La paille et la poutre
La récente suspension du capitaine de l’équipe suisse de football a relancé le débat sur l’exemplarité attendue de la part des personnalités publiques. La faute de Granit Xhaka : avoir acheté un faux certificat Covid en 2022. La même mésaventure est arrivée il y a quelques mois à Patrick Fischer l’entraîneur de l’équipe suisse de hockey. Rien avoir avec le football ou le hockey. Pourtant la sanction est là. On attend de la part d’un capitaine ou d’un entraîneur une probité exemplaire.
Il est parfois reproché aux croyants – et même à leurs pasteurs – de ne pas agir en accord avec leurs convictions. Et certains d’en tirer prétexte pour se distancer de l’Eglise. De même d‘autres, fustigeant ces politiciens dont l’action ne correspond pas au discours, se détournent des urnes abandonnant ainsi leurs droits démocratiques. Il ne viendrait pourtant à l’idée de personne de renoncer à une activité sportive parce que certains sportifs se dopent.
Il est vrai qu’on est en droit d’attendre un comportement exemplaire de la part de ceux qui exercent le pouvoir. Cela ne nous dédouane pas pour autant de notre propre responsabilité. Comment s’offusquer de la faim dans le monde tant qu’on n’a pas tout tenté de son côté pour en éliminer les causes ? Comment dénoncer la guerre et la violence si l’on est en conflit ouvert avec son voisin de palier ?
« Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil tu ne la remarques pas ? (Matthieu 7,3)
L’Evangile est certes une Parole à annoncer et à mettre en pratique, mais il est d’abord une Parole à vivre. Joindre le geste la parole est plus qu’une question de cohérence entre le discours et l‘action. C’est une question qui engage l’être tout entier. C’est le projet de toute une vie. Tout le reste n’est que verbiage et gesticulation.
Daniel GEHRING, octobre 2026