« Etre un bon prochain » (18.01.26 - inspiré par un texte de MLK)
Luc 10 : Qui est mon prochain ? La parabole du Samaritain
25Un spécialiste des Écritures intervint alors. Pour tendre un piège à Jésus, il lui demanda : « Maître, que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle ? » 26Jésus lui dit : « Qu'est-il écrit dans notre Loi ? Comment le comprends-tu ? » 27Il répondit : « “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta force et de toute ta pensée.” Et aussi : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même.” » 28Jésus lui dit alors : « Tu as bien répondu. Fais cela et tu vivras. » 29Mais le spécialiste des Écritures voulait se justifier. Il demanda donc à Jésus : « Et qui est mon prochain ? » 30Jésus répondit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho lorsque des brigands l'attaquèrent, lui prirent tout ce qu'il avait, le battirent et s'en allèrent en le laissant à demi-mort. 31Par hasard, un prêtre descendait cette route. Quand il vit le blessé, il passa de l'autre côté de la route et s'éloigna. 32De même, un lévite arriva à cet endroit, il vit le blessé, passa de l'autre côté de la route et s'éloigna. 33Mais un Samaritain, qui voyageait par là, arriva près du blessé. Quand il le vit, il fut bouleversé. 34Il s'en approcha davantage, versa de l'huile et du vin sur ses blessures et les recouvrit de pansements. Puis il le plaça sur sa propre bête et le mena dans une auberge, où il prit soin de lui. 35Le lendemain, il sortit deux pièces d'argent, les donna à l'aubergiste et lui dit : “Prends soin de lui ; lorsque je repasserai par ici, je te paierai moi-même ce que tu auras dépensé en plus pour lui.” »
36Jésus ajouta : « Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de l'homme attaqué par les brigands ? » 37Le spécialiste des Écritures répondit : « Celui qui a été bon pour lui. » Jésus lui dit alors : « Va et toi aussi, fais de même. »
Prédication : « Etre un bon prochain »
Résumé : Dans la parabole racontée par Jésus, le Samaritain est le bon prochain, qui fait preuve d’un altruisme universel, dangereux et excessif. Un exemple, comme celui du Christ, à suivre pour aujourd’hui.
Une prédication à écouter ici.
Chers frères et sœurs en Christ,
Qu’est-ce que c’est « être un bon prochain » ?
- Un chef d’état qui ne prend pas la carte du monde pour un terrain de jeu ? (« non Donald, tu peux pas avoir le Groenland, tu n’as pas encore fini ton Vénézuéla »)
- Un dessinateur de presse français respectueux, LUI, de la tragédie de Crans-Montana, merci Plantu, aussi de citer une des 3 jeunes : « on ne peut pas rajouter des jours à la vie mais on peut rajouter de la vie aux jours »
- Une épouse compréhensive quand son mari est malade avec 39 de fièvre (toute allusion à une situation vécue est purement fortuite), c’est aussi cela un bon prochain, en dépit de nos différences.
Ce matin, j’aimerais vous communiquer les mots de MLK, parce qu’ils me semblent qu’ils nous parlent pour aujourd’hui. Écoutez.
Je voudrais vous parler d'un homme bon dont la vie exemplaire sera toujours une lumière éclatante, troublant la conscience endormie de l'humanité. (…) Il était bon parce qu'il était un bon prochain. (…)
Qui est mon prochain ? je ne sais pas son nom, réponds en substance Jésus. C'est celui envers qui vous agissez en bon compagnon. C'est celui qui se trouve dans le besoin au bord de la route. Il n'est ni juif ni Gentil ; il n'est ni russe ni américain ; il n'est ni noir ni blanc. C'est un humain -tout humain dans le besoin- sur l'une des nombreuses routes de Jéricho de la vie. Jésus définit donc le prochain non par une formule théologique mais par une situation vitale.
(…) Oui, le Bon Samaritain était altruiste jusqu'au fond du cœur. (…) Il était bon parce qu'il faisait de la préoccupation d'autrui la première loi de sa vie.
I : un altruisme universel
D’abord, le Samaritain était capable d'un altruisme universel. Il percevait avec acuité ce qui est au-delà des éternels hasards de race, de religion et de nationalité. Une des grandes tragédies du long voyage de l’humain sur les grandes routes de l'histoire, a été la restriction du souci du prochain à la tribu, à la race, à la classe, à la nation. Le Dieu de l'Ancien Testament était un dieu tribal et la morale était tribale. « Tu ne tueras point » signifiait « tu ne tueras point un frère israélite, mais pour l'amour de Dieu tue un philistin ! » (…)
De ce point de vue, cela signifie que personne ne se soucie réellement de ce qui arrive aux gens en dehors de son propre groupe. Si un Américain ne se soucie que de sa nation, il ne sera pas concerné par les peuples d'Asie, d'Afrique ou d'Amérique du Sud. N'est-ce pas pour cela que les nations s'engagent dans la folie de la guerre sans le plus mince sentiment de repentir ? (et j’ajoute : regardons l’actualité) N'est-ce pas pour cela que le meurtre d'un compatriote est un crime, mais que le meurtre des citoyens d'une autre nation en guerre est un acte de vertu héroïque? (…)
La vraie tragédie de ce régionalisme est que nous voyons les gens comme des entités ou simplement comme des choses. Rarement nous voyons les gens véritablement en tant qu'humains. Une myopie spirituelle restreint notre vision aux hasards extérieurs. Nous voyons les gens comme juif ou Gentils, catholique ou protestant, chinois ou américain, noir ou blanc, j’ajoute Rom ou SDF. Nous ne pensons pas à eux comme à des frères humains, fais de la même matière que nous, modelés sur la même image divine. Le prêtre et le lévite ne virent qu'un corps ensanglanté, non un être humain semblable à eux. Mais le Bon Samaritain nous rappellera toujours qu'il faut détacher de nos yeux spirituels la cataracte du régionalisme et voir les humains comme humain. Si le Samaritain avait considéré le blessé d'abord comme un juif, il ne se serait pas arrêté, car Juifs et Samaritains n'avaient pas de rapport. Il le vit d'abord comme un être humain, qui n'était Juif que par hasard. Le bon prochain regarde au-delà des hasards externes et il discerne ses qualités intérieures qui rendent tous les hommes humains et donc frères.
II : un altruisme dangereux
Ensuite, le Samaritain était capable d'un altruisme dangereux. Il risque sa vie pour sauver son frère. Si nous nous demandons pourquoi le prêtre et le lévite ne se sont pas arrêtés pour aider le blessé, de nombreuses hypothèses nous viennent à l'esprit. Peut-être ne pouvaient-ils pas se mettre en retard, allant à une importante réunion ecclésiastique? (…) Ou alors ils ont peur. La route de Jéricho était une route dangereuse [qui] (…) autrefois s'appelait la montée du sang. Il est donc possible que le prêtre et le lévite avaient craint, s'ils s'arrêtaient, d'être attaqués eux aussi. Peut-être les brigands étaient-ils encore à proximité. Et le blessé ne pouvait-il pas être un faux blessé cherchant à attirer les passants à sa portée afin de s'en rendre maître vite et sans peine? j'imagine que le prêtre et le lévite se posèrent d'abord cette question : « Que m'arrivera-t-il si je m'arrête pour aider cet homme?"
Et j’ajoute : Un peu comme un passant devant le Constellation à 1h32 qui se dirait : « que m’arrivera-t-il si je vais dans le brasier ? et si je passais plutôt tout droit ? »
En raison même de sa préoccupation, le Bon Samaritain renversa la question : « Qu'arrivera-t-il à cet homme si je ne m'arrête pas pour l'aider? » le Bon Samaritain était engagé dans un altruisme dangereux, et j’ajoute : comme tant de sauveteurs de Crans-Montana.
(...) Le bon prochain risquera sa situation, son prestige et même sa vie pour le bien-être des autres. (…)
III : un altruisme excessif
Enfin le Samaritain était doté d'un altruisme excessif. De ses propres mains, il pansa les blessures de l'homme et le chargea sur sa propre monture. Il eût été plus facile de payer une ambulance pour conduire l'infortuné à l'hôpital, au lieu de risquer de voir son élégant habit souillé de sang.
L’altruisme authentique est plus que l'aptitude à la pitié ; c'est l'aptitude à être empathique. La pitié peut n'être pas beaucoup plus que le souci impersonnel vite prêt à envoyer un chèque, mais la vraie empathie est le souci personnel qui réclame le don de soi. (…). L’empathie est un sentiment fraternel pour la personne dans le besoin, pour sa peine, pour son angoisse, son fardeau. (…) Un bon prochain requiert donc un engagement personnel. Le Samaritain a pansé de ses mains les blessures corporelles de l'homme attaqué et il a rayonné en outre assez d'amour pour panser les blessures de son esprit désemparé.
(...)
Plus que jamais dans le passé, mes amis, les hommes de toute race et nation sont aujourd'hui confrontés au bon voisinage. L’appel à une politique mondiale de bon voisinage est plus qu'une pierre de touche éphémère ; (…) Nous ne pouvons plus nous payer le luxe de passer de l'autre côté. Une telle folie s'appelait naguère une faiblesse morale ; aujourd'hui elle conduit au suicide universel. Nous ne pouvons longtemps survivre spirituellement séparés dans un monde globalisé. En fin de compte, je ne puis ignorer le blessé de la route de Jéricho, parce qu'il est une part de moi-même et que je suis une part de lui-même. Sa souffrance me diminue et son salut me grandit.
Dans notre quête d'un amour du prochain qui devienne une réalité, nous avons pour nous guider, outre l'exemple stimulant du bon Samaritain, la vie magnanime de notre Christ. Son altruisme fut universel, car il pensait à tous les humains, même publicains et pécheurs, comme à des frères. Son altruisme fut dangereux, car il traversa volontairement des routes hasardeuses pour une cause qu'il savait juste. Son altruisme fut excessif, car il choisit de mourir sur le Calvaire, et l'histoire ne peut nous fournir d'expression plus magnifique de l'obéissance au non imposable.
Comme nous avançons sur notre route de Jéricho, rappelons-nous de l’exemple du Samaritain et de l’appel du Christ à aimer. Comme toutes ces femmes en Iran, ne nous demandons pas : « que pourrait-il m’arriver à moi ? », mais « que pourrait-il leur arriver si je n’agis pas ? »
Ainsi, en faisant comme le bon Samaritain et comme le Christ, nous trouverons que le salut de mon prochain est intimement lié au mien, et sa guérison nous guérira nous aussi. Allons, et faisons de même.
Amen.
Réactions (assemblée)
- Un altruisme universel, dangereux et excessif, comment cela me parle pour ma vie ?
- Comment cette parabole fait écho à ma vie ou à ma vision de la foi ?
Confession de foi de MLK
Aujourd'hui,
dans la nuit du monde
et l'espérance de la Bonne Nouvelle,
j'affirme avec audace
ma foi en l'avenir de l'humanité!
Je refuse de croire que les circonstances actuelles
rendront les hommes incapables de faire une terre meilleure.
Je refuse de partager
l'avis de ceux qui prétendent que l'homme
est à ce point captif de la nuit sans étoiles,
du racisme et de la guerre,
que l'aurore radieuse de la paix
et de la fraternité
ne pourra jamais devenir réalité.
Je crois que la vérité et l'amour sans conditions
auront le dernier mot effectivement.
La vie, même vaincue provisoirement,
demeure toujours plus forte que la mort.
Je crois fermement que, même au milieu des obus
qui éclatent et des canons qui tonnent,
il reste l'espoir d'un matin radieux.
Je crois également qu'un jour,
toute l'humanité reconnaîtra en Dieu
la source de son amour.
Je crois également que la volonté salvatrice et pacifique
deviendra un jour la loi.
Le loup et l'agneau pourront se reposer ensemble,
chaque homme pourra s'asseoir sous son figuier dans sa vigne,
et personne n'aura plus raison d'avoir peur.
Je crois fermement que nous l'emporterons!
Amen.