Bientôt le soir, demain dimanche 14 juin

   Nous évoquions la semaine dernière l’épisode de la femme adultère dans l’Evangile de Jean au chapitre 8. Cette histoire illustre admirablement ce qu’est la sagesse, premier des sept dons de l’Esprit. Le récit raconte en effet comment Jésus, devant les hommes, mâles, qui veulent lapider la femme, accessoirement adultère, parvient à suspendre quelques instants la course effrénée du temps et de la violence, pour mettre à terre ce qui bouillonne dans le cœur humain.
   Avec cela, ce récit permet également de donner du contour au deuxième don de l’Esprit : l’intelligence, le discernement. Car derrière ces mains crispées prêtes à jeter les cailloux, Jésus perçoit la fureur et la colère qui les animent. Et il sent alors, comme dans ses tripes, l’intention qui les traverse : ces messieurs s'estiment dans leur bon droit, et se font les défenseurs de la morale de l’époque. Mais ce faisant, ils sont prêts à renoncer au pardon possible, dont ils sont eux-mêmes redevables. Jésus perçoit derrière leur propos et la violence latente, une discrépance, quelque chose qui cloche, qui n’est pas aligné.

   L’intelligence de Jésus consiste ici, non pas à évoquer la jurisprudence tout droit sortie des plus hautes instances judiciaires de l’époque, ni à rivaliser avec une quelconque intelligence artificielle aussi performante soit-elle. Son intelligence est clairement une mise en lumière de ce qui se cache dans le secret et l’intention profonde des humains. Et il dit : “que celui qui n’a jamais commis de faute, jette la première pierre !” Se contentant de répondre ainsi, il baisse à nouveau le regard sur le sol, et continue de dessiner dans la poussière du sol. Il évite ainsi d’humilier, tout en invitant au changement.

  Nous avons beaucoup à apprendre de lui, et surtout beaucoup à recevoir de ce don de l’Esprit, offert à chacun, encore une fois comme un cadeau par le Plus-que-Vivant. Lorsque nous nous mettons à juger et jauger les gens et la nature, sans autre considération que notre petite personne et nos intérêts, voire notre compréhension bien partiale et partielle de la réalité, nous risquons de nourrir le cercle infernal de la violence, sous toutes ses formes, et de jeter alors des pierres meurtrières à tout vent.

   Il ne s’agit pas seulement de retenue, mais également de ce discernement qui opère la vie. Le discernement, l’intelligence … voilà ce que donne le souffle de vie, l’Esprit de sainteté.
   Traversant et se glissant secrètement dans notre propre souffle, il rend belle et lumineuse la vie en nous et autour de nous.


Amen !

 

Sandro Restauri, pasteur

 

 

Pensée du jour

« Un peuple qui ne comprend rien est un peuple perdu », comme dit le proverbe. (Osée 4.1-14 "v. 14")

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