Nous sommes invités à réfléchir (et à voter) sur notre neutralité politique, ces temps.
Dieu est-il neutre ? Je vois dans la Bible pas mal d’exemples de sentiments d’injustice lorsque le malheur semble s’acharner sur les bons et la réussite sur les méchants, Dieu serait-il injuste parfois ? En tout cas pas neutre, si c’est lui qui gouverne le monde en définitive. Mais cette réflexion ne tient pas longtemps, dans la réflexion biblique.
« Dieu fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes », dit Jésus (Mat. 5.48). Dieu est-il neutre ? Non, il sera toujours du côté radical de l’amour (c’est le contexte du passage cité), même si notre logique ne le comprend pas. Nous sommes provoqués à nous décaler de notre vision « neutre » de la justice, qui s’approche souvent du « œil pour œil, dent pour dent ». Dieu a toujours l’espoir que le méchant se détourne de ses mauvais chemins, il est incorrigible !
Les miracles de Jésus touchent des personnes de toute condition, indistinctement, là où il est accueilli sans réserve. Dans ce sens il reste « neutre », ouvert à tous sans distinction. Cependant un miracle reste… un miracle, ce n’est pas un privilège, car les croyants ne « sortent » pas artificiellement de la condition humaine commune.
Notre neutralité politique se base alors sur quelles valeurs, en résumé ? Derrière certaines prises de position, à part le dialogue offert à toutes les parties, on trouve entre autres des valeurs économiques -rester en lien commercial avec toutes les parties en conflits, sauf la livraison directe d’armements-
Mais que fera-t-on des valeurs éthiques – par exemple adopter des sanctions comme d’autres pays pour ne pas « favoriser » économiquement une agression militaire vue largement comme injuste ? La neutralité « parfaite » risque d’être assortie d’une insensibilité éthique qui est lourde de non-sens.
Frédéric Steinhauer,