiante en théologie

L’autre calendrier

C’était la rentrée. Les rues sont à nouveau remplies, les trains des pendulaires et les agendas aussi. En ces temps bien occupés, pensons à ménager de l’espace pour s’arrêter, respirer, faire silence. Et pourquoi pas, pour écouter la Voix et se laisser inspirer par le Souffle.

Si on s’impatiente, si on se surcharge, donnons-nous du temps. Ne serait-ce que quelques minutes. C’est dans ces moments de vide, hors des cases de l’agenda, que petit à petit nous pouvons voir se dessiner l’autre calendrier. Le temps de Dieu n’est pas le nôtre, mais il nous l’accorde. En tout temps.

SM

Un pas de côté pour sortir des ornières

Ce week-end, ce sera le Jeûne fédéral. Une pause bienvenue un peu moins d’un mois après la reprise. Un jour chômé, c’est toujours bon à prendre ! On va pouvoir rester au lit, plutôt que de devoir se lever.

Beaucoup de gens ne voient pas plus loin. Il y a une obligation qui tombe, et l’on est bien content. Mais rien ne vient prendre la place laissée vide. On n’a pas à aller au travail. Cela veut dire que l’on peut faire ce que l’on veut.

Il n’y a pas si longtemps, les fêtes étaient vécues différemment. On interrompait ses occupations habituelles, bien sûr. Mais pas juste pour se reposer. Un autre programme était là qui nous attendait.

Chaque fête avait ses gestes précis. Toute une liste d’habitudes et de traditions qui amenaient à habiter le monde et la vie autrement. Les priorités n’étaient plus les mêmes que les autres jours. Le rythme aussi était différent.

Et il y avait là une leçon importante : le métro-boulot-dodo du quotidien n’est pas un absolu auquel il serait impossible d’échapper. Il y a une autre façon d’habiter le monde et la vie. Il y en a même tout un éventail.

Un pas de côté permet de voir les choses sous un autre angle et d’avoir un regard neuf. Et dans cet esprit, notre Église propose en parcours en sept étapes qui va commencer cet automne. Il s’intitule : « Danser avec la vie ».

S’inspirer des fêtes et des saisons pour redécouvrir d’autres manières d’habiter le monde, d’autres chemins de vie pour renouer une relation plus saine avec notre planète et avancer en harmonie avec elle. La première rencontre aura lieu le mardi 4 octobre à 20h à la chapelle des Cygnes à Yverdon. Vous y êtes les bienvenus.

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon.

Allumez, néanmoins !

 

S’il faut regarder lucidement le monde de cette fin d’année 2022, qui aura le courage d’allumer la première des bougies de l’Avent ? Faire naître la lumière dans ce monde sollicite de plus en plus notre volonté et témoigne de nos choix de vie.

« Homme, tu es un charbon,
Dieu est ton feu et ta lumière ;
tu es noir, obscur, froid,
si tu ne reposes pas en Lui.

Dieu est la vraie lumière, le reste n’est qu’éclat,
si tu ne l’as pas, Lui, la lumière des lumières. »
Angelus Silesius ; mystique rhénan du XVII s.

T. B.

 

Crédit photo : Gettyimages

 

Mon assurance

 

Primes. Publicité. C’est le temps pour tous de se questionner si l’on est bien assuré, et pour beaucoup de râler devant les coûts. Faut-il en changer ? Encore une fois !

D’accord, le système nous soutient bien quand nous sommes dans le besoin. Nos hôpitaux sont compétitifs, nos médecins sont bons. Nous ne vivons pas dans un monde parfait, la maladie, l’accident sont là, pour nous rappeler que la vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille. C’est bien d’être rassuré.

Mon assurance justement m’a écrit. Je pense que c’est pour être sûr que je n’en change pas. Elle m’envoie un journal que je ne lis pas. Pour d’autres, Mujinga semblerait être au bout du fil, sympathique athlète à prendre soin de nos santés. Et j’en passe. Quel prix pour une famille !

Alors on use, comme chaque année, de comparateurs, on bricole entre des systèmes que l’on comprend de moins en moins. Finalement, toute personne vivant en Suisse est assurée pour sa santé et c’est très bien.

Se pose une autre question, la question de fond. Quelle est mon assurance dans ma vie ? Une question ancienne en fait. C’était la première question d’un catéchisme de la Réforme. Et l’enfant devait apprendre par cœur la réponse : ton assurance c’est Jésus. La question est plus ancienne en fait, elle se posait déjà des siècles avant le Christ, et dans la culture du Moyen-Orient, en Asie, un peu partout, une question qui traverse toutes les spiritualités.

Alors, pour chacun d’entre-nous, qu’est-ce qui nous rassure ? Ce qui nous rassure va porter un nom ou un autre, et beaucoup au cours de leur vie vont en changer aussi, de maîtres, d’assurances, c’est normal. Quant à moi, j’ai un petit faible pour les obstinés. Ceux qui ont entendu une parole personnelle de Dieu leur parlant à cœur et s’y sont accrochés ; ce Dieu qui dit « n’aie pas peur » !

 

François Lemrich

 

Gouttes d’eau

 

Dans le temple de Grandson
jusqu’au 4 novembre,
grâce à l’ingéniosité
pleine de poésie,
de douceur,
Mercedes Lara, artiste,
a suspendu
2'500 gouttes d’eau
… en porcelaine.
Ces gouttes nous accueillent,
nous accompagnent,
vers les astres qui reflètent
la lumière du moment.
L’ensemble offre à notre temple
une ambiance de légèreté
bienfaisante
invitant à la méditation.
Seigneur, dans les courses
effrénées de nos journées,
tu nous invites à nous ressourcer
à ta Parole.
Souvent ce n’est qu’une goutte
que nous retenons.
Et, pourtant, avec à elle
tu apportes la lumière
qui éclaire nos chemins.
 

SJB

 

 

Ils sont trop beaux ces champignons ! Trop beaux pour être mangés en tout cas, ces amanites n’étant pas comestibles. Il y en a autour de nous de ces choses qui sont trop belles ! Mais, souvent, le « trop beau » cache quelque chose de moins sympa.

Seigneur, merci pour la beauté de ce qui nous entoure, merci pour l’émerveillement que cela suscite en moi ; donne-moi de percevoir ce qui se cache parfois derrière ce « trop beau », afin de pouvoir aussi découvrir ce qui est moins clinquant, mais que je peux déguster en toute sérénité.

Amen!

ACR

« Les activistes en écologie d’aujourd’hui sont des technocrates inversés et des scientifiques froids ; quand j’entends le mot « écosystème », je me sens mal. »

Ces propos d’un écrivain tchèque sont excessifs et brutaux. Mais ils posent une question importante : l’écologie est-elle une invitation à changer vraiment de vie, ou bien au contraire le moyen de sauvegarder le modèle en cours, en faisant juste quelques aménagements ?

Parler d’environnement n’est pas aussi neutre qu’on le pense. C’est dire que, la nature et nous, nous ne sommes pas du même monde. Un terrain de jeu est là qui nous entoure, avec aussi de très beaux paysages. Mais nous ne sommes pas vraiment partie prenante. Nous restons extérieurs à tout ça.

Le modèle de l’ingénieur qui façonne le réel en fonction de représentations et autres besoins reste très prenant. On exploite des ressources. Seulement, maintenant, on le fait de façon durable. Pour éviter de se retrouver le bec dans l’eau.

La démarche semble parfaitement rationnelle. Mais l’est-elle vraiment ? N’y a-t-il pas un aveuglement sidérant à réduire la nature à un stock de matières premières et d’expériences sensorielles ? Comme si le vivant n’était pas ce qui tisse notre être.

Faire de l’homme et de ses initiatives la clé de tout, c’est perpétuer ce déséquilibre qui nous a envoyés dans le mur. L’alternative, c’est de redécouvrir notre place, non pas en surplomb, mais au milieu de tout ce qui vit. Ce lot qui est le nôtre d’être des terrestres, pris dans un incroyable réseau de liens.

Avec tous ces êtres qui nous accompagnent dans notre quotidien et qui tissent notre vie : les animaux, les plantes. Avec aussi le passé qui nous permet d’être là et l’avenir probablement différent de ce que nous imaginons et planifions.

Nous n’avons pas à construire la vie. Nous avons à danser avec elle. Un parcours en sept étapes commence bientôt comme une invitation à méditer cette question. Premier rendez-vous : mardi 4 octobre à 20h à la Chapelle des Cygnes à Yverdon.

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon-Les-Bains

Noms de rue

Que ce soit à Treytorrens ou à Orzens, les rues qui mènent au cimetière ont des noms poétiques. En finesse, teintés d’une légère ironie.  « Seigneur, fais-nous sourire, un clin d’œil quand la mort d’une manière ou une autre nous environne. Amen ».  FvB

En amateur peut-être, mais pratiquez !

Pratiquer la musique en amateur est très important. Dans cet esprit, le grand compositeur anglais Ralph Vaughan Williams a dirigé toute sa vie un chœur villageois, il a adapté des mélodies populaires et composé de nombreux cantiques adaptés à des assemblées de chanteurs amateurs.  Vous aurez entendu le Psaume 34 lors des funérailles d’Elisabeth II ou dans notre recueil Alleluia: le  36-36 « Pour tous les saints ».

La différence entre l’amateur et le professionnel est que l’un est payé et l’autre pas. Selon une méritocratie toute relative : nous connaissons tous des professionnels beaucoup trop payés pour une prestation qu’un amateur ferait tout aussi bien.  Néanmoins, qualifier quelqu’un d’amateur reste souvent péjoratif : pas très doué, manque de finesse dans l’exécution. Du coup, l’amateur est exposé au découragement quand il entend une œuvre impeccablement exécutée. Limité dans le temps dévolu aux répétitions, il se sent peu doué et craint ne jamais pouvoir atteindre le niveau. L’amateur va-t-il renoncer à sa pratique et redevenir un auditeur passif ? Mais la persévérance paie et un beau jour, tout se met en place. L’amateur atteint à cette dimension supérieure, spirituelle que procure la pratique de la musique.

Le compositeur professionnel invitait ainsi à prendre au sérieux le potentiel d’une pratique d’amateur enthousiaste. Et il s’appuyait sur ce verset “Mettez la parole de Dieu en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter » Jacques 1,22.  Ecouter la parole sans pratiquer est quelque chose de passif. Comme quelqu’un qui se regarde dans un miroir, qui s’éloigne et oublie aussitôt comment il est. Celui-là n’accède pas à la dimension profondément spirituelle de faire la parole.  « Devenez des faiseurs de la parole ». Un mot parfois péjoratif : ce n’est qu’un faiseur, un besogneux.  Le faiseur de la parole, ou le réalisateur de la parole : le mot en grec est « poètès », qui a aussi donné en français « poète ».  Dieu est qualifié de faiseur, « poètès », pour dire qu’il est créateur.  Il ne s’agit pas simplement de valoriser le « faire » sur le dire, mais par la pratique, d’entrer dans une démarche créatrice, poétique d’écoute de la parole. Peut-être que cette manière de considérer la pratique peut contredire cette platitude qui consiste à se dire croyant, mais non pratiquant.  Il nous faut devenir des faiseurs, des réalisateurs, poètes en amateurs, conscients de leurs limites, mais persévérants.

Frans van Binsbergen

Pasteur EERV - Yvonand

Triste prophétie ?

En effet, ses paroles ne passent pas. Paroles de respect et de tolérance, paroles d’accueil de l’étranger, du différent… Que ce soit au sein de bien des communautés chrétiennes comme dans bien des sociétés, nous sommes loin de relayer le message du Christ.

 

« Délivre nous, Seigneur, de nos orgueils, de notre tendance à éviter toute remise en question, de notre hésitation à suivre l’exploration du chemin sur lequel tu nous précèdes. »

 

T. B.

Je ne suis pas optimiste

On me dit souvent que je suis une incorrigible optimiste. Il est vrai que j’essaie de cultiver une attitude ouverte et positive face au monde, sans nier pour autant la réalité de ce qui s’offre à moi. Je dis bien, « j’essaie ». Parce que justement, ce n’est pas facile, surtout par les temps qui courent – je n’ai pas besoin de vous expliquer pourquoi.

A vrai dire, je ne pense pas être particulièrement optimiste. Certaines fois, c’est même plutôt le contraire. On pourrait alors nuancer et définir une attitude intermédiaire, qui serait le réalisme. Je veux bien, mais il ne s’agit pas de n’importe quel réalisme.

Ce que j’essaie de cultiver, c’est ce qu’on pourrait appeler le réalisme chrétien, le réalisme de la Bonne Nouvelle : celui qui affirme que l’obscurité et la mort n’auront pas le dernier mot, que le Christ s’est relevé au troisième jour, qu’il a apporté l’amour plutôt que la haine.

C’est le réalisme de l’espérance. Et l’espérance, ce n’est pas nier la souffrance, c’est l’accueillir en sachant qu’on peut la traverser, parce qu’un autre l’a fait avant nous et qu’il nous accompagne tous les jours, jusqu’à la fin du monde. C’est se savoir aimé-e et accueilli-e sans condition. C’est affirmer qu’il y a encore de l’espoir, pas parce qu’on est certain-e de réussir, mais parce qu’il y a des gens qui espèrent encore.

L’espérance, c’est aussi la capacité de me concevoir et de concevoir l’autre comme un commencement. Nous avons une disposition à changer, à être transformé-e intérieurement. Mais nous sommes aussi des commencements capables de commencements, pour agir concrètement dans le monde, en prenant, pourquoi pas, des directions nouvelles.

Ainsi, pour le dire avec les mots du théologien allemand Jürgen Moltmann : L’espérance et la pensée qui lui correspond ne peuvent donc accepter le reproche d’être utopiques, car elles tendent non pas vers « ce qui n’a pas de lieu », mais vers « ce qui n’a pas encore de lieu » et qui cependant peut en trouver un.

Ni optimiste, ni pessimiste. Réaliste. Et remplie d’espérance.

Sophie Maillefer, étudiante en théologie

L’autre calendrier

C’était la rentrée. Les rues sont à nouveau remplies, les trains des pendulaires et les agendas aussi. En ces temps bien occupés, pensons à ménager de l’espace pour s’arrêter, respirer, faire silence. Et pourquoi pas, pour écouter la Voix et se laisser inspirer par le Souffle.

Si on s’impatiente, si on se surcharge, donnons-nous du temps. Ne serait-ce que quelques minutes. C’est dans ces moments de vide, hors des cases de l’agenda, que petit à petit nous pouvons voir se dessiner l’autre calendrier. Le temps de Dieu n’est pas le nôtre, mais il nous l’accorde. En tout temps.

SM

Un pas de côté pour sortir des ornières

Ce week-end, ce sera le Jeûne fédéral. Une pause bienvenue un peu moins d’un mois après la reprise. Un jour chômé, c’est toujours bon à prendre ! On va pouvoir rester au lit, plutôt que de devoir se lever.

Beaucoup de gens ne voient pas plus loin. Il y a une obligation qui tombe, et l’on est bien content. Mais rien ne vient prendre la place laissée vide. On n’a pas à aller au travail. Cela veut dire que l’on peut faire ce que l’on veut.

Il n’y a pas si longtemps, les fêtes étaient vécues différemment. On interrompait ses occupations habituelles, bien sûr. Mais pas juste pour se reposer. Un autre programme était là qui nous attendait.

Chaque fête avait ses gestes précis. Toute une liste d’habitudes et de traditions qui amenaient à habiter le monde et la vie autrement. Les priorités n’étaient plus les mêmes que les autres jours. Le rythme aussi était différent.

Et il y avait là une leçon importante : le métro-boulot-dodo du quotidien n’est pas un absolu auquel il serait impossible d’échapper. Il y a une autre façon d’habiter le monde et la vie. Il y en a même tout un éventail.

Un pas de côté permet de voir les choses sous un autre angle et d’avoir un regard neuf. Et dans cet esprit, notre Église propose en parcours en sept étapes qui va commencer cet automne. Il s’intitule : « Danser avec la vie ».

S’inspirer des fêtes et des saisons pour redécouvrir d’autres manières d’habiter le monde, d’autres chemins de vie pour renouer une relation plus saine avec notre planète et avancer en harmonie avec elle. La première rencontre aura lieu le mardi 4 octobre à 20h à la chapelle des Cygnes à Yverdon. Vous y êtes les bienvenus.

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon.

Trop vieille ??

 

Ils sont trop beaux ces champignons ! Trop beaux pour être mangés en tout cas, ces amanites n’étant pas comestibles. Il y en a autour de nous de ces choses qui sont trop belles ! Mais, souvent, le « trop beau » cache quelque chose de moins sympa.

Seigneur, merci pour la beauté de ce qui nous entoure, merci pour l’émerveillement que cela suscite en moi ; donne-moi de percevoir ce qui se cache parfois derrière ce « trop beau », afin de pouvoir aussi découvrir ce qui est moins clinquant, mais que je peux déguster en toute sérénité.

Amen!

ACR

 

Ils sont trop beaux ces champignons ! Trop beaux pour être mangés en tout cas, ces amanites n’étant pas comestibles. Il y en a autour de nous de ces choses qui sont trop belles ! Mais, souvent, le « trop beau » cache quelque chose de moins sympa.

Seigneur, merci pour la beauté de ce qui nous entoure, merci pour l’émerveillement que cela suscite en moi ; donne-moi de percevoir ce qui se cache parfois derrière ce « trop beau », afin de pouvoir aussi découvrir ce qui est moins clinquant, mais que je peux déguster en toute sérénité.

Amen!

ACR

« Les activistes en écologie d’aujourd’hui sont des technocrates inversés et des scientifiques froids ; quand j’entends le mot « écosystème », je me sens mal. »

Ces propos d’un écrivain tchèque sont excessifs et brutaux. Mais ils posent une question importante : l’écologie est-elle une invitation à changer vraiment de vie, ou bien au contraire le moyen de sauvegarder le modèle en cours, en faisant juste quelques aménagements ?

Parler d’environnement n’est pas aussi neutre qu’on le pense. C’est dire que, la nature et nous, nous ne sommes pas du même monde. Un terrain de jeu est là qui nous entoure, avec aussi de très beaux paysages. Mais nous ne sommes pas vraiment partie prenante. Nous restons extérieurs à tout ça.

Le modèle de l’ingénieur qui façonne le réel en fonction de représentations et autres besoins reste très prenant. On exploite des ressources. Seulement, maintenant, on le fait de façon durable. Pour éviter de se retrouver le bec dans l’eau.

La démarche semble parfaitement rationnelle. Mais l’est-elle vraiment ? N’y a-t-il pas un aveuglement sidérant à réduire la nature à un stock de matières premières et d’expériences sensorielles ? Comme si le vivant n’était pas ce qui tisse notre être.

Faire de l’homme et de ses initiatives la clé de tout, c’est perpétuer ce déséquilibre qui nous a envoyés dans le mur. L’alternative, c’est de redécouvrir notre place, non pas en surplomb, mais au milieu de tout ce qui vit. Ce lot qui est le nôtre d’être des terrestres, pris dans un incroyable réseau de liens.

Avec tous ces êtres qui nous accompagnent dans notre quotidien et qui tissent notre vie : les animaux, les plantes. Avec aussi le passé qui nous permet d’être là et l’avenir probablement différent de ce que nous imaginons et planifions.

Nous n’avons pas à construire la vie. Nous avons à danser avec elle. Un parcours en sept étapes commence bientôt comme une invitation à méditer cette question. Premier rendez-vous : mardi 4 octobre à 20h à la Chapelle des Cygnes à Yverdon.

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon-Les-Bains

Noms de rue

Que ce soit à Treytorrens ou à Orzens, les rues qui mènent au cimetière ont des noms poétiques. En finesse, teintés d’une légère ironie.  « Seigneur, fais-nous sourire, un clin d’œil quand la mort d’une manière ou une autre nous environne. Amen ».  FvB

En amateur peut-être, mais pratiquez !

Pratiquer la musique en amateur est très important. Dans cet esprit, le grand compositeur anglais Ralph Vaughan Williams a dirigé toute sa vie un chœur villageois, il a adapté des mélodies populaires et composé de nombreux cantiques adaptés à des assemblées de chanteurs amateurs.  Vous aurez entendu le Psaume 34 lors des funérailles d’Elisabeth II ou dans notre recueil Alleluia: le  36-36 « Pour tous les saints ».

La différence entre l’amateur et le professionnel est que l’un est payé et l’autre pas. Selon une méritocratie toute relative : nous connaissons tous des professionnels beaucoup trop payés pour une prestation qu’un amateur ferait tout aussi bien.  Néanmoins, qualifier quelqu’un d’amateur reste souvent péjoratif : pas très doué, manque de finesse dans l’exécution. Du coup, l’amateur est exposé au découragement quand il entend une œuvre impeccablement exécutée. Limité dans le temps dévolu aux répétitions, il se sent peu doué et craint ne jamais pouvoir atteindre le niveau. L’amateur va-t-il renoncer à sa pratique et redevenir un auditeur passif ? Mais la persévérance paie et un beau jour, tout se met en place. L’amateur atteint à cette dimension supérieure, spirituelle que procure la pratique de la musique.

Le compositeur professionnel invitait ainsi à prendre au sérieux le potentiel d’une pratique d’amateur enthousiaste. Et il s’appuyait sur ce verset “Mettez la parole de Dieu en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter » Jacques 1,22.  Ecouter la parole sans pratiquer est quelque chose de passif. Comme quelqu’un qui se regarde dans un miroir, qui s’éloigne et oublie aussitôt comment il est. Celui-là n’accède pas à la dimension profondément spirituelle de faire la parole.  « Devenez des faiseurs de la parole ». Un mot parfois péjoratif : ce n’est qu’un faiseur, un besogneux.  Le faiseur de la parole, ou le réalisateur de la parole : le mot en grec est « poètès », qui a aussi donné en français « poète ».  Dieu est qualifié de faiseur, « poètès », pour dire qu’il est créateur.  Il ne s’agit pas simplement de valoriser le « faire » sur le dire, mais par la pratique, d’entrer dans une démarche créatrice, poétique d’écoute de la parole. Peut-être que cette manière de considérer la pratique peut contredire cette platitude qui consiste à se dire croyant, mais non pratiquant.  Il nous faut devenir des faiseurs, des réalisateurs, poètes en amateurs, conscients de leurs limites, mais persévérants.

Frans van Binsbergen

Pasteur EERV - Yvonand

Triste prophétie ?

En effet, ses paroles ne passent pas. Paroles de respect et de tolérance, paroles d’accueil de l’étranger, du différent… Que ce soit au sein de bien des communautés chrétiennes comme dans bien des sociétés, nous sommes loin de relayer le message du Christ.

 

« Délivre nous, Seigneur, de nos orgueils, de notre tendance à éviter toute remise en question, de notre hésitation à suivre l’exploration du chemin sur lequel tu nous précèdes. »

 

T. B.

Je ne suis pas optimiste

On me dit souvent que je suis une incorrigible optimiste. Il est vrai que j’essaie de cultiver une attitude ouverte et positive face au monde, sans nier pour autant la réalité de ce qui s’offre à moi. Je dis bien, « j’essaie ». Parce que justement, ce n’est pas facile, surtout par les temps qui courent – je n’ai pas besoin de vous expliquer pourquoi.

A vrai dire, je ne pense pas être particulièrement optimiste. Certaines fois, c’est même plutôt le contraire. On pourrait alors nuancer et définir une attitude intermédiaire, qui serait le réalisme. Je veux bien, mais il ne s’agit pas de n’importe quel réalisme.

Ce que j’essaie de cultiver, c’est ce qu’on pourrait appeler le réalisme chrétien, le réalisme de la Bonne Nouvelle : celui qui affirme que l’obscurité et la mort n’auront pas le dernier mot, que le Christ s’est relevé au troisième jour, qu’il a apporté l’amour plutôt que la haine.

C’est le réalisme de l’espérance. Et l’espérance, ce n’est pas nier la souffrance, c’est l’accueillir en sachant qu’on peut la traverser, parce qu’un autre l’a fait avant nous et qu’il nous accompagne tous les jours, jusqu’à la fin du monde. C’est se savoir aimé-e et accueilli-e sans condition. C’est affirmer qu’il y a encore de l’espoir, pas parce qu’on est certain-e de réussir, mais parce qu’il y a des gens qui espèrent encore.

L’espérance, c’est aussi la capacité de me concevoir et de concevoir l’autre comme un commencement. Nous avons une disposition à changer, à être transformé-e intérieurement. Mais nous sommes aussi des commencements capables de commencements, pour agir concrètement dans le monde, en prenant, pourquoi pas, des directions nouvelles.

Ainsi, pour le dire avec les mots du théologien allemand Jürgen Moltmann : L’espérance et la pensée qui lui correspond ne peuvent donc accepter le reproche d’être utopiques, car elles tendent non pas vers « ce qui n’a pas de lieu », mais vers « ce qui n’a pas encore de lieu » et qui cependant peut en trouver un.

Ni optimiste, ni pessimiste. Réaliste. Et remplie d’espérance.

Sophie Maillefer, étudiante en théologie

L’autre calendrier

C’était la rentrée. Les rues sont à nouveau remplies, les trains des pendulaires et les agendas aussi. En ces temps bien occupés, pensons à ménager de l’espace pour s’arrêter, respirer, faire silence. Et pourquoi pas, pour écouter la Voix et se laisser inspirer par le Souffle.

Si on s’impatiente, si on se surcharge, donnons-nous du temps. Ne serait-ce que quelques minutes. C’est dans ces moments de vide, hors des cases de l’agenda, que petit à petit nous pouvons voir se dessiner l’autre calendrier. Le temps de Dieu n’est pas le nôtre, mais il nous l’accorde. En tout temps.

SM

Un pas de côté pour sortir des ornières

Ce week-end, ce sera le Jeûne fédéral. Une pause bienvenue un peu moins d’un mois après la reprise. Un jour chômé, c’est toujours bon à prendre ! On va pouvoir rester au lit, plutôt que de devoir se lever.

Beaucoup de gens ne voient pas plus loin. Il y a une obligation qui tombe, et l’on est bien content. Mais rien ne vient prendre la place laissée vide. On n’a pas à aller au travail. Cela veut dire que l’on peut faire ce que l’on veut.

Il n’y a pas si longtemps, les fêtes étaient vécues différemment. On interrompait ses occupations habituelles, bien sûr. Mais pas juste pour se reposer. Un autre programme était là qui nous attendait.

Chaque fête avait ses gestes précis. Toute une liste d’habitudes et de traditions qui amenaient à habiter le monde et la vie autrement. Les priorités n’étaient plus les mêmes que les autres jours. Le rythme aussi était différent.

Et il y avait là une leçon importante : le métro-boulot-dodo du quotidien n’est pas un absolu auquel il serait impossible d’échapper. Il y a une autre façon d’habiter le monde et la vie. Il y en a même tout un éventail.

Un pas de côté permet de voir les choses sous un autre angle et d’avoir un regard neuf. Et dans cet esprit, notre Église propose en parcours en sept étapes qui va commencer cet automne. Il s’intitule : « Danser avec la vie ».

S’inspirer des fêtes et des saisons pour redécouvrir d’autres manières d’habiter le monde, d’autres chemins de vie pour renouer une relation plus saine avec notre planète et avancer en harmonie avec elle. La première rencontre aura lieu le mardi 4 octobre à 20h à la chapelle des Cygnes à Yverdon. Vous y êtes les bienvenus.

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon.

Une belle sortie de vie ?

A l’heure où j’écris, les funérailles de la reine Elizabeth sont en train de se dérouler. Elle aura laissé une trace bien visible sur la Terre de notre temps, et elle aura peut-être une place dans les livres d’histoire du 20e-21e siècle. Et vous, et moi ? J’ai la conviction que notre trace, même moins visible, sera considérée de la même manière par Dieu que celle d’Elizabeth II. A l’aune de ce que nous avons donné, pas accumulé. Nous sommes riches de ce que nous partageons.

On dit souvent que nous sommes tous égaux devant la mort, pas devant la naissance ni entre deux… Le fait de mourir rassemble certes tous les vivants, mais pas la manière, ni la cérémonie d’adieu qui s’ensuit. Or, une vie est une vie, ou bien quoi ?

Pour le Dieu de la Bible, chaque personne sur cette planète a une même dignité, une même valeur, qui déborde du seul temps passé sur terre. C’est pourquoi les chrétiens sont souvent préoccupés du « salut éternel » des hommes et des femmes de cette planète. Dans la perspective qu’on passera probablement plus de « temps » dans l’après-vie que dans l’existence terrestre, il est important de penser aussi à sa sortie, à son avenir : y voyez-vous une suite, et si oui où, avec qui, pour combien de « temps » ? En fait, que serai-je quand je ne serai plus ? Peut-être rien ? Ou… ?

La promesse de Jésus : « je viendrai vous chercher et je vous emmènerai là où je suis » a résonné très fort dans le cœur des premiers croyants, elle leur a ouvert un horizon d’espérance insoupçonné jusque-là. Une continuité, un lien. Il l’a démontré par sa résurrection. Là où est Jésus, c’est en fait simplement « près de Dieu ». Ca reste toutefois un peu mystérieux, il n’y a pas de grande description de paradis. Pour maintenir la surprise du cadeau ? Être près de Dieu, c’est de toute façon un lieu où il fait bon vivre, déjà depuis maintenant, et ce n’est même pas la mort qui nous empêchera de poursuivre ! Oserons-nous y croire ?

Frédéric Steinhauer, Eglise réformée

En amateur peut-être, mais pratiquez !

Pratiquer la musique en amateur est très important. Dans cet esprit, le grand compositeur anglais Ralph Vaughan Williams a dirigé toute sa vie un chœur villageois, il a adapté des mélodies populaires et composé de nombreux cantiques adaptés à des assemblées de chanteurs amateurs.  Vous aurez entendu le Psaume 34 lors des funérailles d’Elisabeth II ou dans notre recueil Alleluia: le  36-36 « Pour tous les saints ».

La différence entre l’amateur et le professionnel est que l’un est payé et l’autre pas. Selon une méritocratie toute relative : nous connaissons tous des professionnels beaucoup trop payés pour une prestation qu’un amateur ferait tout aussi bien.  Néanmoins, qualifier quelqu’un d’amateur reste souvent péjoratif : pas très doué, manque de finesse dans l’exécution. Du coup, l’amateur est exposé au découragement quand il entend une œuvre impeccablement exécutée. Limité dans le temps dévolu aux répétitions, il se sent peu doué et craint ne jamais pouvoir atteindre le niveau. L’amateur va-t-il renoncer à sa pratique et redevenir un auditeur passif ? Mais la persévérance paie et un beau jour, tout se met en place. L’amateur atteint à cette dimension supérieure, spirituelle que procure la pratique de la musique.

Le compositeur professionnel invitait ainsi à prendre au sérieux le potentiel d’une pratique d’amateur enthousiaste. Et il s’appuyait sur ce verset “Mettez la parole de Dieu en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter » Jacques 1,22.  Ecouter la parole sans pratiquer est quelque chose de passif. Comme quelqu’un qui se regarde dans un miroir, qui s’éloigne et oublie aussitôt comment il est. Celui-là n’accède pas à la dimension profondément spirituelle de faire la parole.  « Devenez des faiseurs de la parole ». Un mot parfois péjoratif : ce n’est qu’un faiseur, un besogneux.  Le faiseur de la parole, ou le réalisateur de la parole : le mot en grec est « poètès », qui a aussi donné en français « poète ».  Dieu est qualifié de faiseur, « poètès », pour dire qu’il est créateur.  Il ne s’agit pas simplement de valoriser le « faire » sur le dire, mais par la pratique, d’entrer dans une démarche créatrice, poétique d’écoute de la parole. Peut-être que cette manière de considérer la pratique peut contredire cette platitude qui consiste à se dire croyant, mais non pratiquant.  Il nous faut devenir des faiseurs, des réalisateurs, poètes en amateurs, conscients de leurs limites, mais persévérants.

Frans van Binsbergen

Pasteur EERV - Yvonand

Triste prophétie ?

En effet, ses paroles ne passent pas. Paroles de respect et de tolérance, paroles d’accueil de l’étranger, du différent… Que ce soit au sein de bien des communautés chrétiennes comme dans bien des sociétés, nous sommes loin de relayer le message du Christ.

 

« Délivre nous, Seigneur, de nos orgueils, de notre tendance à éviter toute remise en question, de notre hésitation à suivre l’exploration du chemin sur lequel tu nous précèdes. »

 

T. B.

Je ne suis pas optimiste

On me dit souvent que je suis une incorrigible optimiste. Il est vrai que j’essaie de cultiver une attitude ouverte et positive face au monde, sans nier pour autant la réalité de ce qui s’offre à moi. Je dis bien, « j’essaie ». Parce que justement, ce n’est pas facile, surtout par les temps qui courent – je n’ai pas besoin de vous expliquer pourquoi.

A vrai dire, je ne pense pas être particulièrement optimiste. Certaines fois, c’est même plutôt le contraire. On pourrait alors nuancer et définir une attitude intermédiaire, qui serait le réalisme. Je veux bien, mais il ne s’agit pas de n’importe quel réalisme.

Ce que j’essaie de cultiver, c’est ce qu’on pourrait appeler le réalisme chrétien, le réalisme de la Bonne Nouvelle : celui qui affirme que l’obscurité et la mort n’auront pas le dernier mot, que le Christ s’est relevé au troisième jour, qu’il a apporté l’amour plutôt que la haine.

C’est le réalisme de l’espérance. Et l’espérance, ce n’est pas nier la souffrance, c’est l’accueillir en sachant qu’on peut la traverser, parce qu’un autre l’a fait avant nous et qu’il nous accompagne tous les jours, jusqu’à la fin du monde. C’est se savoir aimé-e et accueilli-e sans condition. C’est affirmer qu’il y a encore de l’espoir, pas parce qu’on est certain-e de réussir, mais parce qu’il y a des gens qui espèrent encore.

L’espérance, c’est aussi la capacité de me concevoir et de concevoir l’autre comme un commencement. Nous avons une disposition à changer, à être transformé-e intérieurement. Mais nous sommes aussi des commencements capables de commencements, pour agir concrètement dans le monde, en prenant, pourquoi pas, des directions nouvelles.

Ainsi, pour le dire avec les mots du théologien allemand Jürgen Moltmann : L’espérance et la pensée qui lui correspond ne peuvent donc accepter le reproche d’être utopiques, car elles tendent non pas vers « ce qui n’a pas de lieu », mais vers « ce qui n’a pas encore de lieu » et qui cependant peut en trouver un.

Ni optimiste, ni pessimiste. Réaliste. Et remplie d’espérance.

Sophie Maillefer, étudiante en théologie

L’autre calendrier

C’était la rentrée. Les rues sont à nouveau remplies, les trains des pendulaires et les agendas aussi. En ces temps bien occupés, pensons à ménager de l’espace pour s’arrêter, respirer, faire silence. Et pourquoi pas, pour écouter la Voix et se laisser inspirer par le Souffle.

Si on s’impatiente, si on se surcharge, donnons-nous du temps. Ne serait-ce que quelques minutes. C’est dans ces moments de vide, hors des cases de l’agenda, que petit à petit nous pouvons voir se dessiner l’autre calendrier. Le temps de Dieu n’est pas le nôtre, mais il nous l’accorde. En tout temps.

SM

Un pas de côté pour sortir des ornières

Ce week-end, ce sera le Jeûne fédéral. Une pause bienvenue un peu moins d’un mois après la reprise. Un jour chômé, c’est toujours bon à prendre ! On va pouvoir rester au lit, plutôt que de devoir se lever.

Beaucoup de gens ne voient pas plus loin. Il y a une obligation qui tombe, et l’on est bien content. Mais rien ne vient prendre la place laissée vide. On n’a pas à aller au travail. Cela veut dire que l’on peut faire ce que l’on veut.

Il n’y a pas si longtemps, les fêtes étaient vécues différemment. On interrompait ses occupations habituelles, bien sûr. Mais pas juste pour se reposer. Un autre programme était là qui nous attendait.

Chaque fête avait ses gestes précis. Toute une liste d’habitudes et de traditions qui amenaient à habiter le monde et la vie autrement. Les priorités n’étaient plus les mêmes que les autres jours. Le rythme aussi était différent.

Et il y avait là une leçon importante : le métro-boulot-dodo du quotidien n’est pas un absolu auquel il serait impossible d’échapper. Il y a une autre façon d’habiter le monde et la vie. Il y en a même tout un éventail.

Un pas de côté permet de voir les choses sous un autre angle et d’avoir un regard neuf. Et dans cet esprit, notre Église propose en parcours en sept étapes qui va commencer cet automne. Il s’intitule : « Danser avec la vie ».

S’inspirer des fêtes et des saisons pour redécouvrir d’autres manières d’habiter le monde, d’autres chemins de vie pour renouer une relation plus saine avec notre planète et avancer en harmonie avec elle. La première rencontre aura lieu le mardi 4 octobre à 20h à la chapelle des Cygnes à Yverdon. Vous y êtes les bienvenus.

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon.

Pensée du jour

Changement de nom (Genèse 17,1-14)

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