Le village de l'Abbaye en fête - 29, 30 et 31 mai
Publié le900 ans et trois jours de fête
Les 29, 30 et 31 mai, le village de l’Abbaye célébrera les 900 ans de l’arrivée des chanoines prémontés lors d’une grande fête médiévale. Nicolas Monnier, pasteur, à la Vallée de Joux, nous parle de l’importance d’un tel événement.
En l’an 1126, les chanoines prémontrés fondèrent l’abbaye du lac de Joux. Neuf siècles plus tard, le village célèbre cet héritage exceptionnel à travers une grande fête médiévale.
Le programme d’animations s’annonce copieux avec des démonstrations de tir à l’arc, des combats médiévaux, des lancers de haches ou encore un banquet médiéval. Retrouvez le programme complet de la manifestation se trouve sur le site: https://900elabbaye.ch/
Cependant, il n’y aura pas que du folklore pendant cette manifestation. La dimension spirituelle sera aussi bien présente lors des trois jours de fête, notamment avec la présence d’une délégation venue de Rome et la célébration œcuménique du dimanche 31 mai. On en parle avec Nicolas Monnier, pasteur de la vallée de Joux.
Interview de Nicolas Monnier
- Que représente, pour l’Eglise réformée de la Vallée de Joux, la commémoration des 900 ans de l’arrivée des chanoines prémontrés ?
N.M : Je trouve toujours très intéressant et instructif de connaître les prémices de l’évangélisation dans une région. Cela a pour effet de nous rendre reconnaissants pour toute cette nuée de témoins dans la foi, nuée qui a traversé les siècles jusqu’à aujourd’hui. Chaque génération a une responsabilité dans la transmission de l’Evangile et en ce sens les chanoines prémontrés ont joué un rôle de pionnier.
Mais n’oublions pas également qu’avant la fondation de cette abbaye des Prémontrés, l’histoire nous rappelle qu’un ermite, du nom de Dom Poncet foula le premier le sol de la vallée de Joux au Ve ou VIe siècle.
- Ce jubilé mêle conférences, fête médiévale, musique et animations. En quoi ce dialogue entre patrimoine, culture et spiritualité est-il important pour la vallée de Joux ?
N.M : Etant moi-même très sensible et intéressé aux traces patrimoniales laissées par nos ancêtres, je pars du principe que chaque lieu de vie s’inscrit dans une histoire souvent très ancienne et très riche. Et cette histoire est faite de différentes couches comme peuvent l’être les couches géologiques d’un sol ou d’une roche. Or, il s’avère très souvent que les liens entre patrimoine, culture et spiritualité chrétienne sont très imbriqués.
Un bon exemple d’une telle imbrication : la tour de l’abbaye, laquelle fait office de clocher du temple, est considérée comme le plus ancien édifice de la vallée de Joux. Elle a été construite en 1326, soit il y a très exactement 700 ans.
- Au-delà de la commémoration, quels échos ou quelles réflexions espérez-vous que cette manifestation suscitera chez les habitants de la région ?
N.M : Alors que les trois communes actuelles de la vallée de Joux se préparent à la fusion pour le 1er janvier 2027, il est d’autant plus important dans ces moments de transition de s’intéresser et de connaître ses racines. De mon point de vue, cette commémoration ne peut que participer à ce nécessaire processus.