Bientôt le soir, demain dimanche 22 février
Après une semaine de vacances, je reviens à vous avec cette question du corps et — comme promis — nous avançons maintenant sur des thématiques plus théologiques, pour ne pas dire simplement spirituelles. Cela nous conduira ainsi jusqu’à Pâques : une belle façon de traverser ce temps de la Passion et du Carême.
Mon corps est donc ce lieu fascinant et mystérieux par excellence où s'exprime, et par lequel s’exprime, mon humanité incarnée, visible, accessible. Un corps qui me relie, de fait, à l’immensité du monde créé.
Alors, la question qui va nous accompagner ces prochaines semaines est la suivante : que devient mon corps lorsque je réfléchis au mystère — tout aussi insondable, sinon plus — de l’incarnation ? En effet, la tradition chrétienne, plus que n’importe quelles autres traditions religieuses, affirme que Dieu — qu’on choisira d’appeler Seigneur ou de tout autre nom qu’on veuille lui donner — choisit, lui également, de se faire corps parmi les humains. C’est du moins ce que raconte l’histoire de cet homme de Nazareth, reconnu comme le Fils du Très-Haut, le Fils du Dieu vivant.
Si beaucoup de traditions religieuses, telles que l’hindouisme, le bouddhisme et même l’islam dans une moindre mesure, affirment l’importance du corps comme lieu où s’exprime le mieux notre être au monde, la tradition chrétienne est probablement la seule tradition à affirmer que Dieu s’incarne de facto et se fait homme parmi les humains. Et cela non pas de façon temporaire, mais de façon permanente et définitive.
Ce mystère de l’incarnation valorise, sans méprise aucune, la matière, le corps, la fragilité. Il a de quoi nous mettre en éveil et nous inviter à repenser notre rapport au monde et à la vie, désormais habités et inspirés par la douceur de Dieu. Un Dieu et Maître de l’espace et du temps, qui pose son regard plein de bienveillance sur notre humanité et notre vivre-ensemble.
Il s’agira dès lors de repenser Dieu et son histoire avec nous, à partir de ce que nous avons élaboré depuis quelques semaines au sujet du corps. En quoi notre corps est-il, ou devient-il, également son corps ? En quoi le mystère de l’incarnation nous aide-t-il à penser une éco-théologie du vivant ? En effet, si Dieu se fait chair, comme le rappelle le premier chapitre de l’Evangile de Jean, la matière n’est plus un simple réceptacle : elle est lieu de révélation.
Amen
Sandro Restauri, pasteur