Faites connaissance avec Janick Courtois.

Qui êtes-vous en quelques mots ?
Née à Lausanne de parents domiciliés en Côte d’Ivoire, je partais, à deux mois, pour Abidjan, où je suis restée 13 ans avant de rentrer en Suisse. Ma licence en histoire obtenue, j’ai travaillé dans une grande organisation sportive et rencontré mon mari. Après une carrière de manager menée de front avec ma vie de maman, j’ai quitté la vie professionnelle pour nos deux enfants, désormais étudiants.

La foi chrétienne et vous ?
Elle en a toujours fait partie. Un héritage que j’essaie aujourd’hui de transmettre.

Petite, je priais chaque soir avec ma maman et confiais à Dieu tous les membres de ma famille de sang comme de cœur... et si j’oubliais quelqu’un, je recommençais ! A suivi le catéchisme. Aux chants de la lagune à la nuit tombée ont succédé ceux de Taizé à la lueur des bougies. Ferveur enveloppante, communiante. Pas de religion, une même foi, celle qui rassemble plutôt que de diviser.

Avec mon Papa, lors des visites d’églises, nous allumions un cierge. Mon mari, mes enfants et moi perpétuons ce rituel et récitons le Notre Père en nous tenant par la main. Parfois des inconnus se joignent à nous. Émotion partagée, sans étiquette. J’aime cette foi rassembleuse, espérante, chantante et joyeuse. Je la retrouve dans la nature et les levers de soleil, porteurs des promesses d’un jour nouveau. Et pour échanger, il y a les cafés-bible, parenthèses nécessaires dans cette vie qui nous bouscule. 

Quelle parole vous inspire particulièrement ?
Je m’accroche à la Bible, telle une bouée de sauvetage. Elle fait écho à mes doutes et reste ma boussole, mon réconfort. J’aime me rappeler que « La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée » (Jean 1 : 5). Rien n’est donc jamais irrémédiablement perdu. L’histoire des 4 bougies en est le reflet : quand la Paix, la Foi et l’Amour s’éteignent, étouffées par l’attitude des hommes, l’Espérance les rallume, nourrie par Jésus, la lumière du monde.

Quels souvenirs de votre enfance vous ont construite ?
Selon Léon XIV, « les différences ne constituent pas une menace… ». J’ajouterais : « … mais une richesse ».

Je suis riche de ces différences, avec lesquelles j’ai grandi sans en avoir vraiment eu conscience. Jusqu’à mon retour en Europe, quand on m’a fait sentir que je n’étais ni vraiment d’ici ni vraiment d’ailleurs. Une curiosité. Une toubab en terres africaines et une blanche qui, à 13 ans, ne sait même pas ce que sont l’hiver et la neige !

Mon enfance en Afrique est le plus beau cadeau que la Vie m’ait fait. La Côte d’Ivoire m’a accueillie et montré que le vivre-ensemble était possible. A-t-il disparu définitivement ? Je n’ai pas la réponse, mais j’aime à croire que non et qu’il y aura un sursaut de l’humanité face à ce gâchis ! 

De mon côté, je sais que ces expériences me portent encore et toujours à être attentive à l’autre, à ne jamais le regarder de haut ni me croire supérieure à quiconque ! 

J. Courtois

Pensée du jour

[…] pour faire périr les hommes par l’épée, par la famine, par la mortalité, par les bêtes sauvages de la terre. (Apocalypse 6.1-8 "v. 8c")

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