Bientôt le soir, demain dimanche 13 septembre
La joie ! Voici le deuxième fruit de l’Esprit. Comment la joie qui vient du Souffle que Dieu inspire en nous, peut transformer, voire transfigurer les objets du quotidien ? C'est la question ce soir !
Le défi semble simple à relever pour celui, celle qui sait garder une âme d’enfant, qui sait ne pas être blasé par les choses de son quotidien; qui sait que son relatif confort n’est pas un dû, mais un don, prêté pour un temps. Une grâce !
Et il est bon de se rappeler ici que Joie et Grâce sont deux sœurs jumelles. L’une et l’autre s’appellent et s'entremêlent. D’ailleurs, les mots grecs pour parler de l’une et de l’autre sont proches : Chara χαρα pour la joie, Charis χαρις pour la Grâce. Et dès lors, plus un objet apparaît à nos yeux comme un cadeau, une grâce qui nous est donnée, une surprise inattendue, plus elle éveille de la joie.
Nous avons parfois à lutter contre notre regard d’adulte parvenu qui prend pour acquis tout ce qu’il voit et possède, comme si cela était normal, naturel, d’une banalité déconcertante. Le souffle de la Joie nous invite dès lors à oser un regard neuf sur les choses, un regard qui sait s’émerveiller encore et encore, et se réjouir. Un regard qui sait contempler la beauté et la finesse de toute chose. Même un bouchon de liège - encore lui - peut nous surprendre lorsqu’on l’observe attentivement.
Et il suffira peut-être de se demander : ce que cela change dans ma vie que cet objet existe ou non. Que se passerait-il s’il venait à manquer ? Et quelle joie au moment de le retrouver ! Et oui … les clés de maison ne sont jamais aussi belles que lorsqu’on les retrouve ! Et même la pauvre veuve de la parabole fait une fête lorsqu’elle retrouve sa petite pièce perdue dans la maison (Luc 15, 7-10)
Cependant, il ne s’agit pas pour autant de sacraliser les objets et de leur vouer un culte … chaque chose peut devenir en soi un objet d’idolâtrie. Non. Il s’agit au contraire de nous laisser simplement entraîner par l’objet vers la Source de toute joie. En nous souvenant de l’histoire passée, ou simplement en contemplant la délicatesse de chaque détail de l’objet. C’est là qu’il prend de la valeur pour nous et c’est là que nous sommes mis en état de grâce, avec une joie qui brille dans nos yeux.
Car Dieu est un Dieu de fête et de joie. Et il veut ses enfants, non pas pourris gâtés, mais rayonnants. Il veut des hommes et des femmes capables de se réjouir sans cesse, … même avec un morceau de liège perdu sous le canapé. Soyons un peu fous, parfois, non ?
La joie, c’est redevenir enfant, devant un cadeau !
Amen
Sandro Restauri, pasteur