Bientôt le soir, demain dimanche 22 mars

   Revenons ce soir à ces questions de théodicée que nous évoquions la semaine dernière. Les théodicées, ce sont ces compréhensions philosophiques et théologiques pour expliquer la présence du mal dans le monde. On se souviendra de la présence du serpent au premier matin du monde, mystérieuse présence dont on se serait volontiers passé, si tout avait dépendu de nous … quoique …  Et pourtant un serpent, présent malgré tout, déjà là.

   Le mal dans notre corps, le mal dans le monde :  deux réalités proches et intimement liées l’une à l’autre. Souvenons-nous que nous ne subissons pas seulement les inflammations qui se présentent dans nos corps fragiles ; nous sommes également impactés par le mal et la souffrance autour de nous. Impacté également par la souffrance du vivant, du fin fond de la jungle jusqu’au sommet de l'Himalaya, simplement parce que tout entre en résonance avec tout. Tout est relié à travers l’espace et même le temps.
   La chimie et l’astrophysique nous rappellent en effet qu’un atome d’hydrogène dans mon corps a potentiellement déjà appartenu au corps d’une victime dans un camp de concentration et se retrouvera probablement un jour dans l’écorce d’un épicéa, au cœur des forêts de Scandinavie.

   Alors qu’en est-il de Dieu, dont le monde est - disions-nous - le corps ? C’est peut-être là que l’image a sa limite et que notre façon de concevoir Dieu par nos concepts anthropologiques se trouve devant une impasse, face à un mystère. Y aurait-il une cause extérieure à Dieu ? Je serais enclin à répondre clairement non.
   Et pourquoi ? Parce que Dieu embrasse et comprend l’entier du monde, voire même de l’Univers : le ciel et les étoiles … la réalité visible et la réalité invisible sont en lui, comme elles sont en nous et autour de nous.

   Le mal n’est probablement pas ou plus à rechercher comme une cause, fût-elle externe à la vie. Mais comme ce mécanisme qui déjoue et entrave naturellement l’élan vital, dans ce cycle éternel de naissance, de vie et de mort. Un mécanisme biologique façonnant notre monde depuis l’aube des temps … 4,5 milliards d’années disions-nous pour notre petite planète bleue … et 13,8 milliards pour l’univers.
   Le mal, dont Dieu est lui-même éclaboussé, n’est-il pas dès lors ce même mal qui déroute, qui choisit de mal faire pour le plaisir absurde de nuire, de grossir le trait par peur ou par colère, qui cherche à imposer sa loi sans attention à autrui ? Voilà ce qui me paraît sage de dire à son sujet.

   Dès lors, un nouveau regard sur le mal s’offre à moi : Le mal est mauvais dans la mesure où il entrave le cours naturel de la vie, et fait oublier que la vie est tissée de symbioses, de communions, d’harmonies dans les rapports. Que la vie est faite de délicats équilibres qu’il faut sauvegarder.

Amen !

Sandro Restauri, pasteur

 

 

 

Pensée du jour

Jésus leva les yeux vers le ciel et dit : « Père l'heure est venue. » (Jean 17.1-11a "v. 1")

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