Bientôt le soir, demain dimanche 15 mars

   Merveille étonnante, notre corps. Merveille fascinante, notre monde. Un corps, un monde, traversés et habités l’un et l’autre d’une présence divine, tout à la fois éminemment céleste et profondément attachée à l’humus de la terre. C’est dans cet entre-deux, à mi-chemin entre ciel et terre, que chaque parcelle du créé et le monde lui-même vivent leur présent.
   Et puis notre corps, bien qu’habité par cette présence divine, est de fait également touché par la fragilité, la misère. Le mal. C’est notre condition humaine qui le veut ainsi ; même les nantis souffrent dans leur chair par moment, ne serait-ce que pour faire leur dent. Déjà là.

   Si nous ressentons le mal en nous, nous savons cependant que nous ne nous résumons jamais à ce mal qui nous torture le corps et l’esprit. Que nous ne nous réduirons jamais à une tumeur, voire un simple rhume. Nous savons prendre cette distance, ô combien salutaire, qui permet de ne pas sombrer dans le néant, quand celui-ci s'abat méchamment sur nous.
   Si le monde est corps de Dieu, si notre propre corps est si intimement connu de Lui - comme nous l’avons exploré ces dernières semaines - alors on peut dire que Dieu est “éclaboussé” par le mal, sans être lui-non plus, réduit au mal pour autant.

   Cette image d’intériorité du mal, ressenti jusque dans nos tripes, invite à considérer le mal et la souffrance comme quelque chose que Dieu partage de toute éternité avec l’histoire du monde, vieille de plus de 4.5 milliards d’années, et avec l’histoire humaine, qui ne compte que 300’000 ans à peine.
   Si l’Incarnation - Dieu se faisant chaire en Christ - atteste cette connivence éternelle avec la vie humaine, les événements de Vendredi-Saint quant à eux racontent à qui veut l’entendre que Dieu s’est laissé impacter par le mal, lui aussi, comme par effet de capillarité.

   Cette approche n’a pas pour vocation d’effacer les théodicées des temps passés, ces tentatives philosophiques et théologiques qui ont cherché à expliquer le mal. Elle vient plutôt s’y ajouter, offrant un point de vue différent : celui d’un Dieu qui ne se contente pas de penser le mal de l’extérieur, mais qui l’éprouve à l’intérieur de son propre corps.

   Mais restons-en là pour l’instant ce soir. Rendez-vous au prochain épisode !


Amen !                                                                  

Sandro Restauri, pasteur

 

 

 

Pensée du jour

Toute branche qui, en moi, ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève, et toute branche qui porte du fruit, il l’émonde afin qu’elle en porte davantage. (Jean 15.1-8 "v. 2")

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