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Fragile

Un père, une mère, un petit enfant sur un fragile esquif… et un palmier! Le tout en bouchons de liège. Quelle belle idée pour représenter le message de Noël!

Seigneur,

A Noël, tu viens dans la fragilité d’un petit enfant balotté sur les eaux de la vie, comme nous le sommes les un.e.s et les autres. Nous ne savons pas encore comment va se passer ce Noël, ni ce que va nous réserver l’année 2022.

Toi, tu nous dis que tu es avec nous, chaque jour, quoiqu’il advienne. Tu nous invites à la confiance, et tu nous dis : « Paix sur la terre ! »

Comme les petits personnages bénéficient de l’ombre du palmier, donne-nous de nous sentir protégés à l’ombre de ta présence et par l’infini de ton amour.

Amen!

ACR

A Noël, qu’allez-vous mettre au monde ?

Noël signifie « naissance ». C’est un repère festif dans la succession des saisons, placé symboliquement au moment où, dans notre partie du monde, la lumière « renaît » au début de l’hiver. C’est aussi un repère dans le déroulement de l’Histoire, l’an zéro de l’ère dite chrétienne. Il y a un avant, il y a un après. A Bethléhem, cette année-là, Dieu s’est « mis au monde », dans des circonstances en même temps attendues -des signes reconnus dans les écrits des prophètes de la Bible pour un accomplissement en ce temps-là- et inattendues : une cohue de gens en voyage de recensement, un débordement de demandes dans les lieux d’hébergement, au point qu’une mangeoire est devenue le berceau du Nouveau-né.

Dieu s’est manifesté là où finalement peu de gens l’attendaient, par respect et honneur envers les plus humbles, et par défiance envers les puissants, politiques ou religieux. Il fallait du neuf. Parce que son projet pour l’humanité avait été usé par des siècles de traditions, de règlements, de hiérarchies injustes. Et souvent confisqué par des gens de pouvoir, qui s’octroyaient des « droits divins » !

Il fallait du neuf, pour faire renaître son projet. Surprendre. Pour faire naître aussi une nouvelle espérance qui allait ouvrir sur une « naissance », un cran plus loin, à l’autre bout de l’existence. Au-delà du tombeau, un jaillissement de nouveauté, un défi à la raison et à la foi. La Vie remise en liberté. Inédit dans l’histoire. Noël et Pâques sont des fêtes de naissance.

Aujourd’hui, où en est-on ? Dieu nous invite à poursuivre encore et encore son projet d’humanité, « enceints » de son amour à faire naître aujourd’hui et chaque jour. Dans tout lieu du monde, de la mangeoire au palace.

 

Frédéric Steinhauer, Eglise réformée (EERV).

Miro Zbirka

Ce nom ne vous dit certainement rien. C’est celui d’un chanteur slovaque, un des plus populaires du pays. Il est décédé le 10 novembre de cette année d’une méchante pneumonie. Il avait 69 ans.

Vous n’avez certainement jamais entendu parler de lui. Et il est également peu probable que vous entendiez un jour l’une de ses chansons. Alors pourquoi lui consacrer ce billet ? Tout simplement parce que c’était une belle figure. Un homme qui a vécu sa vie avec une vraie élégance. Sans jamais trébucher. Sans jamais dévier. Et cela n’est pas si courant.

Il y avait chez lui une droiture naturelle, et aussi sans rigidité. Jamais rien de forcé. Toujours le sourire. De la bienveillance. De la légèreté. À des années-lumière de l’hypocrisie et de la brutalité de Tchécoslovaquie communiste où il vivait.

Dans un de ses grands succès, il parle des oiseaux des champs. Mais on peut y entendre un appel à prendre nous-mêmes de la hauteur et dépasser ce qui est petit et mesquin.

« Ils fuient le piège des belles paroles, le filet des promesses trompeuses ». « Ils ne mendient pas, ne demandent pas plus que ce que donne l’épi. » Et c’est ainsi que, « même si l’on ne peut pas l’emporter définitivement sur la gravitation terrestre », il vaut la peine de s’élever au-dessus, en déployant ses ailes.

C’est ce même appel à dépasser les conflits stériles et l’étroitesse de nos vues humaines que l’on retrouve dans une de ses dernières chansons.

« Celui qui a en lui un monde de pureté n’a pas craindre les paroles mensongères et les mots pleins de bassesse. Il ne risque pas de tomber. » « Celui qui croit à l’amour ne fait pas de mal aux autres. Il ne pactise pas avec le diable. Il n’en a pas besoin. »

Et la chanson de se terminer par cet appel : « Telle la clé : aimer les gens. Mets-y-toi tout de suite, avant qu’on ne coupe le courant […] Je te le dis : essaie seulement et aime quelqu’un vraiment. »

Des paroles qui touchent au cœur. Tout simplement parce qu’elle étaient vécues et qu’elles venaient du cœur.

 

Jean-Nicolas Fell

pasteur de l’EERV à Yverdon

Châtaigne ou marron Lequel est bon ?

Evidemment celui qui est dans la petite coque brune sans piquants

La nature veut nous protéger

Son message est clair :

Attention danger,

Pas comestible, ne pas toucher.

Même si ma mémoire vient à oublier,

La sensation douloureuse au bout de mes doigts

Me le rappellera !

 

Et pourtant, non

C’est tout le contraire, le bon à manger

C’est bien celui qui est gardé

Au cœur d’une boule piquante

 

Et à moi de comprendre :

Nos bonnes choses à nous se doivent parfois

De rester enfouies

Dans le jardin de nos cœurs

Pour que rien ni personne ne peuvent les dévorer

 

Merci Seigneur de nous donner d’être vigilants

Et de prendre soin du précieux en nous.

tha

L'Avenir

C’est le nom avec majuscule de nombre de fanfares ou harmonies romandes. On trouve une « Rue de l’Avenir » à Delémont, à Sion, au Locle et même près de chez nous, à Yverdon.  Le mot fleure bon les lendemains qui chantent, l’avenir radieux et le temps où on y croyait. Mais de nos jours, l’avenir (pour autant qu’il y en ait un) parait plombé par les catastrophes en cours ou imminentes. De tout temps, l’avenir peut être porteur d’espoir et de peur, de confiance et de préoccupation. 

 

Peut-être que distinguer le présent et l’avenir est un héritage de la pensée biblique.  Le présent n’est pas illimité. Mais cette limite n’est pas fermée : la fin du temps présent est ouverte sur demain. L’espérance est une forme d’attente de ce qui est encore à venir. On espère une ouverture dans tout ce qui parait fermé ou inéluctable.

 

Dès la Genèse, le récit de la création en sept jours est tendu vers l’avenir.  L’horizon d’attente se porte sur la fin, le dernier jour, lorsque Dieu a achevé son œuvre. D’une certaine manière, c’est une réalité à venir, qui est encore devant nous.  A la fin, la Bible termine avec ce verset : « Viens, Seigneur Jésus, viens bientôt. »  (Ap. 22, 20).  Tout a été créé dans la perspective de cet avenir. En attendant sa venue, des signes nous permettent d’espérer, d’attendre. Par exemple, la paix relative que nous ressentons autour de nous sont un avant-goût de la paix à venir.

 

Jésus dit « Mon heure n’est pas encore venue ». Autrement dit : le temps présent est mis sous tension par une heure qui est encore à venir. Le présent ne se comprend pas uniquement à la lumière de ce qui est révolu, un passé qui empoisonne parfois le présent.  Mais le présent se vit aussi à la lumière de ce qui est encore à venir. « … Mais elle est déjà là » : d’une certaine manière, ce temps à venir est déjà là.

 

Baptiser une société de musique : « L’Avenir », cela dénote la confiance, une certaine espérance. Un autre discours actuel prédit un avenir sombre avec des bouleversements et des changements catastrophiques. Cet avenir fait peur, démoralise et induit la résignation.  Ne serait-il pas possible d’imaginer que ces changements annoncent un avenir avec de la joie et du plaisir ?  Parler d’un avenir qui fasse envie, qui alimente le désir d’un changement, d’une création nouvelle. C’est sûr : il y aura du changement, et il sera peut-être douloureux. Mais l’avenir est celui d’une terre plus vivable, avec des paysages plus variés, plus de nature et moins de bâti, des ressources plus renouvelables, plus de respect pour l’environnement.  L’avenir sera à un mode de vie qui laissera moins de traces de destruction derrière lui. Et dit ainsi, ça deviendrait une belle histoire d’avenir.  Mais pour la raconter, il faut des langages qui mobilisent : la langage de l’art, le langage de la science au service de la vie, le langage de la religion qui tous peuvent raconter l’espérance.

Frans van Binsbergen,

Pasteur EERV - Yvonand

Miro Zbirka

Ce nom ne vous dit certainement rien. C’est celui d’un chanteur slovaque, un des plus populaires du pays. Il est décédé le 10 novembre de cette année d’une méchante pneumonie. Il avait 69 ans.

Vous n’avez certainement jamais entendu parler de lui. Et il est également peu probable que vous entendiez un jour l’une de ses chansons. Alors pourquoi lui consacrer ce billet ? Tout simplement parce que c’était une belle figure. Un homme qui a vécu sa vie avec une vraie élégance. Sans jamais trébucher. Sans jamais dévier. Et cela n’est pas si courant.

Il y avait chez lui une droiture naturelle, et aussi sans rigidité. Jamais rien de forcé. Toujours le sourire. De la bienveillance. De la légèreté. À des années-lumière de l’hypocrisie et de la brutalité de Tchécoslovaquie communiste où il vivait.

Dans un de ses grands succès, il parle des oiseaux des champs. Mais on peut y entendre un appel à prendre nous-mêmes de la hauteur et dépasser ce qui est petit et mesquin.

« Ils fuient le piège des belles paroles, le filet des promesses trompeuses ». « Ils ne mendient pas, ne demandent pas plus que ce que donne l’épi. » Et c’est ainsi que, « même si l’on ne peut pas l’emporter définitivement sur la gravitation terrestre », il vaut la peine de s’élever au-dessus, en déployant ses ailes.

Devenir des photophores ?

Beauté et ambiguïté de l’automne qui mêle clarté et obscurité, abondance et vide, ainsi qu’un bouquet de couleurs inimitables dans leurs variétés et nuances.

Suite aux récoltes, la transformation de la nature annonce une sorte de mort, où se prépare à nouveau la Vie.

L’automne nous apprend l’humilité des passages difficiles : un jour je possède, un autre je me dépossède.

En tout temps, Dieu des quatre saisons, aide-nous à nous laisser habiter par Ta Lumière.

Amen / SG

Avant-goût de Toussaint

Voici un drôle de panneau à proximité d’une église de la région. L’interdiction générale de circuler est complétée par le rectangle blanc :  on ne passe pas, mais pour revenir au village après un service funèbre, on peut passer.

Tout à coup, le chemin normalement fermé dans les deux sens s’ouvre. Ce qui était fermé est devenu passage. Pâques ne dit rien d’autre et à la fin du mois, nous le rappellerons aux familles endeuillées : la mort n’a pas le dernier mot.

FvB

Produire, utiliser, jeter !  Puis recommencer. Il semble que pour beaucoup, ce soit le seul but de la vie et des efforts quotidiens. On tourne en rond. Mais pourquoi donc ? Serait-ce pour combler les espaces ouverts par nos questions existentielles, qui nous font un peu peur ? Dommage, ce sont de beaux défis de pensée. C’est un des aspects de la spiritualité : penser pour donner sens. Du bon sens. Pourquoi les verbes être et penser nous font-ils peur, et les verbes avoir et faire nous séduisent-ils tant ?

On donne beaucoup d’énergie à faire un tas de choses, quitte à être surmenés. Même nos noms ou prénoms, une part de nos identités, sont souvent tirés de métiers (Favre l’ouvrier, Georges l’agriculteur, Masson le constructeur, sans parler par exemple des noms allemands comme Schmied le forgeron, Beck le boulanger, Maurer le maçon, Steinhauer le tailleur de pierres…).

Ceux qui ne parviennent pas à suivre ce rythme sont considérés souvent comme inutiles, à peine dignes de recevoir le minimum vital.

Et voici qu’une pandémie freine le tout. Le premier choc passé, on fait tout pour repartir comme avant ! J’ai vu, un de ces derniers matins, sous un ciel qui n’était plus très bleu, que les seuls nuages étaient les très nombreuses traînées des avions….

J’ai aussi été saisi par le témoignage d’un ingénieur au service d’une grande entreprise internationale, qui a travaillé dur pour améliorer le rendement de son usine.  Un jour, lors de la visite du « big boss » américain multimilliardaire, il voit ce dernier parcourir rapidement les ateliers de production en saluant à peine les employés au garde-à-vous.  Cet ingénieur s’est dit alors que les efforts du personnel pour augmenter encore les performances serviraient en grande partie à faire gagner un ou deux milliards de plus à cette personne... Il a changé de travail.

Mon idéal : réduire le temps de travail, ouvrir plus d’espaces pour être et penser, et construire l’économie qui va avec. L’idée n’est-elle pas de durer, et non de tout consommer en très peu de temps ? Pour respecter le rythme de la Terre, pour qu’elle tourne rond, à sa vitesse naturelle et pas à la nôtre.

Frédéric Steinhauer, pasteur EERV, Ste Croix

Le mariage pour tous est une question civile et non une question religieuse. Il s’agit d’un choix de société, de construction sociale. Bien sûr, la question religieuse en découlera par la suite, les communautés religieuses devront elles aussi se positionner face à leur manière d’accueillir et de bénir ces unions. Mais dans un premier temps, la question qui nous est posée dimanche, est civile.

Or tant l’église réformée que l’église catholique ont pris position officiellement face à cette question. Et plus intriguant encore chacune a pris une position différente. Le message du Christ véhiculé par les églises chrétiennes serait-il différent ? En regardant les sondages et en écoutant les échanges au sein de ces églises, il faut aussi constater que les avis sont partagés et que bon nombre de fidèles ne respecteront pas la consigne de vote de leur église, d’un côté comme de l’autre.

Alors à quoi bon ? Est-ce que finalement, sur bien des sujets politiques, l’Évangile ne pourrait pas dire tout et son contraire selon la manière dont on l’interprète ?

Alors à quoi bon ? Pourquoi les églises, de moins en moins fréquentées et écoutées auraient encore leur mot à dire dans le débat politique ?

Pour ma part, ma foi a toujours été liée à un engagement politique. Le surplus de sens qui m’est apporté par l’Évangile se traduit en moi par une volonté d’engagement et de témoignage. D’une part un engagement qui peut prendre des formes politiques, d’autre part un témoignage qui ne cachera pas ce qui fonde mon action.

Je perçois que l’Évangile nous invite à être entier et affirmé, c’est ce que je crois. Alors, dans une société où l’on est invité si souvent à segmenter sa vie, ne pas mélanger ses engagements politiques, sa vie privée, virtuelle, spirituelle et sa vie professionnelle, je crois que le message que j’entends, moi, rappelle cette importance de l’unicité de notre être, cet appel à être un. Entier ! Comme un cadeau.

Bien que peu écoutées, bien que divergentes dans leurs avis, les églises ont cette qualité de la personne. Quand bien même leur lecture de l’Évangile les invite à se positionner d’une manière différente, elles ont le devoir de le dire. C’est ce qui est intriguant, dans cette questions civile, passionnant, et nous invite à la réflexion.

Chrisophe Collaud, pasteur à Yverdon-Fontenay-les Cygnes

Donne ton pain, à ceux qui ont faim, et donne faim de toi à ceux qui ont du pain, car toi seul, Seigneur, peut rassasier notre désir.

Donne ta force à ceux qui sont faibles et l'humilité à ceux qui se croient forts, car toi seul, Seigneur, es notre force.

Donne la foi à ceux qui doutent et la confiance à ceux qui ont peur.    

Donne nous ta lumière et ouvre nous à plus de solidarité envers les pauvres, les opprimés et  les personnes vulnérables.

Face à cet énorme défi des ODD, donne-nous de reconnaitre que tu es au-dessus de tout et que par toi, tout est possible pour un renouveau et un meilleur avenir possible. GND

Se désencombrer de l’inutile, tel ce vide galetas dans la paroisse du Mont-Aubert.
Se détacher, se séparer de tout ce qui m’embarrasse, me freine et alourdit ma marche.
Faire preuve de renoncement et de lâcher-prise, afin de vivre toujours plus simplement.
Car la vie ce n’est pas avoir et obtenir mais être et devenir (M. Loy).

C’est le principe de la montgolfière : s’alléger pour aller plus haut.

Au nom de Celui qui s’est totalement dépouillé pour nous donner sa Vie (Philippiens 2, 6).

 

SG

 

Se soulager d’une épine…

À l’intérieur de l’église
médiévale de Grandson,
un des chapiteaux de la nef
symbolise les êtres souffrants.
Le tireur d’épine est l’un d’eux.
Impressionnantes sa souplesse,
son attention pour retirer
l’épine de son pied !
Se tirer l’épine du pied,
se tirer d’affaire seul :
pas toujours évident !
Conseils, soins
sont des appuis bienvenus.
Un tireur d’épine attentif.
Un lieu qui invite
à se poser, à méditer, à prier.
Pas de se contorsionner
corps, esprit,
mais se sentir allégé
par ce Père qui a permis
qu’une couronne d’épines
soit posée sur la tête de son Fils.
Toutes ces épines
qui entravent nos vies !
sjb

Les nouvelles du monde...

Les nouvelles du monde ne sont pas bonnes et affectent mon humeur et mon moral.

Une inquiétude profonde qui, pour mes proches, me fait ressembler à un cactus. Ne pas s’approcher !

Mais qu’en est-il de ma foi ? Peut-elle m’aider maintenant ? Il faudrait que je creuse encore un peu plus pour rejoindre ce qui fonde ma vie : l’amour de Dieu pour le monde et l’humanité. Alors, même si les épines restent, quelques fleurs d’espérance pourront naître.

T. B

Immensité de silence
Repos, replat à marée basse
Mouvement constant du temps qui passe

Fracas de Ton amour
Rugissement de Ta colère
Le coeur humain
Qui désespère

Soif de Ton pardon
Vague d’espérance
Ton souffle
Qui danse

Marcher dans les cailloux à Ta rencontre
Se perdre dans les méandres

S’enliser dans le sable
T’oublier, se sentir coupable

Mer infinie de douceur
Qui vient à nous
Chasse les pleurs

Nager
Dans l’océan de Ta tendresse
Immense

Amen.

SM

Sur un air de Trenet

C’est saisissant ! Sur l’affiche rouge, géante, la femme au visage dissimulé regarde les passants, masqués du cou à la racine du nez et protégés jusqu’aux sourcils du froid glacial sous leurs bonnets ou capuchons. Le tableau fait un effet bœuf ! L’affiche anti-burqa semble rire des passants congelés, se moquer de ces personnages de Giacometti aux visages cachés, qui défilent à grandes enjambées. On dirait une scène de film de Chaplin : tous ces dissimulés dessinent comme une grotesque parade militaire.
Et il y aurait de quoi s’amuser si le grotesque ne se conjuguait avec l’absurde, pour finir dans l’indécent. Alors que tant de défis requièrent désespérément notre unité et notre solidarité, nous voilà appelés à nous disputer pour de nauséabondes futilités. Bas les masques ! J’entends Trenet : « la Java du diable » vous vous rappelez ? Avec ici, pour mélodie, une fausse question sur une fausse solution pour résoudre un problème inexistant ! Des broutilles pour semer la bisbille. Le coup est bien joué. L’objectif de gagner du terrain en marquant les esprits, à tout prix, est atteint !
Je suis très interpellé et assez désespéré. Alors que les difficultés du temps rappellent les heures sombres du siècle dernier, nous sommes toujours à nous bagarrer dans le préau à l’heure de la récréation. Et j’y suis aussi ! Alors que nous avons tant besoin de nous serrer les coudes pour tenter, ensemble, d’apporter au cœur du monde un peu d’humanité.
« Que ton règne vienne… » j’insiste plus que jamais sur ce verset du Notre Père. Voulez-vous m’aider ?
Jean-Christophe Jaermann, pasteur paroisse du Balcon du Jura

Et les masques pour les chiens?

Il y a les « pour » et il y les « contre ». Les uns et les autres ont de bons arguments.
Et petit à petit, on finit par se s’identifier à un groupe. Réflexe grégaire et rassurant.
C’est nous qui avons raison. Et comme d’habitude, nous finissons par avoir raison contre les autres.
Et ceux-ci se disent la même chose…
Je suggère d’entendre à nouveau l’ancienne sagesse de l’Ecclésiaste dit aussi Qohélet :
« il y a temps pour tout, un temps pour porter le masque et un temps pour ne pas le porter… »
T.B.

Une page blanche

Voilà, c’est mon tour d’écrire un billet pour cette page. Et je sèche. Il y a mil choses dont je pourrais parler…
Je pourrais écrire sur le soleil si lumineux ce matin et le froid qui s’installe, comme il est de mise en février, et qui fait apprécier d’autant plus la douceur de nos maisons, et la chaleur des relations, fussent-elles téléphoniques ou épistolaires.
Je pourrais écrire sur les scrutins du mois prochain, sur les sujets qui fâchent et à propos desquels il faut réfléchir soigneusement, pesant l’équitable et l’économique, le respect et l’opportunisme… Sur toutes ces personnes qui s’engagent en se présentant sur les listes des Municipalités ou des Conseils, pour œuvrer au bien de tous.
Je pourrais écrire sur les déclarations d’impôt qui nous obligent à mesurer ce que nous sommes, en termes d’avoir et d’être. À réaliser ce que nous devons payer à la société et ce que la société nous offre.
Je pourrais écrire sur la vaccination en cours contre le coronavirus, sur ce vaccin dont trop de gens se méfient,

alors que le vaccin qui garantit du virus ebola depuis deux ans est composé avec la même technologie. Sur ce vaccin que l’on pourrait proposer en priorité – une fois les plus âgés, les plus exposés, et les plus fragiles vaccinés – à ceux qui travaillent dans la restauration et aux commerçants, histoire de rendre plus facile la réouverture de leurs établissements.Je pourrais… et en fait, j’écris. J’écris ainsi sur la vie qui va. Sur nos chemins de pensée et de décision de chaque jour. J’écris sur toutes ces questions, ces découvertes, ces bonheurs ou ces heurts qui font la vie, qui font que la vie est belle et importante à vivre, à chaque instant.Et qu’elle nous est donnée, comme notre capacité de réflexion, notre intelligence, notre savoir-vivre ensemble nous sont donnés, c’est ma foi, par notre Dieu. Dieu qui nous met debout et nous lance dans la vie, comme un parent laisse aller l’enfant qui se risque à marcher pour la première fois. Lequel enfant sait que le refuge des bras ouverts reste toujours disponible !
Sophie Mermod-Gilliéron, pasteur

La grève de Salomon n'a servi à rien

Les démarches des assoc n’ont servi à rien
La demande du comité contre la torture n’a servi à rien
Le soutien des amis n’a servi à rien
Absurdité et désespoir
Solomon a été renvoyé de force en Ethiopie
Pays déchiré par les conflits et violences
Après des années en errance
Et d’autres à l’aide d’urgence
Retour au triste pays
Absurdité et désespoir
Sa sœur peut rester ici
Sa petite nièce l’appelle jour et nuit
Qui entend leurs pleurs et leurs cris ?
Peut-être toi Seigneur ?
Donne-nous d’y croire un peu
Et bénis mon frère Solomon, le malheureux.
C’est la plainte de mon cœur. Amen tha

Fait Divin

On dit bien : « Quand tu ne sais pas trop comment gérer tes problèmes ou tes émotions, il faut prendre de la distance. » Mais dans le feu de l’action ce n’est pas toujours facile à faire. Il faut faire une pause, s’arrêter, réfléchir, se promener peut-être.Lever les yeux, voilà une autre expression utilisée pour motiver quelqu’un de triste ou trop soucieux.« Je regarde vers les montagnes : d’où viendra mon secours ? ». Ainsi commence le psaume 121. Les montagnes, depuis toujours associées à un lieu où est Dieu. Prendre de la hauteur, élever notre âme pour notre bien, n’est-ce pas se rapprocher de Dieu, secouriste confirmé pour nous tous ?TG

Que tous soient un

Avez-vous remarqué le nombre d’Églises qu’il y a à Yverdon ? Près d’une quinzaine. Une belle richesse, pourrait-on penser. Et pourtant, souvent, ce que l’on ressent, c’est une grande division. Alors la question se pose : « Mais pourquoi ne se mettent-ils pas ensemble, plutôt que de faire chacun sa cuisine dans son coin ? » 
Seulement, beaucoup de gens vivent leur foi au moins autant sur le mode du refus que sur celui de l’adhésion. Des protestants se montrent ainsi tout feu tout flamme pour condamner le Vatican. Mais ils sont beaucoup plus modérés quand il s’agit d’étudier la Bible ou de prier. 
Dans ces conditions, comment envisager un rapprochement ? « Le plus simple, ce serait que les autres reconnaissent leurs erreurs et se rallient à nous ! » On ne verrait alors qu’une seule tête comme à l’armée : l’unité parfaite ! 
Seulement, est-ce vraiment de cela que Jésus parle lorsqu’il dit dans sa prière : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi » ? L’Église comme une grande fête de gymnastique, avec des milliers de personnes parfaitement synchronisées faisant exactement les mêmes mouvements au même moment ?

Il ne faut pas se méprendre : l’unité, ce n’est pas l’uniformité. La Bible la voit plutôt comme une interdépendance : des liens qui se multiplient et s’entremêlent. C’est la fameuse image du corps, avec des organes très différents qui collaborent étroitement sans même s’en rendre compte. Tout le contraire d’une rivalité : une complémentarité. 
Nous vivons dans un monde où la diversité est toujours plus importante. Et il n’est pas rare que cela soit une source de tensions. Parce que l’on se sent en compétition, en concurrence. 
Il serait beau que les chrétiens apportent le témoignage d’une harmonie possible, basée sur le respect mutuel. Une harmonie mettant en valeur les différences, plutôt que de chercher à les supprimer. L’unité, non pas comme un concept, mais comme une vie ensemble. Comme une écoute. Comme un échange. 
Jean-Nicolas Fell  
pasteur de l’EERV à Yverdon-les-Bains 

Percée de lumière

Je me demande si les arbres ont autant de peine à se frayer un chemin dans l’air, avec leurs branches enchevêtrées, que dans la terre avec leurs racines sinueuses… Mystère botanique.  Notre vie à l’air libre contient tout de même pas mal d’obstacles à contourner, des tempêtes à traverser. Il faut aussi avoir des racines solides et leur chemin peut être dur et sinueux. L’orientation et le but sont tout de même donnés : vers la lumière ! Seigneur, sois le compagnon de mes détours vers la lumière, et viens à mon aide dans le creusement de mes racines !  F.S.

Elans artistiques

Avec Franz Schubert, je pense que quiconque aime la musique ne peut jamais être tout à fait malheureux.
Il en est sûrement de même pour les autres arts : la peinture, la littérature, la musique, le théâtre, la danse, l’opéra, le cinéma, etc.
Rien de tel pour vibrer, pour s’exprimer, pour s’évader.
Tant d’impulsions créatrices qui me mettent en mouvement, qui me rendent vivant et me relient à Dieu.
Ô Saint-Esprit du Créateur, remplis-moi de ta clarté et viens me renouveler.
Amen / SG

Pensée du jour

Le courage de la folie (Josué 6,1-10)

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