Une unité dans le corps et l’esprit
Publié leLe mois de janvier est synonyme d’unité chrétienne dans le monde entier. Comment se vit-elle dans la Région Joux-Orbe ? Interview de Tojo Rakotoarison, pasteur à Vallorbe, à l’occasion de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens.
En 2026, afin de nourrir l’unité en Dieu et la réflexion, c’est un verset biblique issu d’une lettre de l’apôtre Paul aux Éphésiens qui a été choisi le groupe œcuménique de chrétiens arméniens chargé de la préparation des textes pour cette année : « Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance » (4,4).
Afin de mieux comprendre comment s’articule l’unité des diverses communautés chrétiennes sous nos latitudes, nous avons rencontré Tojo Rakotoarison, pasteur au sein de l’Eglise réformée de Vallorbe.
- Que vous inspire le verset choisi pour la Semaine de prière 2026 et qui dit « Il y a un seul corps et un seul Esprit » ?
La première chose qui me vient à l’esprit, c’est cette mention du corps. Une allusion qui fait référence à l’église comme le corps du Christ selon d’autres passages du Nouveau Testament. Dans un corps, il y a plusieurs parties qui le compose et on peut voir les différentes communautés chrétiennes comme étant chacune un membre de ce corps.
Ensuite, la mention de l’esprit résonne pour moi comme une invitation à « être dans un même esprit », mais c’est également un rappel que c’est l’Esprit de Dieu, le Saint-Esprit qui vient d’en haut, qui nous aide à atteindre cette unité.
- Selon vous, où réside les principales difficultés à cette unité ?
Aujourd’hui, il existe une grande diversité de communautés et cela engendre parfois des tensions. Le verset choisi par les chrétiens d’Arménie nous invite à nous rappeler que malgré nos différences nous pouvons suivre le Christ, la tête du corps, et nous appuyer sur lui pour surmonter ces différences et construire notre avenir.
- Concrètement, comment se vit cette semaine de l’unité dans votre paroisse de Vallorbe ?
Pour la paroisse, nous profitons de cette occasion pour vivre l’unité à notre échelle. Durant la semaine, chaque communauté, catholique, réformée et évangélique invite les autres. Pendant ces rencontres, nous vivons ensemble des temps de prières et de recueillement en lien avec la thématique. Avec les autres églises du Conseil PRIE, la plateforme œcuménique de Vallorbe, nous organisons également une célébration commune.
- Pour vous, en tant que pasteur, qu’est-ce qui fait la richesse d’une telle semaine ?
Personnellement, j’apprécie tout particulièrement les rencontres avec des personnes qui vivent la foi chrétienne autrement. Ces moments permettent de tisser et d’approfondir des liens, en s’enrichissant des apports de chacun. Je me sens aussi porté et soutenu par la présence des frères et sœurs des différentes communautés présentes.
- Et le reste de l’année, comment s’articule les liens entre les communautés ?
Il y a des échanges réguliers à travers le Conseil PRIE que j’ai mentionné précédemment. Nous vivons aussi d’autres moments de partage. Pour en citer quelques-uns, nous avons par exemple la célébration œcuménique du Jeûne fédéral en septembre ou l’action « Paquets de Noël » en novembre. L’éveil à la foi œcuménique, organisé avec la communauté catholique, fait également partie de ces belles collaborations.