Bientôt le soir, demain dimanche 11 octobre
Après la bienveillance la semaine dernière, et avant la pause des vacances des Relâches, poursuivons ce soir avec la Bonté.
La Bonté, c’est ce qui rayonne et qui se dégage de soi et de l’autre. On dit du pain qu’il est bon, non seulement pour son goût, mais aussi pour ce qu’il représente, sa texture, son apparence. Il laisse percevoir une trace de celui, celle qui l’a pétri.
Quand Dieu au premier matin du monde dit “Cela est bon”, Il regarde sa création à peine sortie du néant et s’extasie. Clairement, son regard et sa parole donnent Vie à ce qui est créé.
Ainsi, je suis invité à mon tour à poser sur les objets qui m'entourent un regard qui sait, comme Dieu, reconnaître la dignité de chaque chose et leur donner sens. Mon regard va donc au-delà de la joie, déjà éprouvée lors de la troisième étape. Je perçois peu à peu ce qui se dégage de cet objet, ce qui le rend vraiment beau et unique, ce qu’il a de parfait et rayonnant. Pour appuyer ce rapprochement entre beau et bon, on se rappellera ici que les deux mots se disent de la même manière en hébreu: TOV.
Pour autant, la Bonté n’est pas seulement celle que je perçois dans l’autre ou dans les objets. La Bonté c’est aussi cet élan qui m’invite, si besoin, à renoncer et à me séparer de mes choses, pour permettre la vie autour de moi. Et la bonté de donner est d'autant plus grande que la chose a de la valeur à mes yeux. En effet, comme on me le rappelle avec insistance, donner un déchet n’est pas un acte de bonté, c’est simplement faire du ménage.
La bonté consiste donc, pour moi qui possède un objet de valeur, à savoir m’en dessaisir, sans faillir, ni rougir. La Bonté me permet de rester rayonnant sans me laisser détruire. C’est l’action de la grâce de Dieu, et c’est en cela que c’est un fruit de l’Esprit.
Pour illustrer cela, je pense à Saint-Martin, cette figure traditionnelle bien connue, qui, du haut de son cheval, est saisi de compassion pour le pauvre mendiant, et qui, d’un acte souverain, coupe sa tunique en deux pour en donner la moitié à celui dont la vie est en péril. Il ne donne pas de son superflu, il donne avec joie et naturel, son essentiel. Et cela lui coûte après, il a froid et il grelotte. C’est sa bonté à l’état pur qui rayonne de là.
Ainsi, en faisant grandir en moi le fruit de la bonté, je ne suis pas seulement bienveillant, au risque de paraître parfois bonbon. Je suis pleinement fils et fille de Celui qui veut par pure bonté offrir la vie en abondance à tous ses enfants de la terre. Et alors, loin de rester les bras croisés sans rien faire, je peux participer à cet élan de bonté, qui fait rayonner la vie autour de soi. Et cette bonté pourra se concrétiser bien entendu dans ma façon de gérer ce qui m’est confié, à savoir cet objet, cette chose qui pourra le moment venu contribuer au bonheur autour de moi.
Amen
Sandro Restauri, pasteur!