Florence Kraft

A la rencontre de Florence Kraft, notre organiste
Interview du 8 février 2024

1. Quelques mots de présentation ?
Née à Utrecht, aux Pays-Bas, tandis que mon père* était engagé par l’Eglise wallonne comme Domine (pasteur) à la Pieterskerk, j’ai fait l’essentiel de mon cursus à Genève, dès leur retour en cette ville : matu classique au Collège Rousseau, puis 1er prix de virtuosité Conservatoire dans la classe d’orgue de Pierre Segond.
Organiste titulaire en 1978 au Temple de Vandoeuvres, je suis depuis 2000 heureuse titulaire de la Paroisse de Terre Sainte – Céligny.
Devenue élève de Michel Corboz, je dirige en 1992 le chœur de Commugny – actuel EVTS –pendant 14 ans et poursuis en tant que Directrice du Chœur de la cathédrale à Genève.
Maman d’Elsa et de Matthias, j’ai aujourd’hui trois petits-enfants Evan, Matteo et Mina.
Aimant partager et transmettre, j’ai enseigné pendant 10 ans la Musique à l’Ecole R. Steiner de Confignon puis le solfège à l’Ecole de Musique de Genthod.
Elue conseillère municipale en 2003, je siège depuis 20 ans à la commission de la Culture de la Ville de Genève.
En 2011, touchée lors d’un voyage par les évènements du printemps tunisien, j’ai créé en 2013 – et préside encore – l’ association ADAPT d’aide au développement et accompagnement de projets tuniso-suisses, liés notamment au Patrimoine. La cathédrale de Tunis possédant le plus bel orgue d’Afrique, mes choristes, un ensemble instrumental et moi-même y animeront l’octobre musical en 2024, inchallah !

2. Comment êtes-vous devenue organiste ?
En tant que fille de pasteur, c’est sans doute le premier instrument que j’ai entendu. Ma mère m’a d’ailleurs avoué récemment que, lorsqu’elle m’attendait, elle souhaitait avoir une fille, et qu’elle devienne organiste ! Je ne le savais pas, néanmoins, je le suis devenue, sans que l’on ne m’y ait forcé de quelque manière et principalement grâce à Mme Janine Allanic, ma professeure de piano, elle-même organiste et virtuose, professeure au Conservatoire, qui m’en a ouvert les portes. En fait j’étais attirée en même temps par l’étude de la psychologie et des émotions, et même obtenu le certificat propédeutique à la FPSE de Genève. Mais le cumul des engagements musicaux et familiaux ne m’ont pas permis de poursuivre ces études. Toutefois, sachant que le métier d’organiste ne se limite pas au contact avec des touches mais inclut de facto l’accompagnement à travers la musique des personnes à des moments essentiels de leurs vies, tels que mariage, baptême, confirmation, enterrement aussi, je n’ai jamais regretté cette voie « coup de cœur ». Bien plus, aujourd’hui encore, chaque dimanche, en allant à mes claviers, je me demande comment j’ai fait pour avoir su si bien choisir une activité dont le plaisir et le sens se renouvellent de jour en jour ! J’éprouve la même satisfaction dans mon activité de cheffe de chœur et d’orchestre.

3. Et la foi dans tout ça ?
Une histoire de famille ! Je crois pouvoir dire, pour autant que la foi se transmette, que j’en dois l’héritage tant à ma mère qu’à mon père. Ma mère avait une approche intuitive, par la méditation personnelle, la prière, la lecture de la Bible et une ouverture à toutes les sagesses. Mon père la communiquait par le verbe, la prédication comme par sa passion de la recherche historique, du sens de la vie, des liens entre la science et la religion ainsi que des religions entre elles, des racines communes et universelles. Difficile de rester athée, au milieu de ces échanges constants sur tous ces sujets ! Qui plus est, accompagnée de la musique de J.S. Bach, et de tant d’autres guides, en tant que musicienne d’église, la foi a toujours été pour moi une évidence, une fondamentale de ma vie. La note majeure.

4. Quand il vous reste du temps libre...?
On n’a pas de temps libre quand on est musicien ! C’est un métier-passion qui vous habite, vous poursuit, le jour comme la nuit. Bien sûr, il y a aussi les moments de ressourcement en famille, avec la nature et par les voyages. J’aime découvrir et comprendre la vie, les gens et leurs cultures d’ailleurs en allant ailleurs. En revanche, je ne pense pas que je pourrais m’expatrier sérieusement, je suis toujours tellement contente de revenir ici !

* ndlr : le pasteur genevois Henry Babel (1923 - 2019)

 

 


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Pensée du jour

Ce n’est pas avec nos pères que l’Éternel a conclu cette alliance ; c’est avec nous, nous ici aujourd’hui, nous tous vivants. (Deutéronome 5.1-22 "v. 3")

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