Bientôt le soir, demain dimanche 11 janvier

   Demain, nous célèbrerons le culte du souvenir, dans ma paroisse. Un temps mis à part pour rappeler ceux et celles qui ont vécu des moments marquants dans leur vie durant l’année écoulée, des naissances, des décès, des mariages. Et à côté des noms des défunts, nous évoquerons également les nombreux jeunes et moins jeunes décédés dans la tragédie de Crans-Montana qui a endeuillé tout notre pays aux premières heures du Nouvel An.

   Je me suis demandé ce qui faisait que ce drame du Bar Constellation avait pris une telle ampleur, au point de décréter une journée de deuil national ce vendredi. Une des raisons tient peut-être au fait que cette tragédie concerne des jeunes et adolescents, fauchés dans leur jeunesse, et péris par le feu. Cela touche aux corps meurtris, détruits, gravement brûlés et atteints. 
   Et quelque chose de viscéral éclate au grand jour : cela fait surgir de manière violente la fragilité de la vie, la fragilité d’un corps humain que l’on croyait peut-être un peu trop invincible jusque là. Mais il ne s’agit pas seulement de jeunesse ou de beauté …  cela touche de plein fouet notre propre perception d’être soi-même corps, notre façon d’habiter la vie, d’habiter sa vie, faite de chair et de sang

   Et parce que cela touche nos enfants, on se sent tous quelque part concernés : car il s’agit ici de la transmission de la vie à travers les générations, il s’agit d’enfantement, de naissance. C’est comme un arbre dont on décapite le sommet; les racines sont toujours là, mais il perd quelque chose d’essentiel, quelque chose d'innommable. 
   Oui, ce sont nos enfants, la chair de notre chair, le fruit de nos entrailles et de nos désirs. Et le deuil extrêmement violent ressenti par les parents et famille vient ébranler en nous nos propres protections : oui cela peut et pourrait arriver à quiconque. 

  Parce que cela touche à la chair de notre chair, parce que cela touche à notre propre devenir quasi viscéral, on sent que la menace nous rejoint profondément. Et il est urgent dans ces circonstances de faire taire un moment nos pourquoi et nos comments, et d’entrer dans une autre dimension, profondément humaine : celle de la communion les uns avec les autres. Et se sentir alors proches les uns des autres. 
   Les gestes au ralenti, parfois délicats et attentionnés, nous permettent alors de sentir que nous sommes des vivants et que nous tenons profondément aux autres, dans ce qu’ils et elles sont, dans leur humanité toute corporelle, parce que la vie les traverse et qu’elle est fragile. Et on le sait alors : la vie ne s’arrête pas, puisque nous sommes là, tous tournés les uns vers les autres.

   Un jour de deuil national vient rappeler ce besoin de communion et d’attention les uns aux autres, non seulement dans nos cœurs et nos têtes, mais aussi dans des gestes qui convoquent nos corps, les mobilisent vers plus de communion et plus de vie.

   Lorsqu’un membre du corps souffre, tout le corps souffre. disait l’apôtre Paul, non sans ajouter juste après Si un membre du corps est à l’honneur, tous les autres partagent sa joie. (1 Corinthiens 12,26)

Amen !

Sandro Restauri, pasteur

 

 

Pensée du jour

Ce n’est pas avec nos pères que le Seigneur a conclu cette alliance ; c’est avec nous, qui sommes ici aujourd’hui, tous vivants. (Deutéronome 5.1-22 "v. 3")

Lire la suite Proposé par : Pain de ce jour

Formulaire de contact

Merci d'avoir contacté

Merci de nous avoir contacté via ce formulaire, nous vous répondrons dès que possible. Avec nos meilleures salutations.