« Gandalf ou la présence réconfortante du Ressuscité à nos côtés » (03.05.26 - Seigneur des Anneaux)

Lecture biblique : Évangile selon Marc 9

2Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les conduit à l'écart sur une haute montagne. Et il fut transformé devant eux ; 3ses vêtements devinrent d'un blanc si brillant que personne sur terre ne réussirait à obtenir une blancheur pareille. 4Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux parlaient avec Jésus. 5Pierre prend alors la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici. Dressons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. » 6En fait, il ne savait que dire, car ils étaient très effrayés. 7Une nuée survint et les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le ! » 8Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus, seul avec eux. 9Tandis qu'ils descendaient de la montagne, Jésus leur recommanda de ne raconter à personne ce qu'ils avaient vu, jusqu'à ce que le Fils de l'homme ressuscite d'entre les morts. 10Ils suivirent cette recommandation, mais ils se demandaient entre eux : « Que veut-il dire par “ressusciter d'entre les morts” ? »

Prédication : « Gandalf ou la présence réconfortante du Ressuscité à nos côtés »

Résumé : Dans la trilogie du Seigneur des anneaux, le sage Gandalf meurt, comme le Christ, avant de ressusciter 3 jours plus tard, après être descendu aux enfers. Son apparition à 3 amis rappelle l’épisode de la transfiguration de Jésus, signe de la résurrection à venir et de la présence du Ressuscité à nos côtés, dans nos difficultés, dans nos combats. Une invitation aussi à l’écouter dans nos vies.

Prédication à écouter ici.

 

Bien-aimé·es dans le Seigneur,

(musique QP1C)

Top, je suis… 
un homme très puissant
défiant les puissances du mal et la mort
pendant trois jours hors du temps 
à travers le feu et l'eau profondes 
pour revenir sur terre 
afin de lutter contre le symbole du mal
Je suis, je suis, …. 
Oui, vous avez la réponse ! 
Non pas Donald Trump ! 
Si vous avez pensé à Gandalf dans Le Seigneur des Anneaux, 
c'est bien joué. 
Mais si vous avez pensé à Jésus dans les Évangiles, 
vous avez raison aussi !

En effet ce matin nous allons voir comment le personnage de Gandalf, écrit par le catholique JRR Tolkien, éclaire le message du Christ que nous avons entendu tout à l’heure dans le récit de la transfiguration. Enfin, « éclaire », c’est une façon de parler…

Pour resituer rapidement Le Seigneur des Anneaux, si vous sortez de 70 ans dans une grotte et que vous ne connaissez pas cette histoire culte, c'est l'histoire d'un petit bonhomme aux pieds poilus qui reçoit de son oncle un anneau maléfique au grand pouvoir. Pour venir à bout du maléfice, il doit partir en rando avec une ribambelle de potes bizarres, la communauté de l'anneau, afin de détruire l'artefact en le jetant dans un volcan qui se trouve au milieu d'un désert de cailloux dans la région du Mordor, qui n'est pas très sympathique puisqu'elle est dominée par Sauron, symbole du mal, représenté par un gros oeil en haut d'une vilaine tour qui sent bon les méchants. Et lors de cette quête, un certain Gandalf, après avoir résisté à un curieux dragon nommé Balrog avec sa fameuse phrase : « vous ne passerez paaaas », après avoir mené un combat pendant trois jours, donc, passe je cite tolkien « hors du temps et de la pensée à travers le feu et l'eau profonde. » Cela ne vous fait pas penser à… Jésus ? Comme le dit la confession de foi du Symbole des apôtres : « il a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers ; le troisième jour est ressuscité des morts… »

Dans le tome 2 de la saga Le Seigneur des Anneaux, alors que Legolas, Aragorn et Gimli marchent dans la forêt, encore meurtris par la mort de leur ami Gandalf, ce dernier réapparaît devant eux, entouré d'un halo de lumière étincelante. Regardez.

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Un nouveau nom pour une nouvelle vie : Gandalf le blanc. 

J’aimerais rapidement souligner 4 points communs dans ce passage du Seigneur des Anneaux avec le récit de la transfiguration que nous avons entendu tout à l’heure

  • Premièrement, le lieu et les personnages : Dans les Évangiles, l'épisode de la Transfiguration de Jésus se déroule sur une montagne et sous les yeux de 3 de ses disciples, Pierre, Jacques et Jean. Dans le roman de Tolkien, la Transfiguration de Gandalf se déroule elle aussi sous les yeux de 3 personnages proches du magicien, Aragorn, Legolas et Gimli. La scène n'intervient pas sur une montagne à proprement parler. Mais Tolkien précise quand même que Gandalf se trouve spatialement sur un point haut, au sommet d'un grand rocher.
  • Deuxièmement, le vocabulaire et la description de la scène : Dans les Évangiles, le visage de Jésus resplendit comme le soleil et « 3ses vêtements devinrent d'un blanc si brillant que personne sur terre ne réussirait à obtenir une blancheur pareille. ». On se croirait dans les 12 travaux d’Asterix : Olympe, la lessive des dieux. Quant au roman de Tolkien, Gandalf apparaît lui aussi dans l'éclat d'une lumière aveuglante. « Ses cheveux étaient blancs comme neige au soleil et sa robe d'un blanc étincelant. »
  • Troisièmement, la réaction de joie et de crainte en face d'un tel événement. Dans les Évangiles, les disciples éprouvent simultanément de la joie et de la crainte. L'Évangile rapporte les paroles de Pierre. « Seigneur, il est bon que nous soyons ici. » Ainsi que la réaction des disciples : « En entendant cela, les disciples tombèrent sur leur face et furent saisis d'une grande crainte ». Dans le roman de Tolkien, les amis de Gandalf éprouvent aussi ce sentiment mêlé de joie et de crainte. « Entre l'émerveillement, la joie et la crainte, ils restèrent saisis. »
  • Quatrièmement, l'incapacité des disciples à parler au moment de la transfiguration. Dans l'Évangile de Marc, un court verset indique que Pierre ne peut plus parler : « De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. » (Marc 9,6) Il est comme happé par l'incompréhension face au mystère qui se déroule devant lui. Dans le roman de Tolkien, les trois aventuriers sont également incapables de réagir et de parler face à l'événement éclatant qui se produit. Le texte dit « ils restèrent saisis et ne trouvèrent rien à dire ». 

Dans les évangiles, la scène de la transfiguration annonce la résurrection à venir, avec l'éclat de la divinité du Christ qui resplendit déjà brièvement et montre ainsi qu’il est Dieu. C'est justement ce que symbolise le Blanc. D'ailleurs, dans la tradition orientale et dans l'art de l'icône, le Christ est peint en blanc uniquement lors de ces deux épisodes : la transfiguration et la résurrection. Le retour de Gandalf après son combat contre le Balrog dans les mines de la Moria fait donc bien référence à la résurrection de Jésus après sa descente aux enfers.

Ainsi, bien aimés dans le Seigneur, Gandalf est une figure christique qui elle aussi ressuscite. Mais qu’est-ce que cela veut dire pour nos vies ? Il me semble que son personnage vient éclairer, si j’ose dire, la bonne nouvelle de Pâques.

D’abord, la figure de Gandalf le blanc, entendez le Christ ressuscité, accompagne les héros de l’histoire, Sam et Frodon, dans leur quête de détruire l’anneau du mal, et cela de manière cruciale, souvent à distance, par exemple pour faire diversion (et « libérer » le passage), ou appelant les Aigles pour aller chercher Sam et Frodon sur les pentes de la Montagne du Destin. En bref, nous pourrions dire Gandalf le blanc agit pour sauver Sam et Frodon (et la quête), comme le Christ agit dans nos vies pour nous sauver.

Ensuite, Gandalf donne constamment de l’espérance par sa parole. Notamment avec cet extrait de la bataille de Minath Tirith : 

« Le voyage ne s’achève pas ici. La mort n'est qu'un autre chemin, nous le prendrons tous. Le rideau de pluie grisâtre de ce monde s'ouvrira et tout sera brillant comme de l’argent. » 

Ou encore valorisant les actes des petits face au mal : 

« Certains pensent que seul un grand pouvoir peut tenir le mal en échec. Mais ça n’est pas ce que j’ai découvert. Je crois que ce sont les petites choses, les gestes quotidiens des gens ordinaires qui nous préservent du mal. De simples actes de bonté et d'amour. »

Par la parole, donc, Gandalf insuffle de l’espérance. Comme le Christ lors de la transfiguration. « Celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le ! » La voix qui retentit dans la nuée dit exactement la même chose que celle qui avait été entendue lors de son baptême… en ajoutant toutefois ces mots : « Ecoutez-le ! »

Oui, dans nos combats, dans nos quêtes de vie, écoutons le Christ ! 
Écoutons-le nous enseigner en paroles et actes, tels que relatés dans les évangiles. 
Écoutons-le quand il nous dit d’avoir confiance dans nos combats, et de ne pas perdre espoir.
Écoutons-le quand il nous dit que le plus grand commandement, c’est d’aimer Dieu et notre prochain. 
Écoutons-le quand il nous parle de pardon, de guérison et nous appelle à changer de vie. 
Écoutons-le dans la prière au plus intime de notre cœur. 
Écoutons-le nous insuffler l’espérance.

Ainsi, bien-aimés dans le Seigneur, ce matin recevons cette bonne nouvelle de la résurrection à venir et de la présence du Ressuscité à nos côtés, dans nos difficultés, dans nos combats, comme Gandalf le blanc l’a été pour Sam et Frodon. Une invitation aussi à l’écouter dans nos vies, lui qui nous insuffle des paroles d’espérance. Comme Gandalf le blanc.

Amen.

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