Biographies
Souvent lors d'un décès, nous souhaitons évoquer les souvenirs de ceux qui nous ont quitté. Ci-dessous, vous trouverez des biographies de ministres décédés ces dernières années. Certaines de ces notices datent de plusieurs années en raison de la transition de activités de La Ministérielle (qui les publiait sur son site) vers l'APE.
Daniel Rochat
1931 - 2026
Daniel Rochat (24 octobre 1931 – 27 mai 2026)
Natif de Chexbres, Daniel Claude Etienne Rochat suit d’abord une formation de maraîcher-floriculteur, puis reprend des études (St-Germain-en-Laye et Lausanne) en vue de sa vocation majeure = partir en mission, ce qu’il fit de 1960 à 1973, d’abord au Portugal pour apprendre la langue, puis au Mozambique, ensuite en Afrique du Sud auprès des mineurs mozambicains, enfin pour le DM comme témoin auprès des paroisses romandes.
De novembre 1973 à août 1980, il exerce un ministère apprécié à Lussy-sur-Morges (où a eu lieu son service funèbre le 30 mai 2026). Il devient secrétaire général de la Croix-Bleue internationale à Genève (1980-1987), puis animateur cantonal Terre Nouvelle (1988-1990), enfin à nouveau en paroisse à Malley/Lausanne (1990-1996). Au-delà de sa retraite, il s’engage en faveur des réfugiés : médiateur Eglise-réfugiés (1996-2000), aumônier du centre des requérants à Vallorbe (2000-2005).
Etabli à Bercher, le couple Daniel et Emilienne Rochat fête en 2020 ses 65 ans de mariage, entouré de leurs enfants, 10 petits-enfants et 3 arrière-petits-enfants. Hommage doit être rendu à son épouse Emilienne et à leurs 5 enfants qui l’ont suivi et appuyé dans ses étapes successives.
Ce ministère long et varié a été fortement marqué par la rencontre avec les mineurs d’or et la confrontation avec l’apartheid. Toute la suite atteste d’une attention particulière aux petits et aux pauvres, fondée sur une foi solide et rayonnante. J’en ai moi-même été témoin, ayant été embauché par Daniel pour animer la Croix-Bleue lausannoise « parce que, comme pasteur, tu es bien placé pour empêcher la Croix-Bleue de devenir une para-église et la garder au service de la lutte contre l’alcoolisme. » Des paroles oui, mais suivies d’actes !!
Raymond de Rham
Jean-Jacques Maison
1934 - 2026
Jean-Jacques Maison nous a quittés le 25 mai 2026.
Né à Berne en 1934, il a suivi le collège de Vevey, puis le Gymnase à Lausanne. Après deux ans à la Faculté de droit, il poursuit ses études aux Facultés de théologie de Lausanne, Goettingen, Aberdeen et Bâle.
Il fait un stage à la paroisse de l’Oratoire du Louvre à Paris puis son auxiliariat à Corsier sur Vevey. Suivent ensuite les paroisses de Mézières (Jorat), Saint-Pierre de Genève, Pully, puis de nouveau l’Oratoire à Paris et enfin à Saint-Livres-Yens. Peu après sa retraite il a exercé son ministère à la paroisse francophone de Berlin.
En 1979 il fait paraître « Devant le miroir, Libres propos sur la mort » éd. Alethina L’Age d’homme. En 1989 il publie aux Editions Ouverture, Le Mont-sur-Lausanne, « La direction spirituelle d’Alexandre Vinet au miroir de sa correspondance » et obtient le Diplôme de Recherche Théologique du 3e cycle à la Faculté de théologie de Paris.
Il a collaboré aux journaux Le Protestant (Genève) et Evangile et Liberté (France).
J’ai eu le privilège de rencontrer régulièrement Jean-Jacques dans le cadre des réunions mensuelles des Vieux Zofingiens de la Côte. En préparant la prédication prononcée lors du culte d’adieu, en me laissant inspirer par les échanges avec son épouse Laurence Maire, et avec ses deux enfants, j’ai mieux saisi encore la forte empreinte du protestantisme libéral, qui porte le souci de penser ce qu’il nous est donné de croire et de ne pas en rester seulement à la proclamation ou encore à l’érudition du chercheur. Son fils Jean-Samuel disait combien son père a passionnément aimé son métier. Quand je pense à Jean-Jacques, j’aime prier avec ces mots de St Augustin : « Donne-moi la force de te chercher, Toi qui m’as fait te trouver et qui m’as donné l’espoir de te trouver de plus en plus ».
Jean-Jacques avait reçu la vertu de l’amitié et de la fidélité. Parmi tous ceux dont il se sentait proche, comptaient particulièrement André Gounelle, Philippe Gagnebin, Bernard Reymond, le pasteur Menthonnex.
Marc Peter
Olivier Favrod
1955 - 2026
“Quand vous aurez fait tout ce qui vous est ordonné, dites: nous sommes de simples serviteurs, nous n'avons fait que notre devoir.”
Olivier Favrod avait demandé que son service funèbre commence par cette parole, pour bien montrer dans quel esprit il avait voulu servir toute sa vie. Les très nombreux amis et collègues qui remplissaient l'église Saint-Martin à Vevey ce jour-là l'ont bien compris, rendant grâces à Dieu pour l’œuvre accomplie par ce fidèle serviteur.
Né le 15 septembre 1955 à Montreux, il obtient d'abord une maturité en mathématiques à Vevey avant d'opter pour des études de théologie à Lausanne. En 1977, il épouse Claire-Lise Rochat. Guillaume et Marion viendront agrandir leur famille.
Après un stage dans la paroisse de Bex, Olivier aspire à d'autres horizons et commence son ministère dans l'Eglise française de Bâle, devenant un peu mon "voisin" depuis celle de Zurich. C'est la découverte d'une communauté très vivante, minorité linguistique enracinée dans la cité rhénane, où il pourra œuvrer avec joie et imagination.
En 1984, retour dans l'Eglise vaudoise au service de la paroisse de Cheseaux-Romanel. C'est là que le Conseil synodal viendra le chercher pour lui proposer de créer un nouveau poste, celui de responsable des ministères, le nouvel ORH. Dans cette fonction, il va faire preuve de très grandes qualités non seulement administratives, mais aussi spirituelles et humaines, devenant pour beaucoup de collègues pasteurs et diacres bien plus qu'un administrateur: un pasteur, un ami et un frère sachant les accompagner et les conseiller avec intelligence et une vraie amitié. "Ne t'en fais pas, me disait-il un jour, on a tous eu des ennuis une fois ou l'autre..." Je ne l'ai jamais oublié.
En 2003, Olivier Favrod relève un nouveau défi: réorganiser la formation romande des ministres, l'OPF, à Fontaines puis à Neuchâtel, avant de revenir dans l'EERV pour animer le service "Culte et vie communautaire". A l'heure de la retraite, il sera encore actif à la Fondation Eben-Hézer, dans les paroisses de Blonay-Saint-Légier et La Tour-de-Peilz, ou encore dans l'association Vibiscum.
L'année 2025 sera celle de la maladie qui devait l'emporter. Il s'est endormi le 1er mars 2026, entouré de l'affection de beaucoup. Sophie Wahli-Raccaud a présidé un culte de reconnaissance fondé sur la promesse que "rien ne pourra jamais nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ, notre Seigneur".
Jean-Pierre Monnet (avec Claire-Lise Favrod)
Jean-Jacques Fleury
1926 -2025
Né le 21 octobre 1926, Jean-Jacques Fleury était devenu le doyen des pasteurs vaudois:
il s'en est allé le 9 septembre 2025 à presque 99 ans.
Né en Inde où son père était missionnaire, il grandit à Ollon, fréquente le collège d'Aigle
et fait un apprentissage de droguiste à Lausanne. Lors d'un camp JP, il est saisi par l'appel
du Christ et décide de devenir pasteur. Il participe à la fondation de ce groupe JP particulier
qu'on appelait Les Emigrés parce qu'il réunissait des jeunes de tout le canton exilés dans
la capitale. Au terme de ses études de théologie, il sera stagiaire à Vufflens-la-Ville,
auxiliaire à Orbe et consacré en 1956.
Jean-Jacques Fleury sera huit ans pasteur de la paroisse de Vaulion, onze ans à
Chavannes-Epeney et quatorze ans à Ormont-dessous. Trois paroisses très différentes:
un village mi-agricole mi-industriel, une paroisse urbaine "où le tiers des habitants
changeait chaque année: comment oeuvrer sur la durée?" disait-il, enfin dans une
paroisse de montagne. Loin de se décourager face à l'immobilisme et l'absentéisme de
beaucoup, il déborde d'énergie et partage avec ses collègues ses idées d'animation
catéchétique. Nous nous disions souvent: qu'a-t-il encore inventé pour nous rendre
service? Son sourire jovial était sa meilleure réclame.
A sa retraite en 1991, il s'installe avec son épouse Geneviève à Morges et leur présence
sera une richesse pour toute la communauté grâce à leur enthousiasme toujours
bienveillant. Pour ses enfants et petit-enfants, il sera un père et grand-père attentionné et
joyeux, riche de souvenirs innombrables mais toujours à la pointe de l'actualité.
C'est un collègue lumineux qui nous a quittés.
Jean-Pierre Monnet
Jean-Pierre Tüscher
1929 - 2026
Jean-Pierre Tüscher (13 février 1929 – 15 mars 2026)
Marqué par des figures pastorales comme celle de Jules Amiguet, d’Amédée Dubois ou de frère Roger prieur de Taizé, et répondant à un appel intérieur, Jean-Pierre Tüscher a choisi de devenir pasteur et s’occupera de la jeunesse. Il y aura le chœur des jeunes. Avec Liliane son épouse, il exerce à Romainmôtier, dès 1967 et jusqu’à sa retraite, un ministère pastoral de service enraciné dans la vie paroissiale et locale, avec le rayonnement que nous savons. Et l’abbatiale d’accueillir alors son nouvel orgue et son nouvel organiste.
À une époque où la vie œcuménique se déploie toujours plus en pays de Vaud, il cherche à créer une petite communauté de prière et d’accueil enracinée dans l’unité, afin que vivent les murs de cette abbatiale, monument historique s’il en est. Tout commence en 1969, avec la venue de 6 étudiants de l’université de Lausanne, femmes et hommes, catholiques et protestants. En 1973, la première fraternité œcuménique voit le jour avec la venue de 4 sœurs, grâce à l’engagement sans faille de Jean-Pierre Tüscher. Une fondation qui, après plus de 50 ans, perdure avec quelques évolutions…
L’engagement multiple du pasteur Jean-Pierre Tüscher s’est concrétisé dans l’Église bien sûr, en particulier à Crêt-Bérard, à Romainmôtier, auprès des sœurs de St-Loup, mais aussi à l’armée, il était proche du commandant de corps Olivier Pittet, dans divers comités de fondations et d’associations, comme l’Hôpital de St-Loup, la Commission scolaire dans le vallon du Nozon, la Fondation de Romainmôtier et d’autres encore…
Une vie de service, une cure toujours ouverte à l’accueil pour un après-culte ou un repas du dimanche autour de la grande table. Et toujours des visiteurs de passage. Une belle manière de s’ouvrir au monde… En été, il y avait les vacances en Catalogne, dans cette résidence où se retrouvaient des familles de pasteurs, mais aussi celles de militaires français… Jean-Pierre Tüscher pouvait alors abandonner son costume cravate et vivre avec sa famille des temps de repos et de ressourcement bienvenus.
Devenus d’heureux grands-parents, vos parents ont eu la joie d’accueillir leurs petits-enfants à Mont-la-Ville.. Vous, ses enfants, me le disiez, vous avez eu bcp de chance d’avoir des parents comme eux… Oui, vos parents, très unis l’un à l’autre, fusionnels, ont été fiers et heureux de leurs enfants, de leur famille. La reconnaissance est des plus profondes…
Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
(adapté de T.Reymond 20.3.26)
René Herbert Preisig
1941 - 2026
Comment faire la différence entre le pasteur d’un côté et l’homme, époux et père de famille, de l’autre ? En tout cas, pasteur il fut… et même à 250%, me disiez-vous. Et des gens qui venaient chez vous, à la cure, vous en avez vus ! Et puis, si les gens ne venaient pas à lui, c’est lui qui allait à eux, sans relâche, nuit et jour. Jusqu’à aider, leur donnant même quasiment sa chemise, des toxicos, d’Yverdon ou d’ailleurs. Dès lors, heureusement que vous étiez à la maison, Madame, pour gérer la vie de famille.
Ce métier de pasteur, il a dû le vouloir fort et s’en donner les moyens. En effet, ce n’est pas ce que ses parents avaient imaginé pour lui et c’est un peu en cachette qu’il commença à apprendre latin, grec et hébreu pour pouvoir faire les études qu’il voulait… et qu’il réussit bien, devant ses parents plus dubitatifs que ses profs ! Il en avait les capacités.
Alors, après un détour par Chanéaz où il vint donner un coup de main à l’exploitation, ce fut le Sentier, Corsier, Cossonay, Rances et Yvonand qu’il servit comme pasteur. Autant de paroisses où il s’engagea corps et âme. Il faisait ce qu’il avait voulu faire, quittant pour cela son canton natal pour rejoindre le canton de Vaud.
René Preisig, un pasteur donc. Mais un homme, aussi, que vous décriviez comme attentif, généreux, parfois même au point d’accepter de se faire rouler - en toute conscience ! - et courageux, notamment dans la manière qu’il eut d’accepter puis, selon votre expression, de vivre avec la maladie. Oui, parce que cela fait bien 20 ans qu’il a dû apprendre à faire avec, se voyant petit à petit diminuer et perdre son autonomie. Mais jamais de plainte, disiez-vous. Il s’adaptait.
Oui, René Preisig un homme courageux, généreux, au ministère engagé mais dont la foi se disait surtout par les actes. Il n’expliquait pas ce qu’il faisait. Il agissait. Et quand, vous, ses petits-enfants, vous l’interrogiez sur tel ou tel aspect de ses convictions, il se dérobait, en disant que chacun avait à se faire son opinion. D’ailleurs, lors de ce tout dernier Noël, alors que l’un de vous avait lu le récit de la nativité, il se retint encore… Le texte lui parlait… mais il voulait vous laisser l’interpréter. Chanter les chants de Noël, par contre, cela était un plaisir partagé.
D’ailleurs, il a désiré que lors de son service funèbre, soit rappelé un chant qu’il aimait comme le résumé de sa foi et son espérance. Je vous en lis là, deux strophes, comme en point d’orgue à cette courte évocation :
Grand Dieu, nous te bénissons. Nous célébrons tes louanges ! Eternel nous t’exaltons, de concert avec les anges et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !
Puisse ton règne de paix s’étendre sur tout le monde ! Dès maintenant, à jamais, que sur la terre et sur l’onde, tous les peuples se saluent au nom du Seigneur Jésus.
(résumé des mots de L. Zumstein le 4 janvier 2026 à St-Sulpice VD)
Eva-Violette Esther Dillier Quinche
1935 - 2025
Eva-Violette Esther Dillier Quinche, née Zulauf (14.2.1935 – 10.12.2025)
Eva-Violette est née à Bâle et a suivi une formation de laborantine médicale à l’hôpital cantonal et universitaire de Zurich, puis de responsable de bibliothèque scolaire. Mariée à Alexandre Dillier dont elle se sépara après 22 ans, elle eut deux fils (et quatre petits-enfants). En 20??, elle se remaria avec le pasteur Pierre Quinche.
En 1981, elle entra au Séminaire de culture théologique à Lausanne et suivit la formation diaconale du DRMD. Elle fut consacrée dans l’EERV en 1988.
Elle exerça son ministère dans la paroisse d’Ouchy à Lausanne (1988-1997), à l’aumônerie des gymnases de Burier (1988-1991) puis de Beaulieu Lausanne (1994-1997).
Elle siégea au Synode de 1994 à 1997, ainsi qu’au Comité de l’Association des pasteurs et diacres de l’EERV.
Le culte de reconnaissance, présidé par le pasteur Marc Horisberger, eut lieu à Clarens le 15 décembre, éclairé par le verset de Paul aux Philippiens « Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. »
Bernard Reymond
1933 - 2025
Un théologien vraiment libéral, Bernard Reymond (1933-2025)
Un grand historien et théologien nous a quittés. Un théologien et un ami, par-delà les différends légitimes qui furent parfois les nôtres. L’œuvre de Bernard Reymond est considérable : l’histoire de la théologie et du protestantisme, les essais personnels, la recherche bibliographique, la traduction des classiques protestants et, last but not least, l’architecture protestante.
Reymond est d’abord un historien du protestantisme et de ses problématiques, chez Auguste Sabatier notamment. Ses travaux sur les théologies libérales et sur la réception de Karl Barth en francophonie relèvent eux aussi à la fois d’une visée historique et de problématiques fondamentales. Sa participation à l’Association Paul Tillich va dans le même sens.Les essais personnels de Reymond sont éclectiques. Son livre majeur traite du droit ecclésial protestant (Entre la grâce et la loi, Labor et Fides 1992), un thème trop souvent négligé dans l’ecclésiologie réformée.
Il se plonge très vite dans la langue allemande et séjourne en Allemagne durant ses études universitaires. Il rédigera au fil des ans de nombreuses recensions et études critiques portant sur la théologie allemande. De cette immense érudition découle l’activité majeure du Reymond des dernières années, celle du traducteur (Zwingli, Schleiermacher, Troeltsch avant tout) On y retrouve en même temps un souci permanent de la langue française. Enfin, il convient de souligner l’apport de Reymond à l’histoire de l’architecture protestante (L’architecture religieuse des protestants. Histoire, caractéristiques, problèmes actuels. Labor et Fides 1996), ouvrage traduit en japonais en 2003. Il a également présenté les temples de Suisse romande (Cabédita 1997).
Sa contribution à l’essor et au renouvellement de la théologie pratique est décisive. C’est lui ui invita à Lausanne Fred B. Craddock et fit traduire son livre sur la prédication (Prêcher Labor et Fides 1991). Et il fut à l’origine de la Société internationale de théologie pratique qu’il présida de 1992 à 1994. Il s’engagea également avec force et persévérance dans le journalisme, en particulier dans des organes libéraux, comme Le Protestant (en Suisse) et Evangile et Liberté (en France).
Je n’ai pu donner ici que de rapides éclairages sur la pensée d’un théologien libéral et fier de l’être. J’ai apprécié qu’il mette enfin les théologies libérales au pluriel. Son œuvre est précisément libérale en ce qu’elle appelle et suscite la discussion. Bernard Reymond est resté jusqu’au bout, avec courage et ténacité, un homme de l’ouverture et du dialogue, y compris dans le domaine oecuménique. Son amitié était solide et directe, et le fait qu’il fut têtu ne l’empêcha jamais d’être un vrai libéral.
(Denis Müller, dans Le Temps du 1.7.2025)
Pierre-Edouard Brun
1955 - 2025
Pierre-Edouard Brun (5 mai 1955 – 13 février 2025)
Consacré pasteur à la Cathédrale de Lausanne en 1985, après des études de théologie en France, couronnées par un diplôme d’études supérieures spécialisées, il a exercé son ministère à Montriond-Lausanne jusqu’en 1990, puis est devenu aumônier militaire dans l’armée française de 1990 à 2008. Revenu dans le Canton de Vaud, il a été pasteur à Orbe jusqu’à sa retraite. Il est alors reparti en France.
Voici ce que disait le pasteur Rosselet lors du service funèbre à Valence : « J’ai connu Pierre-Edouard lors de son stage pastoral à Lausanne ; en cette année 1984, nous étions tous deux stagiaires pasteurs. C’était un collègue cordial, plein d’humour, passionné, engagé dans tout ce qu’il entreprenait. Il avait le contact facile, on était bien avec lui.
Il a connu dans son ministère tant de lieux et tant de choses, dans le monde entier, quand on pense à Nouméa, et à ses missions avec l’Armée française en Afrique, en ex-Yougoslavie ou en Extrême-Orient. C’est d’ailleurs là, (…) dans des circonstances difficiles que l’on ne peut sans doute pas imaginer, qu’il a expérimenté au plus profond de lui, ce verset (…) : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans ta faiblesse ».
RR 15.04.25
Danilo Gay
1943 - 2025
Danilo est né le 6 mars 43 aux Bioux (ça, il ne l’a pas choisi ! nous non plus d’ailleurs on ne choisit pas de naître !). Il a aimé cette vallée, ce coin de pays et c’est parce qu’il y est né et y a vécu son enfance et sa jeunesse qu’il a voulu être rendu à la terre dans le cimetière des Bioux. Comme on boucle une boucle. Sacrée boucle ! Sacrée aux deux sens du terme…
En 43 donc, il débarque dans une famille dont la foi est vivante. Lui, l’enfant timide, un peu compliqué, fait son chemin. Il s’amuse avec ses frères et sœurs, il crapahute à garder les vaches et se construire des cabanes dans les champs entre Chez Besson, Chez Aaron et Chez Grosjean. Et déjà là, à 12 ans, il vit une expérience spirituelle qu’il reconnaîtra comme sa vocation missionnaire.
Après ses classes aux Bioux et à la prim’sup du Pont, sur le conseil de son père Georges (et sans trop de convictions), il mène à bien un apprentissage de banque ici au Sentier (formation durant laquelle il verra qu’il appréciait plus les rencontres humaines que les chiffres, mais formation qui lui sera fort utile sur un tout autre terrain que l’on évoquera plus tard). Bon, en toute logique école de recrue puis séjours missionnaires en France (Opération Mobilisation OM comme on disait). Ecole biblique en Angleterre puis, un certain Noël appel pour un poste de … comptable francophone en Afrique.
Entre temps, et il faut le dire tant cela aura une importance cruciale, il fait la connaissance de celle qui deviendra son épouse, Lisette Berdoz. A ce moment- là, ils sont fiancés. Il lui demande évidemment son avis sur ce projet un peu fou : elle acquiesce : « S’Il t’appelle, tu pars ! » (ou « si c’est la volontiers de Dieu vas-y ! » il y a deux versions) dit-elle, et c’est Basankusu/Kinshasa pour 12 belles et dures années africaines.
Ils se marient en 67, début d’une longue aventure commune. Trois enfants naîtront, et Lisette sera, il faut le dire ici et en être reconnaissant, un réel soutien au ministère de son mari, une présence constante pour toute la famille.
Mais continuons : deux ans à la Ligue pour la Lecture de la Bible à Vennes, la formation diaconale, 9 ans au Québec, 7 ans à l’international Chavannes de Bogis, puis ce sera la paroisse de Gland, des militances avec les migrants, des actions en Russie, en Bosnie, etc… Installation au Mont sur Lausanne et engagements divers dont celui à l’Esprit Sainf…
Puis la maladie, les soins, la rémission, le courage de laisser faire le cours des choses et le retour la maison du Père voici 6 jours…
Pour tout cela nous voulons dire MERCI, merci à lui, mais merci à Dieu surtout, Lui, l’auteur de toutes choses et le dispensateur de tous biens.
(V. Rochat au service funèbre le 10 janvier 2025)
Ruedi Staub
1934 - 2024
Né le 6 mars 1934 à Belp, il était le 2ème enfant d’une fratrie de 4. Ses parents, agriculteurs, étaient croyants et toute la famille fréquentait une assemblée évangélique. Papa a donné l’école du dimanche dès ses 15 ans et il chantait au chœur de l’église avec sa sœur ainée. A l’âge de 20 ans, après avoir reçu un appel clair de la part de Dieu, il abandonna son métier d’agriculteur, pour aller suivre une école biblique à St-Chrischona à Bâle pour 4 ans afin de devenir pasteur.
Il s’est marié en septembre 1958 avec Jeanne-Marie Gerber, et ils sont allés vivre à Schwarzenburg, qui fut la première paroisse de papa. Suzanne est née une année plus tard, suivie de Philippe en 1960 puis d’Annelise en 1964. En 1962, il fut muté à Sumiswald.
La même année, il vit une annonce d’une petite maison de pêcheur à vendre à Yvonand, qu’il a pu acheter et transformer. Il aimait bricoler et s’essayer à toutes sortes de métiers manuels, à côté de son travail et de sa famille. Dans chaque paroisse où il a exercé son ministère, il a construit des salles, rénové des bâtiments et plus tard, à Moudon, aidé à acheter pour l’église allemande, une maison en ville à plusieurs appartements pour en faire le centre paroissial.
En 1965, il reçut un appel téléphonique pour un poste qui se libérait à Moudon car le collègue qui était pasteur dans cette ville désirait retourner en Suisse allemande. Maman, étant de Neuchâtel, avait le souhait de retourner en Suisse romande, la décision fut vite prise. De plus, en habitant Moudon, ils n’étaient plus qu’à 30 min. d’Yvonand.
Il est donc devenu pasteur de la paroisse réformée de langue allemande de la vallée de la Broye. Ils n’ont plus quitté cette paroisse dans laquelle papa a exercé son ministère pendant 34 ans jusqu’à sa retraite. Tout au long de ces années, il s’est beaucoup investi avec les jeunes suisses allemands. Les familles s’adressaient à lui pour trouver une place d’apprentissage pour une année en Suisse romande. Il avait à coeur ces jeunes de 15-16 ans loin de leurs familles. Avec le temps, trois groupes JP furent créés car la paroisse était très étendue. Papa et les responsables de ces groupes allaient chercher chaque semaine les jeunes dans les différents villages pour les rencontres de JP. Ce ministère s’est beaucoup développé si bien qu’une diacre fut engagée pour s’occuper des jeunes. Beaucoup de ces jeunes ont donné leur vie à Jésus durant leur année en Suisse romande et ont gardé contact avec nos parents. C’est encore une bénédiction aujourd’hui pour eux et pour Moudon et cette paroisse reste très vivante avec des conversions fréquentes.
Très investi dans son travail de pasteur, avec des engagements presque tous les soirs et souvent 3 voire 4 cultes par dimanche, il s’est fatigué. Vers 40 ans, il a fait un infarctus dont une conséquence fut une perte d’ouïe. Il a dû prendre du repos, et apprendre à faire autre chose que de travailler. Mais papa était un hyperactif et n’arrivait pas à s’arrêter. Il s’est trouvé un hobby - les abeilles ! cela lui changeait les idées mais ce n’était pas non plus de tout repos.
En 1972, il devint cofondateur de la Mission chrétienne pour les pays de l’est, réduisit son taux d’activité à la paroisse à 80 % pour pouvoir faire un 20% pour la mission. Ce travail l’amena à faire de nombreux voyages, dans les pays de l’est mais aussi au Cambodge, en Thaïlande, en Somalie et au Portugal. Il aimait beaucoup voyager et découvrir de nouveaux pays et leur culture. Une fois retraité, il n’a jamais cessé d’avoir des projets de vacances dans différents pays. Malgré les années qui passaient, son énergie n’a jamais diminué. Ce ne fut pas toujours facile pour notre maman, qui avait une santé fragile.
En 2018, notre maman est décédée à l’âge de 80 ans, laissant notre papa bien démuni émotionnellement et souffrant de solitude. De plus, il a fait une grave infection au cœur quelques mois après le décès de maman, ce qui l’a beaucoup diminué physiquement. Il y a 2 ans et demi, il s’est remarié avec Cathy, la veuve de son cousin, qui a quitté le canton de Bâle pour venir s’installer avec lui à Gollion. Merci à elle d’avoir adouci les dernières années de papa.
Père de 3 enfants, grand-père de 11 petits-enfants et 11 arrières-petits-enfants, Ruedi Staub est parti rejoindre son Seigneur samedi 24 août après avoir passé presque deux mois à l’EMS des Lusiades à Lussy-sur-Morges.
(résumé d’un texte de ses enfants)
Philippe Gagnebin-de-Bons
1939 - 2024
Philippe Gagnebin-de Bons, fils de Charles-Louis et de Suzanne née de Bons, est né le 31 août 1939. Il est décédé au CHUV le lundi 22 avril 2024.
Voici un résumé de son parcours : Etudes classiques. Gymnase de la Cité à Lausanne. Entrée en théologie en automne 1959. Consécration pastorale. Pasteur auxiliaire (2 ans) dans la paroisse de Blonay-St-Légier-La Chiésaz. Ensuite pasteur titulaire dans la paroisse d’Oulens. C’est alors qu’il épouse Martine qui met au monde Thérèse et Elise dans cette cure qui fut un lieu de vie très vivant, rassemblant nombre de jeunes et moins jeunes. David est né plus tard à Lausanne
La deuxième étape de la famille fut la paroisse d’Ouchy, là aussi, lieu d’une intense activité. Philippe avait un « perpétuel souci de l’œcuménisme ». Il collabora (entre autres) avec l’Abbé Claude Ducarroz qui, lors de ses obsèques mardi 30 avril, retraça ces années pleines d’espoir d’un rapprochement, notamment à travers les grands moments de partage dans la Paroisse œcuménique des Jeunes.
Philippe termina son ministère pastoral à Vevey, en avril 2000, ayant pris une retraite un peu anticipée avant la grande révolution du 30 juin 2000 qui a ouvert une nouvelle ère : Eglise A Venir. Relativement tôt dans son ministère, il a été nommé aumônier cantonal des scouts vaudois. Durant tout son ministère et au-delà, il a publié plusieurs recueils de poésie spirituelle et peint de délicates aquarelles.
Engagés dans la paroisse de Vevey, Philippe et Martine ont ensuite longtemps vécu à La Tour-de-Peilz. Philippe adorait les fleurs qu’il cultivait avec passion. Un jour il a dit qu’il serait volontiers devenu horticulteur. Dès 2005, le collègue Jean Piguet prit l’initiative de rassembler une quinzaine de pasteurs et diacres, non pas pour créer une amicale d’anciens combattants mais pour explorer les thèmes concernant le présent de la société et l’avenir de l’Eglise. Philippe a participé régulièrement aux rencontres du « Stamm des retraités ». Et par trois fois il y a invité son frère jumeau, Laurent, qui les a bien stimulés par des exposés dynamiques et passionnants.
Le cœur de Philippe s’était affaibli, en raison d’une crise cardiaque. Le niveau de son ouïe s’était considérablement abaissé, sa vue ne lui permettait plus de lire, ni sa main de former des lettres lisibles. C’est ainsi qu’il perdit son autonomie et se retrouva dans un petit EMS qu’il aimait beaucoup, La Fontanelle, au boulevard de St-Martin à Vevey, puis à Béthanie à Lausanne où il fut entouré et soutenu par l’aumônier Daniel Besse et Daniel Corbaz qui l’ont accompagné avec une attention fraternelle tout en douceur et d’une remarquable efficacité.
Voici pour conclure une prière qu’il a publiée : « Mon Dieu, je rends mes nuits à ta lumière, je rends mes déserts à ton étoile, je rends mes misères à ta délivrance, je rends mes fardeaux à ta porte ouverte, je rends mes chaînes à ta délivrance, je rends mes barrières à ta démesure. Délivrés, nous te rendons grâce. Amen »
(RdR d’après PAC)
Jean-Philippe Rouge
1942 - 2024
Jean-Philippe Rouge (1942-2024)
Jean-Philippe Rouge est né le 28 mars 1942. Avec ses parents, ses frères et sœur Daniel, Marianne et Jacques-Etienne, il a vécu à Chavornay. Comme il a été longtemps le petit dernier, la naissance de son dernier frère l’a rendu assez jaloux. Il a fait ses écoles à Chavornay puis a rejoint Lausanne pour la suite de ses études. Après 3 semestres de Math à l’Uni comme m’ont dit ses proches, il a été attrapé lui aussi par le virus de la théologie. Sa licence en poche, il a voulu devenir pasteur. Il a alors débuté un stage à Concise et a poursuivi avec 2 ans à Bâle à l’église française. Il a vécu de cure en cure, et ceci dès sa naissance car son papa pasteur était à Chavornay, puis à la Cathédrale de Lausanne. Une fois pasteur à son tour, il a rejoint la cure de Prilly, celle de la Tour de Peilz, puis a été dans la paroisse de Chailly la Cathédrale !
Pasteur, il a aimé transmettre et vivre l’Evangile, faire des camps avec des jeunes, organiser de nombreux voyages, en Allemagne ou ailleurs avec les paroissiens, il a monté un super groupe de JP : Arc en ciel, mené des projets musicaux. Il a fait beaucoup pour ses paroissiens, il aimait transmettre, faire envie et plusieurs pasteurs et diacres d’aujourd’hui l’ont rencontré étant jeunes.
Au niveau familial, il a rencontré Marianne qui est devenue son épouse en 1968, ils ont eu 4 enfants : Claire- Anne née en 69, Olivier en 71, Laurence en 73 et Martine en 78. Les enfants avaient la joie de passer enfin un peu de temps avec leur papa très pris par son travail, lors de vacances à Aigues Mortes ou à St-Moritz même si Monsieur le pasteur devait le dimanche célébrer le culte. Ses enfants relèvent les idées originales que leur papa avait pour les vacances, où les excursions étaient souvent culturelles.
Jean-Philippe Rouge a tant aimé Marianne, il a été présent et l’a aidée, atteinte pendant 15 ans de la maladie de Parkinson. Il a démontré une grande fidélité et ténacité. Et elle s’en est allée après 9 ans en EMS.
Ce grand-père était fier de ses petits-enfants, Sébastien, Lydiane, Nadège, Cécile, Mathilde et Maud, qui appréciaient ce grand papa joyeux, gentil, parfois aussi un peu imprévisible pour ses petits-enfants. Depuis 25 ans, les enfants et petits-enfants ont eu beaucoup de plaisir à passer du temps avec lui au chalet familial à St-Luc, pour être ensemble en famille élargie, skier et se balader.
Jocelyne Vocanson est devenue sa compagne. Ensemble, ils ont vécu de beaux moments ils ont fait de nombreuses virées, voyages avec la paroisse de Chailly, des amis ou juste les deux. Leur complicité était belle. Elle a beaucoup été là pour lui et l’a aidé et soigné, car depuis quelques années il a connu plusieurs soucis de santé très graves. Le Seigneur l’a guéri, c’est un miraculé à plusieurs reprises. Ses enfants Damien et Aurélie ont partagé du temps et accompagné avec coeur le compagnon de leur maman.
Au niveau des hobbies, Jean-Philippe Rouge appréciait le chant choral, il a chanté à ProArte la musique classique. Excellent violoncelliste, il a fait beaucoup de musique de chambre avec ses amis. Il a créé une association d’organisation de concerts au temple. La musique a été son moyen d’expression. Il avait beaucoup d’intérêt pour la langue de Luther ou de Schubert, l’allemand, et appréciait voyager en Allemagne. Il a eu beaucoup de joie à faire des virées en Belgique, au cap Nord, au Canada, en Italie, en Namibie. Et j’en passe … Lire était sa passion, c’était un vrai bibliophile.
Il aimait passer du temps avec ses amis, musiciens, ministres, retraités aussi… Ses enfants m’ont confié qu’il était un homme touchant, souriant, peu démonstratif, un tantinet narcissique, exigeant, déterminé, très défini dans ce qui est juste et ne l’est pas, travailleur, transmetteur, chaleureux, généreux, fidèle en amitié, très optimiste, volontaire, avec une énorme force de vie, confiant que Dieu peut agir et il a agi dans sa santé. Il était un homme de Dieu qui aimait les gens et son Seigneur....
Après quelques mois chez Jocelyne puis une poignée de mois en appartement protégé à Béthanie, sa santé a chuté une fois de plus à fin janvier, il a rejoint le CHUV, l’équipe médicale a été très attentive, soutenante, il y a eu plein de hauts et de bas, d’annonces de fin de vie puis de sa part un élan à se battre encore un peu même si les douleurs et la vulnérabilité étaient terribles, un vrai marathon pour la famille qui a été très présente auprès de lui. Jean-Philippe a été très touché de toutes ces personnes qui sont venues le visiter, et lui dire aurevoir. Et c’est un dimanche, jour du Seigneur, que notre pasteur préféré s’en est allé.
d’après A. Gelin lors du service funèbre
Olivier Fonjallaz
1939 - 2023
Olivier Fonjallaz (23.1.1939 – 12.1.2023)
Olivier Fonjallaz a été mon maître de stage.
Je me souviens de notre première rencontre à Morrens, un jour de février par un temps froid et neigeux. Pour faire connaissance, il m'a proposé d'aller nous promener dans la forêt, au bord du Talent. Un côte à côte et pas un face à face. Je crois que cette première rencontre illustre bien qui était Olivier. C'était quelqu'un avec. Non seulement quelqu'un avec son stagiaire, mais quelqu'un avec tous ceux et celles que la vie lui aura donné de côtoyer. Il aimait les gens; il aimait pouvoir tisser des relations profondes et amicales; il avait ce sens de la relation qui met l'autre au coeur de ses préoccupations.
Cette première balade au bord du Talent, pour moi, c'est aussi l'image d'un homme en marche. Oui, Olivier était perpétuellement en mouvement. C'était un entrepreneur, un bâtisseur. Partout où il a passé, il a entrepris, il a fait, il a agi. Même s'il avait le goût de l'étude et de la réflexion, il ne pouvait pas imaginer une vie de cabinet, installé derrière un bureau. Il aimait parler, il aimait débattre… mais toujours dans l'optique d'une action, d'une mise en oeuvre. Vous l'avez certainement entendu évoquer son premier ministère en Ardèche et la création de l'Association culturelle de Désaignes et l'installation d'un orgue dans le temple du village. Je pense aussi à son implication dans le nouveau catéchisme de notre église quand il était pasteur à Moudon. Je pense encore à sa participation à la création et au fonctionnement des Centres oecuméniques de Froideville et de Cugy. Et ce ne sont là que quelques exemples.
Oui, Olivier était un homme de foi en actes. Il aimait profondément son Église, même si cela ne l'empêchait pas de la critiquer au besoin. (…)
Olivier était un terrien, dans les deux sens du terme. Il aimait gratter la terre et cultiver son jardin; il était attaché au lac, aux coteaux du Lavaux et aux montagnes des Ormonts. Il aimait aussi le monde, l'humanité dans sa diversité et sa richesse de cultures.
Mon année de stage avec Olivier a débouché sur une vraie amitié que nous avons entretenue au cours des années. C'était toujours un plaisir de se retrouver en couple et de partager des nouvelles. Olivier était très fier de ses enfants et de ses petits-enfants. Je l'ai entendu régulièrement exprimer une reconnaissance sans réserve pour ses proches, à commencer par toi Élisabeth.
Depuis quelques années, Olivier voyait son état de santé se détériorer. Pour lui, cette perte d'autonomie était très pénible. Il se résolut toutefois à entrer à l'EMS de Pré-Pariset. Ces derniers jours, son état de santé s'est brusquement aggravé. Et c'est à Pré-Pariset qu'il est décédé il y a une semaine.
Olivier trouvait que, dans les services funèbres, on parlait trop du défunt. Je vais donc m'arrêter ici.
(F. Baatard, le 20 janvier 2023)