Certains gardent sur leur téléphone le dernier message vocal d'un parent mort. 
Vingt secondes, un « rappelle-moi quand tu peux », qu'on réécoute parfois. 

Des applications vont désormais plus loin. À partir de ces enregistrements et de quelques années de courriels, elles font répondre le disparu. 
On lui écrit ; il répond, avec sa voix. 
Pour sembler fidèle, la machine doit inventer des paroles que le mort n'a jamais prononcées. Et ce seront souvent celles qu'on espérait : le pardon qui n'est pas venu, le « je suis fier de toi » qu'il ne disait pas.

Le souvenir retouche, lui aussi. Les éloges funèbres prêtent volontiers aux morts des mots qu'ils n'ont pas tout à fait dits. 
La foi chrétienne ne se résigne pas au silence des morts. Elle espère qu'ils vivent en Dieu, et pas seulement en nous. 
Elle croit que quelqu'un d'autre les appelle par leur nom, comme le Ressuscité appela Marie au matin de Pâques. 

Cet appel-là ne passe par aucun serveur. Et vu d'ici, il ressemble à du silence.

S. Pétermann-Burnat

Pensée du jour

C’est ainsi, en effet, qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. (Matthieu 5.12)

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