Retour aux sources ?

Il y a l’idée que le christianisme était parfait au début, mais qu’avec le temps, il se serait éloigné de sa pureté originelle. Cette idée des sources pures auxquelles revenir ne touche pas que les chrétiens : les autres religions et les peuples du monde y sont à plein.

Ainsi, le concept de «nation» repose lui aussi sur cette idée d’un héritage ancestral idéal. En Suisse, le patricien bernois Beat de Muralt (1725) voyait dans les traditions paysannes une pureté alpestre et une authenticité à préserver des influences extérieures (pour lui, françaises). Aujourd’hui encore les nationalismes vivent de cette angoisse de la disparition de leur identité séculaire, alors même qu’ils favorisent l’uniformisation du monde et des pratiques par leur soutien au monde des affaires, multinational et sans frontières par définition. L’exaltation de l’identité compense et anesthésie notre sensibilité à la mainmise de l’économie sur nos existences.

Pour le christianisme, c’est à la Parole qu’il faut revenir et non à un temps passé. La Parole, c’est vivant, c’est une personne : Jésus Christ, habité par un Souffle qui lui donne une portée au-delà de son propre temps historique. Ce Souffle permet à chaque génération de comprendre quelle Parole se reçoit de sa vie, de sa mort et de sa résurrection, pour ne pas se perdre dans le dédale de la «malice des temps» qu’elle traverse.

C’est ce même travail qu’il nous faut conduire en s’inspirant de leur démarche. Mais nos réponses seront les nôtres, ajustées nos défis. Reprendre leurs formules sans réflexion nous fait perdre du temps, et rater notre existence. Aussi bien personnelle que collective.

Cet article est signé par Jean-Patrice Cornaz, pasteur de l'Eglise évangélique réformée du canton de Vaud, EERV, pour la Fraternité oecuménique, Abbatiale de Payerne, son “Billet du dimanche” de septembre 2026 pour les journaux La Broye et Le Républicain


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Pensée du jour

Il n’y a de bon pour l’être humain que de manger, de boire et de voir le bonheur dans son travail ; moi, je l’ai vu, cela vient de Dieu. (Ecclésiaste 2.1- 11,24-26 "v. 24")

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