L'équipe de soutien d'urgence en bref

Se trouver aux côtés des personnes qui traversent l’une de pages les plus sombres de leurs vies est la mission des membres de l’ESU (équipe de soutien d’urgence). Pour les équipier·es de l’ESU, cela fait totalement sens d’être présent·e au cœur des drames.

L’équipe de soutien d’urgence intervient plus de 240 fois par année sur mandat des services d’urgence et particulièrement de la Police cantonale vaudoise. Les équipier·es de l’ESU accompagnent les personnes impliquées dans des événements potentiellement traumatisants et les annonces de décès. Son organisation a été confiée aux deux Eglises historiques reconnues comme institutions de droit public (L’Eglise réformée du canton de Vaud et l’Eglise catholique dans le canton de Vaud) et ses interventions au service de tou·tes sont confessionnellement neutres, dans le respect des convictions de chacun·e.

Nouvelle volée de formation

Une nouvelle formation démarrera en automne 2024. Il s’agit de se former à offrir un soutien psycho-social et spirituel immédiat aux victimes, témoins ou proches qui sont soumis·es à une forte charge émotionnelle. La formation dure 160 heures sur 2 années. Cette formation est ouverte pour les ministres mais aussi pour les laïques dont le parcours professionnel et de vie les pousse à rejoindre cette structure.

René Giroud

Témoin d’espérance dans le chaos

«Bonjour, c’est Liliane Rudaz du soutien d’urgence. Je viens de recevoir une alarme pour le secteur Nord.»

C’est par ces mots que commencent mes interventions de l’équipe de soutien d’urgence (ESU), lors de l’appel à la Centrale vaudoise de police, suite à une alarme reçue sur le natel. J’assure entre 10 et 15 gardes de 5 heures par mois pour un à deux secteurs du canton. Durant ces gardes, je vaque à mes occupations, mais je dois être prête à partir à tout moment. En moyenne, je fais une intervention par mois.

Si j’ai un rituel bien rôdé pour partir en intervention (enfiler le gilet ESU, prendre mon sac à dos qui contient ce que j’aime avoir avec moi pour les interventions, rouler sans radio pour me concentrer sur l’intervention à venir), chaque intervention reste unique et représente un vrai défi. 

Ces interventions sont des moments où le temps est dense, où chaque geste et mot ont un poids particulier. Un événement tragique vient d’avoir lieu et une famille, un groupe d’amis, des proches vont vivre l’irruption d’un inattendu qui bouleversera leur vie. Dans une intervention récente une gendarme a exprimé notre intervention avec humour. Elle a dit: «Nous on casse tout en annonçant la mauvaise nouvelle, l’ESU reste après pour ramasser les morceaux et les recoller.»

Rester présent·es auprès de personnes dont la vie vient de basculer tragiquement, être par notre simple présence humaine des témoins d’espérance dans ces heures de chaos, amener un peu de structure dans un moment de bouleversement, c’est ce que nous faisons dans nos interventions, quelle que soit la tragédie qui vient d’avoir lieu.

Quand je rentre de mon intervention, je dépose la situation dans la prière, j’enlève mon gilet, je remets mon sac en ordre et généralement je bois et mange un petit quelque chose, afin de signifier que malgré tout, la vie continue.

Liliane Rudaz

Pensée du jour

La maison de Dieu (Genèse 35,1-15)

Lire la suite Proposé par : Pain de ce jour