Bientôt le soir, demain dimanche 12 juillet

   Il reste deux dons à parcourir avant la pause estivale. Deux dons qui n’en forment en fait qu’un seul dans le texte d’Esaïe 11. Ils sont très proches l’un de l’autre, presque jumeaux. En effet, si le premier, la piété, concerne nos relations humaines, le second, la crainte, marque notre relation à Dieu, à cette présence invisible que l’on pressent au cœur du Vivant. Il faudra bien entendu s’entendre sur ce second, la crainte, qui n’a rien d’une horrible frayeur. Mais il faudra attendre la semaine prochaine. 

   Pour l’heure, parlons de la piété. Ce terme n’a pas forcément meilleure presse, tant il peut paraître mièvre et désuet. S’il est un don de l’Esprit, c’est que justement, l’Esprit agit concrètement sur nos relations interpersonnelles. Il empêche que le ressentiment, la jalousie ou la colère ne prennent le dessus et nous entraînent dans des actes irréparables. 
   La piété, que l’on pourrait aussi traduire par égard, attention, considération, est cette attitude qui prend soin de l'autre, le regarde et le considère avec magnanimité. C’est le regard de Jésus posé sur les mal-aimés de son époque, notamment les bergers, les lépreux, les collecteurs d’impôts et même les soldats romains, l’ennemi occupant d’alors.
   La piété, c’est un don de l’Esprit parce qu’il fait grandir en nous l’image et la ressemblance de Dieu : c’est par notre piété, notre attention à l’autre, que nous devenons le mieux enfants du Très-Haut. Que nous devenons pleinement et divinement humain.

   La piété, l’attention. Ce n’est pas très tendance. Le monde de la concurrence, du tout va vite, du tout parfait, tend en effet à exacerber la différence en cherchant à maximiser le plus possible le vivant, pour le réduire à de simples biens de consommation, en manipulant s’il le faut la réalité. Et non seulement il appauvrit la richesse de nos différences et de nos personnalités, mais il finit par déclasser et voire même par mettre au rebut l’improductif, le divergeant.

   La piété, bien comprise, n’est-ce pas finalement un outil excellent pour parer aux dérives que fait peser sur nous la puissance délétère d’une économie sans âme, qui s’attaque de façon éhontée aux ressources à disposition et aux humains ? Et n’est-ce pas également une façon fine et subtile de résister face à la course sans fin du numérique et de l’IA, lorsqu'elle nous invite, la piété, à chercher sans cesse l’humain plus que la machine !

   La piété, la considération face à l’autre et au vivant, est somme toute une façon forte de traduire le STOP de Dieu face à la puissance du mal.

Amen !


Sandro Restauri, pasteur

 

 

Pensée du jour

Jésus leur dit : ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. (Jean 4.27-42 "v. 34")

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