Une œuvre ouverte sur l’extérieur
Le temple de Saint-Légier La Chiésaz s’est paré, en octobre 2025, de nouveaux vitraux, fruits d’un projet à la fois audacieux et collectif.
A l’origine de cette aventure se trouve Marguerite Colombo, une mécène profondément attachée à ce lieu de puis son enfance. Fille d’un marbrier, elle développe très tôt une sensibilité à l’esthétique. Les week-ends passés chez sa grand-mère, qui habitait face au temple, nourrissent durablement son imaginaire. « Grâce à tous ses coins et recoins, nous transformions le temple en aire de jeux fantastique. La voûte étoilée du plafond de l’église nous aspirait », se souvient-elle.
Des décennies plus tard, revenue vivre dans la région, elle redécouvre les lieux avec émotion, mais aussi avec un regard critique. Les vitraux existants, ternes et monochromes, lui semblent en décalage avec la beauté du lieu. « J’avais l’impression qu’ils ne faisaient pas partie du temple », confie Marguerite Colombo qui décide alors d’en offrir des nouveaux.
Comme s’ils avaient toujours été là
Le projet prend forme en pleine période de pandémie, un contexte qui stimule paradoxalement la créativité. La conception est confiée à Pierre Pantillon, artiste musicien passionné par l’art du vitrail. Ensemble, ils imaginent une œuvre lumineuse, ouverte sur l’extérieur et porteuse de sens. Le temple étant propriété communale, l’accord des autorités est nécessaire. Convaincu par la qualité artistique du projet, le canton de Vaud donne son feu vert après plusieurs échanges. Les couleurs choisies sont hautement symboliques : le rouge évoque l’amour et le sang du Christ, le bleu renvoie à Marie et au Père, tandis que la transparence – rare dans l’art du vitrail – symbolise l’Esprit saint.
« Conçus comme une suite, les cinq vitraux racontent à leur manière la crucifixion et la résurrection », explique la mécène.
Une création collective
Si ces vitraux ont pu voir le jour, c’est aussi grâce à une véritable aventure humaine. Comme le souligne Pierre Pantillon, « je n’aurais jamais pu réaliser seul un tel projet ». Autour de la mécène et de l’artiste, de nombreuses personnes ont uni leurs savoir-faire : « le maître verrier, le serrurier, l’architecte, les artisans du bois et du métal, les autorités communales et cantonales, les paroissiens et leurs pasteurs », énumère Marguerite Colombo. Tous ont œuvré dans un esprit de compagnonnage et d’entraide.
Article d'Anne Vallelian, paraissant dans le journal Réformés de février, en Une du cahier régional, page 29.
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