Bientôt le soir, demain dimanche 19 juillet

  Voici le dernier des sept dons de l’Esprit : la Crainte. Celle éprouvée envers Dieu. Celle, comme nous le disions la semaine dernière, qui marque notre relation à “cette présence invisible que l’on pressent au cœur du Vivant”. La crainte dont il est question n’est pas une peur panique; elle est ce sentiment presque vertigineux et qui émeut, que l’on ressent face au Mystère de la vie. C’est le contact avec ce que les théologiens, mais également les anthropologues et le psychiatre C.G. Jung, ont appelé le numineux, à savoir un “sentiment de mystère fascinant et redoutable”.

   Pour mieux comprendre ce don, repartons de ce que nous disions de la Piété la semaine dernière – qui, au passage, n’a rien à voir avec la pitié. Cette déférence envers autrui, ce respect et cette attention portée à l’autre, constituent la trame sur laquelle se tisse cette crainte plus grande ressentie envers Dieu. Oui, il n’y a qu’un fil qui les sépare d’avec ce respect, cet émerveillement face à Dieu, cette attention redoublée.
   La Crainte de Dieu, c’est alors prendre Dieu au sérieux comme je prends au sérieux mon vis-à-vis, à qui je reconnais une existence et une dignité inviolable. C’est choisir de nourrir et soigner ce lien, cette relation. Car avant d’être un dogme à penser, Dieu est une personne qui vient à notre rencontre et à Qui je suis invité à dire : me voici !

   La Crainte de Dieu rappelle somme toute que je n’ai pas - et je ne pourrai jamais - comprendre l’entier de l’existence, ni la mienne, ni celle de mon prochain. Et encore moins celle de Dieu, Source et Fin de tout ce qui existe.
   Parce que la Crainte de Dieu vise tout d’abord la relation à Dieu et au mystère de la vie, elle invite, avec délicatesse, l’humain et le croyant à fléchir le genou lorsqu’il est confronté à la pesanteur. Elle le conduit à déposer à terre les armes de la rancœur et de la vengeance.

   En ce sens, la Crainte de Dieu est le garde-fou par excellence, qui évite de nous faire tomber dans la démesure : elle nous empêche de glisser dans la défiance et de tourner le dos à la Miséricorde et à la Bonté.  
   Seule la Crainte de Dieu bien comprise nous sauve ainsi de la folie du monde et de la terreur. Voilà ce qui permet d’intégrer en nous ce STOP que Dieu pose face au Mal qui torpille l’espérance et l’amour. Car, pour le dire avec une notion chère à Jean Calvin : si le péché c’est croire que Dieu nous veut du mal, la Crainte de Dieu c’est s’entêter à croire que Dieu nous veut du Bien !

   Et cela est un don de Dieu : dans sa bonté et par grâce, Dieu ne cesse par son Esprit de déverser en nos cœurs et nos âmes cette attention. Il inspire tout bonnement confiance à qui veut bien croire en Lui ! 
   Sur parole !

Amen !


Sandro Restauri, pasteur

 

 

 

Pensée du jour

Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! (Jean 5.31-47 "v.40")

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