Vos lieux de culte Église 29

Évangile selon Luc, chapitre 20, versets 27 à 38 :

27Alors s'approchèrent quelques Sadducéens. Les Sadducéens contestent qu'il y ait une résurrection. Ils lui posèrent cette question : 28« Maître, Moïse a écrit pour nous : Si un homme a un frère marié qui meurt sans enfants, qu'il épouse la veuve et donne une descendance à son frère. 29Or il y avait sept frères. Le premier prit femme et mourut sans enfant. 30Le second, 31puis le troisième épousèrent la femme, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d'enfant. 32Finalement la femme mourut aussi. 33Eh bien ! cette femme, à la résurrection, duquel d'entre eux sera-t-elle la femme, puisque les sept l'ont eue pour femme ? »

34Jésus leur dit : « Ceux qui appartiennent à ce monde-ci prennent femme ou mari. 35Mais ceux qui ont été jugés dignes d'avoir part au monde à venir et à la résurrection des morts ne prennent ni femme ni mari. 36C'est qu'ils ne peuvent plus mourir, car ils sont pareils aux anges : ils sont fils de Dieu puisqu'ils sont fils de la résurrection. 37Et que les morts doivent ressusciter, Moïse lui-même l'a indiqué dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. 38Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants, car tous sont vivants pour lui. »

 

Lettre aux Romains, chapitre 8, versets 38 à 39 :

38Oui, j'en ai l'assurance : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Autorités, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, 39ni les forces des hauteurs ni celles des profondeurs, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur.

 

« Tous sont vivants pour lui. »

 

Frères et sœurs,

 

le décès d’un proche nous confronte à la fin.

La fin d’un lien, d’une proximité.

La fin aussi de la vie.

 

Et l’on ne peut rien faire contre cela.

On se sent impuissant.

On regarde où trouver de l’aide, du secours.

Quelque chose, quelqu’un à qui l’on pourrait se raccrocher.

Quelque chose, quelqu’un de plus fort que la mort.

Quelque chose, quelqu’un qui peut ce que, nous,

nous ne pouvons pas.

Le Tout-Puissant.

L’Éternel.

Dieu.

 

Mais quelle place occupe-t-il dans tout cela ?

 

Un marionnettiste qui tire toutes les ficelles,

et dont on ne comprend pas toujours les décisions ?

 

Ou bien un observateur, placé à bonne distance,

soutenant peut-être secrètement nos efforts et nos combats,

mais s’interdisant d’intervenir directement ?

 

Ou encore un secouriste prêt à partir,

mais dont on attendrait encore la venue sur le lieu du drame ?

 

C’est souvent ainsi que nous le percevons :

Dieu comme quelqu’un d’extérieur

dont nous attendons un mouvement, un geste :

qu’Il se fasse plus proche.

 

 

Jésus, lui, nous invite à un autre regard.

En parlant de Dieu, il a des mots très forts :

« Tous sont vivants pour lui. »

Oui, « tous sont vivants pour lui. »

 

Seulement, comment comprendre cette parole ?

 

On peut y voir quelque chose que l’on connaît bien.

Pour moi, Mozart, Saint-Exupéry, Gandhi sont toujours vivants,

de par l’œuvre qu’ils ont faite.

Pour Dieu, cela serait un peu la même chose,

mais en plus large,

puisque « tous sont vivants pour lui ! »

Un souvenir extrêmement fort…

Une empreinte laissée par chacune et chacun dans Son cœur.

Une empreinte qui vibre encore.

 

 

Mais peut-être nous égarons-nous à en rester

à ce que nous connaissons déjà.

Eh oui : et si c’était de tout autre chose que Jésus parlait ?

Quelque chose d’autrement plus fort, d’autrement plus vrai,

d’autrement plus réel ?

« Tous sont vivants pour lui. »

 

Oui, pour le Dieu vivant, tous sont vivants.

Parce que telle est la marque de Sa présence.

Telle est la marque du lien par lequel Il s’est uni à nous,

et aussi à chaque personne qui est venue sur cette terre.

 

Dieu, non pas comme un réanimateur débarquant quand tout est au plus mal…

Dieu qui est déjà là dans nos vies, dans nos personnes, depuis le début, et même avant.

Présent pour chacune, pour chacun,

à chaque étape, à chaque pas qui est fait.

 

Oui, le Dieu vivant,

non pas à des années-lumière de notre quotidien.

Mais là, ici, avec nous, et aussi en nous.

Si proche, que tout en nous est touché par cette vie

qui rayonne de Sa présence.

Si proche que chacun, que chacune,

même arrivé au terme de son existence,

est toujours enveloppé dans cette lumière.

Vivant de cette vie.

 

Les images sont maladroites, mais elles peuvent aider.

Vous le savez, au centre de notre corps, dans notre poitrine,

il y a le cœur qui fait circuler la vie tout autour,

dans nos organes, et jusqu’au bout de nos doigts.

Eh bien, c’est de même qu’au cœur de notre personne,

au cœur de notre vie, au cœur de notre cœur,

il y a le Dieu vivant.

Non pas comme un objet enfermé dans une boîte.

Mais bien comme une vie qui se communique,

qui se diffuse, qui porte.

 

Une présence qui change tout.

Quelqu’un est là depuis toujours et aussi pour toujours.

Un lien que rien ne peut détruire,

et qui fait que « tous sont vivants pour lui. »

Puisque tous sont touchés par Sa main, par Son cœur,

qui transmet la vie.

 

 

 

Dans la lettre aux Romains, l’apôtre dit :

« J'en ai l'assurance : […]

rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté

en Jésus Christ, notre Seigneur. »

 

Nous le savons bien, la mort n’empêche pas l’amour.

C’est d’ailleurs pour cela que nous pleurons.

Le sentiment est toujours là, fort.

La page n’est pas tournée.

 

Seulement, l’apôtre va plus loin, et il dit :

« Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu

manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur. »

 

L’amour de Dieu comme ce qui triomphe de la séparation.

Comme ce qui la surmonte.

 

Un sentiment, une ferveur, bien sûr.

Mais aussi une force.

Un engagement.

Une présence.

Un lien.

Une efficacité.

 

L’amour comme un geste réel, et même tangible.

Dieu qui, en Jésus, nous a tous pris sur Son cœur, dans Son cœur,

Pour ne plus jamais nous lâcher.

 

Oui, même au cœur de notre mort,

le Dieu vivant est là qui nous tient, qui ne nous lâche pas.

Même au cœur de notre mort,

Son cœur est là qui bat pour nous, avec nous.

 

Telle est cette lumière qu’il est important de voir,

quand la nuit paraît si forte,

quand la séparation semble si absolue.

Nous ne sommes pas abandonnés.

L’amour du Dieu vivant nous porte, nous réchauffe, nous irrigue,

à chaque instant.

 

Tous, nous sommes vivants pour Lui.

 

Tous, vraiment.

Aussi ceux et celles qui nous ont quittés.

Car rien ne peut faire obstacle à cette volonté de Dieu,

à cet engagement de Dieu,

à cet amour de Dieu,

qui veut nous partager Sa lumière, Sa vie.

 

À Lui notre espérance et notre foi.

À Lui aussi notre amour, maintenant et toujours.

 

Amen