Marquer un temps d’arrêt

A la fin d’un service funèbre, j’aime réitérer ma disponibilité dans les prochains temps en cas de besoin. Cette fois c’était un peu particulier, face à cette femme en deuil, je souhaitais lui rappeler cette possibilité et devais lui faire part de mon absence pour plusieurs mois. Elle a alors eu cette phrase qui m’a touchée: «c’est important de prendre du temps pour vous ressourcer, si vous souhaitez continuer à accompagner les gens comme vous l’avez fait pour moi». J’étais admirative de sa bienveillance et de sa générosité en ces temps d’épreuves pour elle. Elle a su voir au-delà de son besoin pour offrir, elle aussi, de l’empathie.

Cela a alimenté ma réflexion: osons-nous nous arrêter dans nos vies, qui vont à 1000 à l’heure, dans cette société qui nous incite sans cesse à l’action? Prenons-nous le temps de marquer des arrêts, pour digérer, ralentir, prendre acte de ce que nous vivons? Même Jésus encourage ses disciples lorsque la foule les presse et qu’ils ne prennent plus le temps de manger : «Venez à l'écart dans un endroit désert et reposez-vous un peu» (Marc 6,31).

Qu’est-ce qui nous empêche de prendre ces temps si essentiels? Car finalement, nombreuses sont les personnes qui respectent cet espace et qui se voient même encouragées à s’arrêter aussi. Et si l’été était l’occasion de prendre un temps de pause pour se ressourcer, se recentrer sur l’essentiel de nos vies et pouvoir repartir ensuite renouvelé·es dans nos êtres et dans nos vies?

Je vous le souhaite également: bel été!

Noémie Heiniger,
pasteure à La Sallaz – Les Croisettes

Pensée du jour

Cela n’arrivera pas. (Amos 7.1-9 "v. 3,6")

Lire la suite Proposé par : Pain de ce jour