Vos lieux de culte

Temps du repos ou d’une respiration ?

Voici le temps de l’été, voici le temps des vacances ! Voici enfin le temps de prendre du bon temps. Après une dure année de labeur, nous pouvons enfin prendre du temps pour nous. Un peu à l’image de ce fameux récit de la création où Dieu, le 7ème jour, se repose.

Mais est-ce bien juste ? Dans le récit de la création, ce n’est qu’après avoir terminé son ouvrage, qu’après avoir regardé et constaté que tout ce qu’il avait fait était « très bon » que Dieu décide de se reposer, de jouir de la création qui l’entoure.

Et nous, en regardant autour de nous, pouvons-nous dire « c’est très bon » ? Je ne doute pas que pour chacun-e d’entre nous il y a eu des succès cette année. Succès professionnels ou succès dans notre vie privée, succès de relation ou succès familiaux, et pour chacun-e d’entre il y a sans doute des raison de se réjouir et de se reposer.

Mais parfois, en regardant la société et le monde qui m’entoure, je me demande si vraiment, tout est très bon. Je vois les milliers de déplacés, victimes de la folie de notre monde. Je vois les milliers de précarisés qui n’auront pas droit au repos cet été. Je vois les catastrophes naturelles qui se multiplient en raison d’un réchauffement que nous avons provoqué.

Je me rappelle qu’en tant qu’être humain, nous sommes responsable de cette création qui nous a été confiée. Je me rappelle qu’en tant qu’individu, je suis responsable de tendre la main à celui qui se tient à côté de moi, celle qui n’est pas si différente de moi.

Non, tout cela n’est pas encore très bon. Et c’est alors une autre parole biblique qui me revient en mémoire : « veillez et priez ! ».

Alors bien sûr, je prendrai un peu de repos cet été, bien sûr je profiterai du soleil et de la chaleur. Mais plutôt qu’un repos après un travail accompli, je verrai ce temps comme celui d’une respiration, un temps pour reprendre de l’élan. Car la tâche est encore grande. Mais ensemble, en nous entraidant, en reconnaissant que nous sommes tous et toutes frères et sœurs, nous y arriverons !
 

Christophe Collaud, pasteur


Vivre en invités

Alors que nous logions dans une cure, nous avions demandé à faire quelques aménagements dans le jardin. Il nous avait été répondu que c’était possible. Mais que nous devrions remettre en l’état au moment de partir. Il ne fallait pas l’oublier, nous n’étions que des locataires.

Dans la Bible, Dieu dit à son peuple et aux humains : “La terre est à moi, et vous êtes chez moi comme des étrangers et des gens en séjour.”

C’est plutôt en propriétaires que nous nous comportons, laissant derrière nous une empreinte qu’il sera difficile d’effacer.

De grands espaces transformés en paysages lunaires pour en extraire des métaux ou du charbon. La terre vivante recouverte d’une couche étanche pour que les voitures glissent sans peine.

Partout des constructions en dur. Des routes toujours plus larges. Nous nous étalons dans le paysage comme on s’affale sur le canapé devant la télévision. Aucune retenue. L’important, c’est notre confort. Notre facilité. Notre bien plaire.

La foi est un appel à la modération. Nous ne sommes pas seuls. Et surtout nous ne sommes pas les maîtres. Ce n’est pas de nos mains que ce monde est sorti. Et toutes nos prouesses techniques ne sont rien en comparaison de ce chef-d'œuvre de complexité qu’est un simple insecte - sans parler de l’équilibre et de la richesse d’un biotope.

Quoi que nous pensions, cette terre ne nous appartient pas. Nous ne sommes pas ici chez nous. Certains nous voient même comme des intrus qui feraient mieux de s’éclipser.

Mais la réalité est autre. Nous sommes des invités, puisque Quelqu’un a préparé la chambre d’ami pour nous. Montrons-lui notre considération. Déjà tout simplement en laissant l’endroit comme nous l’avons trouvé.

 

Jean-Nicolas Fell,

pasteur de l’EERV à Yverdon-Les-Bains


Pourquoi nos églises ont-elles un clocher ?

Ah, ces cloches qui nous réveillent, qui nous empêchent de dormir, au point que certains clochers ne sonnent plus les heures la nuit! Les clochers et leurs cloches destinées à appeler les fidèles au culte semblent n’être apparus près des églises, en Europe, qu’aux alentours de l’an 1000, sous l’impulsion des missionnaires irlandais.

Mais mis à part de rythmer nos journées et nos nuits, et ce rôle de réunir la communauté pour une célébration, un baptême, un mariage, une cérémonie d’adieux, il me semble que nos clochers nous rappellent, de façon consciente ou non, la dimension verticale de nos vies.
Un psychologue qui s’est interrogé sur l’impact des cloches sur notre inconscient a relevé que «la présence sonore de ces voix sans paroles exprimerait bien la volonté du Père, jamais exprimée, mais toujours présente» (J.-P. Winter). Cette «voix du Père», en psychanalyse n’est pas vraiment celle de Dieu, mais celle qui, au fond de nous, nous donne l’impression d’être soumis à une loi morale universelle sans que nous sachions clairement la formuler. Une voix que nous pouvons accepter ou contre laquelle nous pouvons nous révolter, mais c’est une voix à laquelle nous n’échappons pas, et qui nous aide à nous construire.

Ainsi, nos clochers et leurs cloches sont comme autant de «voix sans paroles», ils nous invitent à nous poser des questions telles que: quelle est la valeur du temps qui passe? Quelles sont les lois naturelles qui régissent ma vie? Est-ce que je les accepte, est-ce que je me révolte contre elles? Quelles sont les mystérieuses raisons de ma présence, ici et maintenant?

Anne-Christine Rapin,
pasteure, EERV

 


Comme le cerf-volant..

Être orientés vers le ciel,
mis en mouvement par
le Souffle de Dieu, mais
reliés à la terre ferme.
Seigneur merci pour
les découvertes, les
rencontres, le soleil, le
vent, l'activité, le repos
Parfois, notre vie res-
semble aux fils d'un
cerf-volant qu'une chute
aurait tout emmêlés.
Quelle patience pour
dévider les fils, démê-
ler les nœuds, avant
de pouvoir à nouveau
retrouver le ciel.
Seigneur nous pré-
sentons le fil de notre
vie devant toi. Nous
l'offrons à ta Grâce.
Amen


Même quand il fait chaud!

Pentecôte, c’est l’occasion de se rappeler la présence de l’Esprit-Saint comme d’un feu qui nous anime, et qui donne chaleur, vie et lumière; qui est aussi souffle à la fois doux et puissant qui réveille cette étincelle de Dieu qui brille en chacun.e de nous.

Seigneur,
même quand il fait chaud, même le temps d’un congé ou de vacances, nous avons besoin de ton feu et de ton souffle de vie qui font de nous des signes de ta présence, des porteurs de ton amour tout autour de la terre.

Amen !

ACR


Un cœur artificiel ?

Les progrès stupéfiants de l’informatique dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) n’en finissent pas d’alimenter les débats. Dans le registre des inquiétudes, un seuil a été franchi récemment lors de la démission d’un des pères de l’intelligence artificielle, qui fait penser à tel savant dont la créature finit par s’affranchir pour se retourner contre lui.

Laissons cependant le Dc Frankenstein enfermé dans les pages du fameux roman. Aujourd’hui, ce sont de multiples aspects de la société qui sont concernés par les progrès de l’IA. Le domaine médical, militaire, économique, le monde du travail et bien entendu, le quotidien. Le vôtre et le mien. Et au moment où la technologie permet la manipulation de masse, au moment surtout où nous voyons des gouvernements en faire un usage pernicieux, il est temps de s’interroger et de faire, a minima, une pesée d’intérêts.

Bien sûr, il y a de multiples points positifs dans l’usage de l’IA et comme à chaque nouvelle avancée technologique, il faut savoir prendre des mesures pour en limiter les effets néfastes. Jusqu’où peut-on aller sans perdre son âme ? Albert Einstein, à propos des conséquences possibles de sa géniale découverte, disait que « le problème de notre temps n'est pas la bombe atomique, mais le cœur de l'homme ».

Ainsi, à rebours de ces robots qui facilitent la vie de biens des gens et imitent le comportement humain, nous devons préserver le cœur de notre humanité. Aucune IA ne pourra remplacer ce qui nous fait humains. Notre cœur, au sens de la tradition biblique, n’est pas tant le siège des sentiments que le « réduit » où se préserve notre être profond. Aucun algorithme ne peut le remplacer. Au contraire, le livre du prophète Ézéchiel (11,19) exhorte à garder un cœur vivant : « Je leur donnerai un même cœur, je mettrai en vous un souffle nouveau ; j'ôterai de leur chair le cœur de pierre et je leur donnerai un cœur de chair ».

Thierry Baldensperger : pasteur EERV


Prière pour le vannier

Vanner : tisser, croiser, tisser, croiser
Pincer, plier, tirer l’osier.
Vanner : tisser, croiser et former.
L’ouvrage devient panier,
Corbeille à bois ou berceau.

Donne au vannier Seigneur la santé
Pour courir la campagne
Y tailler l’osier, le transporter
Le mettre à l’abri et le transformer.

Donne au vannier Seigneur la satisfaction
Du travail bien accompli,
La joie de la transmission du savoir,
Le bonheur d’être en lien avec des inconnus.

Donne au vannier Seigneur ta bénédiction
Pour lui et les siens, ta protection
Qu’il reste cet homme plein de sagesse
De philosophie et d’humilité.

tha


Histoires de paniers

En travaillant l’osier pour apprendre à confectionner un panier, je me mets à voyager. Des récits et des contes de paniers s’invitent dans l’écurie.

Dans ma tête, des personnages se dessinent : un tout petit camouflé dans sa corbeille en osier lâché sur le bord du Nil ; un esclave enfermé au cachot avec des rêves de corbeilles et dont le Ciel lui souffle des interprétations ; un apôtre sauvé in extremis fuyant son ennemi planqué dans une corbeille descendant la muraille de la ville ; douze paniers pleins de restes après avoir nourri une foule de 5000 personnes ; des corbeilles pleines de têtes coupées de 70 hommes ;  une petite fille traversant les bois pour rejoindre sa grand-mère malade malgré le loup ; une veuve envoyant son fils avec un panier de pêches pour obtenir la privilège de marier la princesse…

Quel voyage ! En manipulant l’osier sous la guidance attentive du maître-artisan, je me surprends à être rattrapée par tous ces récits et contes. Le fait d’expérimenter des choses dans son corps avec son cœur ouvre des fenêtres insoupçonnées. Peut-être y penserez-vous lorsque vous charrierez vos corbeilles pleines de bois pour chauffer un soir de pluie froide ? Ou bien lorsque vous coucherez le nouveau-né dans son Moïse ? Ou quand vous étendrez la lessive au soleil ? Ou d’ici 2 à 3 semaines lorsque vous suspendrez les paniers à cerises aux branches chargées de fruit ?

C’est bon de vivre ces moments  qui nous relient à l’Histoire, à celles et ceux qui nous ont précédé et au sens que cela nous inspire. Entre récits et contes,  il y a matière pour être revigorés dans l’imaginaire. A présent, guettons ces gestes du quotidien pleins de banalité et ouvrant sur des reliefs possibles inattendus.

Laissons-nous nous surprendre, je vous souhaite de belles découvertes.

Thérèse Aubert-Petermann diacre Précarité


Espérance

La haie était comme les nouvelles,
trop de noir, rien que du gris…
Que s’est-il passé pendant la nuit ?

Cadeau du ciel
elle a explosé sans bruit.
Entre blanc et vert 
la nature s’est couverte de vie.

Pour le vaudois que je suis
ce sont les couleurs salutaires
celles qui chantent 
ma liberté, ma patrie…

Bien sûr, le noir et le gris 
ne sont pas partis,
mais l’espérance les a réduits :
le printemps est plus fort. 

Et cette exubérance de Vie
je l’entends qui nous dit :
« paix mes amis, et grâce aussi ! »

Ce matin de printemps,
la Bonne Nouvelle, était là !
A Toi mon Dieu, Merci

JcJ


Un lieu qui ne peut plus nous enfermer

Que croyons-nous pour notre vie après la mort ? L’image traditionnelle issue du Moyen-Age de l’enfer et du paradis, n’a plus la côte. Aujourd’hui, notre société cherche plus à proposer un modèle universaliste. Lieu unique généralement situé dans les cieux, ou alors réincarnation : concept qui compris un peu trop rapidement à l’avantage d’offrir à chacun et chacune une vie nouvelle.

Le christianisme, même s’il a tenté de le faire, ne définit pas précisément la vie après la mort. La seule chose qu’il en dit, c’est que la mort a été dépassée, qu’elle n’a plus la possibilité de nous enfermer.

Cette année, à l’occasion de Pâques, je me suis beaucoup laissé porté par l’icône de la descente aux enfers. Agé de plus de mille ans, on y voit le Christ, descendu au royaume des morts, tendre les mains à Adam et Eve afin de les relever. Sans vouloir relater un événement historique, l’icône affirme que le Christ, vient chercher chacun, chacune, quelle que soit son histoire. Relevant le premier couple de l’humanité, c’est l’humanité tout entière que le Christ relève.

Au pied de Jésus, les portes des enfers ont été fracassées. Son passage au royaume des morts n’est pas qu’un événement ponctuel, il engendre une ouverture : des portes qui ne pourront plus être refermées. A nouveau, l’image me parle d’universalité. Ayant ouverts définitivement les portes, nul ne pourra plus être limité par la mort.

Aux côtés d’Adam et d’Eve, se trouve plusieurs personnages. Entre autres, il y a Abel, la première victime de meurtre de l’humanité. Il est la figure de l’innocent victime de la violence du monde. Au travers de lui, on peut voir tout ceux qui sont morts injustement. L’icône reconnait la violence et l’injustice avec laquelle la mort nous frappe, nous et ceux que nous aimons. Abel est remis debout par le Christ, lui aussi. Lui aussi il est appelé à une vie nouvelle qui ne sera plus limitée.

La résurrection semble parfois un concept désuet et vide de sens concret. J’y vois moi un appel à la liberté : une affirmation que rien ne peut nous limiter, pas même les portes des enfers !

C. Collaud, Pasteur EERV.


Je te guette

 

Le printemps fait ses premiers pas
et moi je guette ton arrivée.
Fidèle, à ta place, tu es là.

Toi, la primevère
un peu esseulée,
qui me fait signe et
dire oui à
vivre l’instant présent,
à rendre grâce à Dieu
pour celui-ci.

Toi qui est une
des premières fleurs
qui annonce l’éveil de la nature,
en te regardant,
je pense à ce matin de Pâques,
gravé à jamais.

Seigneur, par ta résurrection,
tu offres la vie.
Tu nous invites
à être en harmonie
avec toi, avec elle.

Pâques, ce n’est pas un jour,
c’est vivre chaque instant
pleinement avec toi.

SJB


La vigne pleure

On dit que la vigne « pleure ». Quand une branche a été retranchée, un peu de sève apparaît sur la plaie. Mais la taille favorise la vie, une vendange abondante. Marie de Magdala pleure la séparation, mais peu après apparait le Ressuscité, le Christ, la vraie vigne. FvB

 

« Ne vous a-t-on jamais ressuscité ?….

Avez-vous expérimenté la puissance de vie qui jaillit dans un sourire, dans un pardon, dans un accueil, dans une communauté véritable ?

Comment croire à une résurrection future si vous n’avez pas l’expérience de résurrections immédiates ?

Comment croire que l’amour est plus fort que la mort s’il ne vous a pas rendu vivant ? S’il ne vous a pas ressuscité des morts ? Amen. »  (Louis Evely)

 


L’Espoir ou l’Espérance ?

 

Il y a l’Espoir de construire un monde bienveillant, de trouver une réponse aux crises climatiques, de proposer des solutions plus humaines pour les migrants, ou tout simplement l’espoir de rester en bonne santé, d’avoir un travail épanouissant, des proches heureux et de beaux moments de joie… L’espoir, c’est ce qui nous fait agir chaque jour.
Mais qu’arrive-t-il quand l’Espoir est remplacé par le doute, et que nous nous mettons à nous poser la question : est-ce que nous allons vraiment vers le beau ? Et voilà que l’Espoir est remplacé par le Désespoir… Tout devient noir, terne, et n’a plus de saveur dans la vie.
C’est au moment où je prends conscience que je n’ai pas la maîtrise de ce qui peut survenir, que peut naître l’Espérance. Lorsque je réalise que dans la vie, comme dans la mort, c’est Dieu qui a le dernier mot. Dès que je l’accepte, je sens monter en moi une force immense, qui était là depuis toujours, qui me libère et qui va changer mon horizon.

L’Espérance est un chemin* que Jésus a ouvert pour nous en passant de la joie de son entrée à Jérusalem, acclamé comme un roi par la foule, en allant jusqu’à la croix et à la mort : là, tout semblait fini, tous les espoirs de grandeur, de victoire, d’ambition. La résurrection au matin de Pâques survient, impossible, incompréhensible… C’est de cet événement que Dieu fait naître l’Espérance, et libère celui qui met sa confiance en Lui.

Anne-Christine Rapin,
pasteure, EERV

* “En chemin”, 2 recueillements les 4 et 5 avril, de 19h15 à 19h45 à l’église de Champvent; et une célébration avec les enfants, à vivre tous ensemble, le 6 avril à 19h à l’église de Montagny (avec Sainte-Cène).

Pensée du jour

Genèse 17,1-14

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