La Bible, une richesse à partager
Si l’on parlait de la Bible autour d’un café ou d’un apéritif ? A Montreux, les cafés et apéros-Bible proposent de lire un texte, de l’interroger ensemble et d’en discuter librement dans une ambiance chaleureuse.
« Comment imaginons-nous la vie après la mort ? »
En ce jeudi après-midi de juin, la question est au cœur des échanges qui réunissent une dizaine de personnes à la salle paroissiale de Clarens. Claire Clivaz, pasteure de la paroisse de Montreux-Veytaux, anime ce café-Bible consacré à quelques passages bibliques sur ce thème. Les participantes et participants sont invités à partager librement leurs réflexions. L’une d’elles raconte alors son grand-père, revenu à la vie après un arrêt cardiaque. « Il disait que tout était blanc, lumineux, merveilleux », rapporte-t-elle. La discussion prend alors une dimension profondément personnelle. Vincent Demaurex, pasteur à Clarens, partage lui aussi son expérience. Chacun écoute et complète les propos des autres, dans une atmosphère empreinte de confiance et de bienveillance. Les questions sont exigeantes, les références bibliques nombreuses, les échanges nourris. Les participantes et participants connaissent bien les Ecritures, et Claire Clivaz n’hésite pas à approfondir certains passages pour répondre à leurs interrogations.
Comment permettre à des récits vieux de plusieurs siècles de parler encore aux femmes et aux hommes d’aujourd’hui ? C’est la question qui guide Claire Clivaz. Le café-Bible de Clarens en est une illustration : le groupe connaît bien les récits bibliques, et les échanges peuvent aller loin dans l’interprétation des textes. « Nous avons une richesse immense avec la Bible. Il faut simple ment bouger le curseur selon les personnes que nous avons en face de nous. » Pour la pasteure, il ne s’agit pas de modifier le message, mais de trouver la manière la plus juste de le transmettre. Dans ses cultes, elle adapte ainsi le choix des textes à son auditoire. Face à des fidèles habitués, elle peut approfondir certains passages et répondre à des questions plus pointues. A l’inverse, lors d’un culte de Pâques ou d’une célébration réunissant un public plus occasionnel, elle privilégie des récits susceptibles de rejoindre les préoccupations des personnes présentes. Parfois, cela passe par des formes plus inattendues. Lors du voyage organisé au Sacro Monte de Domodossola avec son collègue catholique Mathias Theler, le lundi de Pentecôte, les participantes et participants ont parcouru un chemin de croix jalonné de statues colorées inspirées de la « Bible des pauvres » et classé par l’UNESCO au patrimoine mondial. L’occasion de retraverser autrement le récit de la Passion, d’en explorer le sens et d’échanger. « Il s’agit de raconter autrement », résume Claire Clivaz.
Les cafés-Bible et les apéros-Bible s’inscrivent dans cette même logique. Si le contenu reste identique, le cadre change. Les cafés-Bible se déroulent en matinée ou l’après-midi autour d’une tasse de café, tandis que les apéros-Bible prennent place en soirée, dans un caveau, autour d’un verre et d’une planchette de fromage et de charcuterie au Caveau Saint-Vincent à Montreux. « Cela ajoute de la convivialité », sourit la pasteure. Les apéros-Bible attirent d’ailleurs un public plus varié. « Une dame musulmane est venue simplement pour voir comment cela se passait, raconte Claire Clivaz. Même le patron du café qui accueille les rencontres s’intéresse lui aussi aux échanges et vient volontiers tendre l’oreille, alors qu’il n’est pas un habitué de la lecture biblique. »
Cette volonté de rendre les textes accessibles se retrouve aussi dans le travail de traduction biblique. Une nouvelle édition de la Bible de Jérusalem propose déjà, depuis octobre 2025, les Evangiles et les Psaumes dans une traduction et des notes entièrement revues. L’édition complète, quant à elle, paraîtra l’an prochain. Claire Clivaz a participé à cette aventure en relisant l’Evangile de Luc et en proposant plusieurs ajustements dans le texte et les notes, retenus dans la version finale. Un travail de relecture qu’elle dit avoir adoré.
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