Le printemps est arrivé, l’air se fait plus doux, l’on sort plus souvent au grand air. Le temps inauguré par la fête de Pâques et qui va jusqu’à Pentecôte, 50 jours plus tard, en passant par l’Ascension, est un temps particulier pour l’Eglise : le temps de Pâques, c’est la grande aération, la Grande Cure d’Air ! C’est moi qui invente cette expression, ne la cherchez pas dans la tradition…
Temps de Pâques : avec l’ouverture du tombeau dans la nuit de Pâques, c’est la grande aération du côté de l’apparente clôture de la mort. Puis l’on se dirige vers l’Ascension, 40 jours plus tard, fête de l’Air s’il en est, puisque Jésus quitte le monde visible par les nuages et le ciel. Et vient ensuite la Pentecôte, fête du Souffle, de l’Esprit, qui se répand sur les croyants en leur donnant, justement, un second souffle dans leur foi et leur témoignage public. Ainsi que dans leurs actions pour la justice et l’équité entre les gens.
Puisse notre monde, qui souvent retient son souffle de peur, de rage, puisse-t-il reprendre haleine, respirer un bon coup au lieu de continuer à s’envoyer du feu et des larmes !
La prière est notre arme, qui paraît bien dérisoire, mais elle utilise la voix, notre souffle d’air pour manifester nos luttes contre toute forme d’injustice et de violence, pour apporter un vent frais d’espérance dans un quotidien qui a souvent mauvaise haleine, qui sent le renfermé… La prière, et aussi le chant, qui comme celui des oiseaux chaque printemps, redonne de la joie et du courage. Sans oublier le silence, qui cherche la paix du cœur, dans le souffle calme du repos.
Alors, bon temps de Pâques, au grand Air de Dieu, modestement, « l’air » de rien…
Frédéric Steinhauer,