L’amour de Dieu
Publié leCertains cantiques sont si inspirés et profonds qu'ils donnent l'impression d'être un aperçu de l'éternité.
L’un d’entre eux ne fait pas exception. Son titre: «l’amour de Dieu». Il fut écrit en 1917 par le pasteur américain Frederick M. Lehman. Claire-Lise de Benoit le traduisit en 1979. Cet hymne est né d'un moment de profonde réflexion sur la grandeur de l'amour de Dieu. Le refrain proclame que «L'amour de Dieu, si fort, si tendre, est un amour sans fin. Tel est le chant que font entendre les anges et les saint·es». Mais, au fond, qu’est-ce que Dieu aime en nous?
Pas notre valeur bien sûr. On sait bien ce que Jésus pense du pharisien qui avait le sentiment de faire tout bien (Luc 18, 9-14). Certainement pas non plus notre étiquette réformée. Ceux qui savaient mieux que Jésus ce qu’il devait faire au nom de leurs sacro-saints principes religieux, Jésus leur fait savoir qu’il ne mangeait pas de ce pain-là (Jean 8, 1-11). Serait-ce alors pour nos péchés que Dieu nous aime ? Loin s’en faut. Jésus exprime une profonde indignation et tristesse face à la «dureté du cœur» (sklerokardia), synonyme de fermeture à l'amour, de refus de pardonner et d'orgueil. Cette expression désigne une incapacité à aimer et une résistance à la grâce (Marc 3, 5). Dieu aime celles et ceux à qui il peut le plus donner. (Marc 2, 17), La mission de Jésus s'adresse à celles et ceux qui reconnaissent leur besoin de guérison spirituelle et physique. Voyez Marie-Madeleine ou Zachée! Notre Dieu trois fois saint attend que nous nous appuyions sur lui et que nous nous réjouissions en lui. L’honnêteté devrait nous conduire à reconnaître que nous sommes peu aimables. Dieu seul nous connaît au-delà des apparences. Il supporte les éternels enfants que nous sommes. Dieu n’aime pas nos qualités; c’est nous qu’il aime. C’est nous qu’il aime. Il te supportera toujours.
Philippe Zannelli, pasteur de la paroisse de Saint-Laurent – Les Bergières