Bientôt le soir, demain dimanche 18 janvier
J’aimerais ces deux prochains mois m’interroger avec vous sur notre rapport au corps. Le drame de Crans Montana nous a fait sentir avec violence la fragilité de nos corps. Et je me dis que nous sommes peu de choses sommes toutes face aux multiples dangers, que cela soit face au feu, au déchaînement de la météo ou de la nature, voire face à la folie et la stupidité humaine.
Que nous soyons des vertébrés, et non des crustacés (voire des mollusques), change beaucoup de choses dans notre façon d’envisager notre vie ici-bas. Cela touche notre être intérieur, qui se sait de fait bien fragile et à la merci de ce qui l’environne.
Certes le corps regorge de ressources parfois inimaginables, il n’en demeure pas moins que le petit de l’humain est le plus dépendant de tous les mammifères et il demande des soins et de l’attention. Le problème, c’est qu’il tend à l’oublier avec le temps.
Cela dit quelque chose de notre identité-même. Et il est bon alors de rappeler que l’Hébreu de l’Ancien testament ne dit pas “J’ai un corps”, comme il dirait “j’ai une voiture, une maison ou un bon repas”. Il dit “Je suis un corps”. Cela dénote quelque chose d’important au sujet de notre façon de nous situer dans l’espace, d’être incarné - le mot est lâché - bref de notre place dans le monde créé. Et on prend ainsi tout à nouveau conscience d’être une âme dans un corps, ou un corps habité par une âme.
Là où la modernité nous a trop mal habitués à séparer le corps d’un côté et l’âme de l’autre, la vie - avec ses élans et plus encore avec ses drames et ses maladies - nous invite à ressentir cette étonnante et fascinante unité de l’un et l’autre.
C’est là notre condition humaine : nous sommes des êtres vivants, faits de chair et de sang, traversés par un souffle qui nous tient en haleine et vivants. Et nous percevons du dedans - dans notre chair, en échos avec elle - les heurs et malheurs de notre quotidien, tout comme ceux du monde autour de nous.
Jésus n’avait-il pas frémi par tout son corps à l’annonce de la mort de son cher ami Lazare (Jean 11, 35) ?
Amen
Sandro Restauri, pasteur