Vos lieux de culte

Emerveillée

L’autre jour, en me promenant dans la neige, loin de toute habitation, lorsque le jour était en train de décliner, j’ai été émue par ces traces de pattes d’oiseau. Il y a de la Vie qui est passée par là!

Merci mon Dieu pour cet émerveillement devant la Vie.

Ma prière est qu’il puisse toujours y avoir en moi, en chacun de nous:

un Espace libre à l’intérieur de nous pour accueillir ce qui nous entoure,

une Ouverture à ce à quoi on ne s’attend pas,

une qualité d’Attention et de Présence à ce qui est.
JM


Harry, Shakira et compagnie

Le premier étale sa rancœur envers sa famille et autres anecdotes biographiques, la seconde règle ses comptes avec son ex en chanson… Parce que ces personnes sont mondialement connues, on en parle et l’économie du business people tourne à plein régime (le dernier clip de la chanteuse a fait 64 millions de « vues » en 24 heures !).

Pendant ce temps, des millions d’anonymes s’activent aussi dignement que possible, agissant quotidiennement, au prix d’efforts réels, pour vivre et parfois survivre. Ils le font sans écrit, ni chanson ; sans rien demander, ni gagner ; juste avec de la volonté et du cœur. C’est là, dans le silence ou l’indifférence que se jouent tant de destinées humaines. Elles ont toutes un prix inestimable qui mériteraient un éclairage particulier. Quel contraste !

Ce contraste me questionne au sujet des mécanismes sociaux et économiques qui élèvent les uns aux yeux de tous et les mettent en lumière, jusque dans l’intimité de leur vie.

Aussi, je me sais complice du phénomène malgré moi. Et je m’interroge : de quoi mes pensées et mes échanges sont-ils nourris ? Qu’est-ce qui mérite d’être vu, lu et commenté ?  Qu’est-ce qui devrait solliciter mon attention et mes émotions ? Au fond, qu’est-ce qui fait sens et enrichit vraiment mon être intérieur, ma relation à l’autre et apporte un peu de valeur ajoutée à notre humanité ?

Au commencement de cette nouvelle année, il m’incombe de choisir la consistance que je lui donnerai. La vie est assurément trop précieuse pour se perdre dans le superficiel. La vie m’appelle vers l’essentiel, ce qui donne sens : Dieu, l’autre, le vrai, le juste, le don de soi, … Même si tout cela ne fait pas la Une des médias et reste bien peu lucratif !

 


Ces « religieux » qui m’exaspèrent…

Où que je regarde en ce début d’année, les projecteurs de l’actualité éclairent les attitudes désastreuses engendrées au nom des religions. Il y a cette guerre qui concerne les croyants de la même famille chrétienne orthodoxe, les mollahs d’Iran, les « étudiants en théologie » d’Afghanistan, les mouvements conservateurs en Amérique qui veulent mettre au pouvoir des dirigeants extrémistes, Israël et ses ultra-orthodoxes… Quelle litanie ! Les religions déshumanisent-elles ou sont-elles des prétextes faciles ? Tous ces événements interrogent ce que nous croyons et notre façon de mettre en pratique notre foi. Le reproche que l’on peut m’adresser, à moi qui suis représentant d’une religion, est légitime. Certaines façons d’utiliser la religion, loin de faire du bien, sont destructrices pour l’humanité. Qui pourrait le nier ?

Alors je m’interroge : se pourrait-il que ma manière de dire ou de faire puisse prêter à confusion ? Aurais-je parfois cédé à la facilité d’un dogmatisme rassurant et simpliste, mais finalement pervers ? Dans le genre : « Les bons de notre côté et les mauvais de l’autre… » ? Au cœur de chaque religion, le message est fondamentalement pacifique et humain. C’est ce qui fait que les religions existent encore. Et leur message interroge chacune et chacun sur sa propre responsabilité à faire le bien (Esaïe 1,17). L’histoire a montré de multiples exemples de religions perverties dont certaines personnes ont détourné le message à leur profit.

Je connais trop peu les autres religions pour pouvoir en parler. Je n’ai pas vécu dans leur culture, je ne saisis pas bien leurs références, langages et rituels. Mais en ce qui concerne la tradition chrétienne, ma foi, je vois une ligne directrice dans le message du Christ Jésus. Et cette ligne est clairement le soin porté à son proche, quel·le qu’il ou elle soit. Le critère décisif pour vivre une belle et bonne pratique religieuse, je le trouve déjà dans la tradition juive du prophète Esaïe (58) : « Le culte que je préfère, n'est-ce pas ceci : détacher les chaînes de la méchanceté, renvoyer libres ceux qu'on écrase et briser toutes les chaînes ? »

On est loin de tout dogmatisme. Une foi juste se mesure à l’attachement au bien de ses prochains.

Thierry Baldensperger, pasteur à Pâquier-Donneloye.


Niches à livre

Près d’une poste, je me cogne sur une de ces petites « niches à livre » qui fleurissent ici et là. Le phénomène n’est plus si neuf ! Bien à l’abri de la pluie, je fouille parmi quelques beaux livres mis là pour m’inviter à en prendre un, gratuitement. Rare aujourd’hui ! Et peut-être qu’après l’avoir lu, je serai à mon tour invité soit à le remettre où d’y placer une perle de ma collection.

Merci aux anonymes qui gèrent ces espaces. Ce matin encore, j’ai vu des gens à un arrêt de bus se plonger dedans pour chercher, intrigués, quelque chose.

Le fait que cela soit de l’échange, et du gratuit. Cela parle. Cela dit quelque chose de nous et de nos envies peut-être d’un monde autre, différent, de nos besoins de nous dessaisir. En fait, je ne connais pas le nom précis de ces lieux, alors j’ai mis en titre « niche à livres », mais « boîte à bouquins », « micro-bibliothèques » auraient pu fonctionner.

Savez-vous que pour les textes sacrés c’est tout pareil. La Bible est une véritable « niche à livre » dans laquelle se glisse de tout :  Roman d’aventure, histoire d’amour, récit de guerre, maître de Paix, textes de loi etc. On y puise depuis longtemps et la boîte ne se vide toujours pas. Parmi les curiosités, je viens d’y remettre une des lettres les plus courtes de la Bible, celle de Paul à Philémon. Il y a deux défis à relever en souriant : essayer d’abord de trouver ce texte, puis d’en comprendre l’histoire.

Parce que c’est beau. La lettre parle d’un esclave et de son maître, mais par la foi en Dieu, l’esclave devient un ami de son maître, même beaucoup plus, son frère. C’est gratuit ! C’est un monde différent !

François Lemrich, pasteur


Meilleurs vœux…

… sincères ou pas,
depuis plus de dix jours
ils remplacent le bonjour habituel.
Mais avec tous ces vœux,
au fond, qu’est-ce qu’on veut ?
Que recouvre au final ce mot bien sérieux ?
Cette année, les vœux sonnent utopiques et routiniers,
ils semblent vouloir régénérer le temps,
redonner un peu d’énergie à un moteur qui s’essouffle…

Permettez-moi autrement :
que les vœux soient une remise à Dieu,
une manière de vouer l’autre, les autres,
le monde et nous-même,
à Celui qui est, Lui seul, notre béatitude

Ainsi, recevez les vœux, mes vœux,
pour cette année 2023 qui s’ouvre
JcJ
Pensée du jour

Un Dieu qui entend et sourit (Genèse 21,1-21)

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