Bientôt le soir, demain dimanche 5 juillet
Ce soir, nous revenons un peu sur nos pas avec le don de la Science, ou de la connaissance. Nous en parlions déjà en début de parcours lorsque nous abordions le don de l’intelligence. Si celui-ci se situait plus dans le discernement - la connaissance fine de ce qui se cache derrière les apparences - la connaissance dont il est question ce soir est à proprement parler la Science.
Entendons-nous bien, si dans la pensée biblique, la Science dont il est question est d’abord la voie royale qui conduit au cœur de Dieu, elle est aussi et déjà cette qualité et rigueur intellectuelle qui accompagne toutes les disciplines, parmi lesquelles la biologie, la philosophie, et aussi la théologie.
Oui la Science, la connaissance ! Bien sûr, on pourrait en rester à la Sagesse et au Discernement. On pourrait agir aussi selon le bon Conseil de l’Esprit et avec Force de persévérance. Mais il faut impérativement de l’ancrage pour éviter de faire et dire n’importe quoi, en s’inspirant de sa seule et petite personne qui naturellement à tendance à s’arranger avec la réalité pour y faire passer ses désirs. Certains grands de ce monde semblent d’ailleurs champions pour jouer à ce jeu-là, en supprimant ainsi des dictionnaires des mots devenus gênants.
L’Esprit de Science garantit en somme que les choses sont étayées, réfléchies. Qu’elles ont été passées au crible de la critique et qu’elles couvrent alors un large consensus dans la communauté des experts dans le domaine. La Science nous empêche de tomber dans les dérives du complotisme qui trafique et tord la réalité pour la faire coller à ses peurs.
Ainsi, l’Esprit de Science encourage l’étude et la réflexion. Elle permet de situer autant la vie que la croyance et la foi, au-delà des simples ressentis et impressions. Il interdit les élucubrations de l’esprit sans fondement. Et il importe de rappeler cela dans cette ère de la post-vérité où nous vivons, qui confond trop souvent la vérité avec le confort de l’imaginaire.
En ce sens, relisons avec curiosité le récit d’Emmaüs (Luc 24). Sur le chemin, Jésus l’inconnu ne se contente pas de demander la foi aux deux pèlerins. Il reprend les Écritures, il remet les événements en contexte, il explique, il argumente. Il fait appel à leur intelligence pour saisir le sens de l’histoire. La foi n’est pas un saut dans le vide; elle est une compréhension éclairée du réel.
Tout cela doit nous inciter à davantage de vigilance, pour garder présent et vivant en nous l’esprit critique dans tous les domaines et pas seulement spirituel. Et demander justement à l’Esprit, le Souffle du Plus-que-Vivant, d’insuffler en nous ce désir de connaître le fond des choses, plutôt que de simplement gratter la surface.
L’exercice est exigeant et complexe. Mais c’est à ce prix qu’est le salut de la société, du monde … et de notre âme aussi !
Amen !
Sandro Restauri, pasteur