Un mot qui résonne fort à nos oreilles en ces jours si particuliers.

P… comme POUVOIR, celui des dirigeants; et face à lui, il y a mon sentiment d’impuissance, à moi qui, d’ici, regarde ce qui se passe pas loin de chez nous! P… comme PEUPLES, qui se déchirent. P… comme PRIERE : une de nos armes, à nous les chrétiens. Jésus nous invite à prier non seulement pour nos proches, mais également pour nos ennemis. La prière, une arme qu’il vaut la peine d’utiliser en tout temps!

A… comme AMOUR: oui, c’est un grand mot, trop souvent galvaudé; mais si Jésus nous a invités à prier pour nos ennemis, il nous invite également à les aimer. Mais pas à les aimer, comme nous aimons nos proches, nos amis, mais à voir en eux des personnes elles aussi aimées de Dieu, ayant de la valeur à ses yeux. Une manière de voir l’autre pas évidente, lorsqu’il est vraiment mon ennemi, ou qu’il détruit des vies innocentes, des familles, un pays…

I… comme INNOCENCE, comme INJUSTICE, qui me vont droit au cœur…

X… comme ces inconnus mobilisés, armés, victimes ou volontaires, lancés au milieu de combats, alors qu’il y a peu, ils vivaient chez eux tout simplement, comme vous, comme moi…

PAIX: plus qu’un mot, c’est un état d’esprit, comme aussi un espace de vie auquel nous aspirons tous, où que nous soyons. Alors: « Que la paix soit avec vous!»

Anne-Christine Rapin, pasteure

 

« Sur mes cahiers d’écolier, sur mon pupitre et les arbres, sur le sable sur la neige, j’écris ton nom… » Suivent 21 strophes qui toutes se terminent par « j’écris ton nom… ». Quel nom ? Il faut attendre la fin du poème de Paul Éluard pour le lire enfin « … Liberté ». Ce poème est écrit en pleine guerre en 1941… Ce mot utilisé une seule fois à la fin renforce la puissance de sa valeur.

Je fais partie de ceux qui se réjouissent de voir les restrictions sanitaires levées. Qui ne le serait pas ? Mais que veut dire ce mot « liberté » qui a déchiré tant de couples, de familles ou des amitiés ?

Liberté ! Quand les bruits de guerre en Ukraine grandissent, ou les opposants des régimes Chinois, Russes, Birman, etc… sont punis de mort, la liste serait longue, je suis déçu, triste, irrité par le sens qu’il a pris dans nos pays riches d’occident. Chez nous, n’est-il pas galvaudé ? Notre richesse, notre confort nous ont fait croire qu’être libre signifiait faire ce que l’on veut, quand on veut, comme on veut. Parce que, « moi » vaut mieux que « nous ». Individualisme ? Non, même pas. C’est le « moi » d’abord qui prime : hélas. L’autre sera toujours relégués après moi. Le « nous » n’intervient que pour s’unir dans la violence contre les autres.

Alors le croyant que je suis, aimerait que cette phrase de Paul écrite au printemps 56, il y a 1966 ans, soit mise en œuvre par chacun dans toutes les sphères de notre vie.

« Tout est permis, mais tout n'est pas utile ; tout est permis, mais tout n'édifie pas. Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacun cherche celui d'autrui ». I Cor 10,23-24.

Joël GUY,

Pasteur vicaire, Paroisse de Ballaigues-Lignerolle.

 

Un samedi après-midi, un ami m’a appelée. Nous nous étions brouillés et il m’a dit « Je ne peux pas aller prendre la sainte cène demain sans m’être réconcilié avec toi ». Cela m’avait touchée mais aussi interrogée. Que se serait-il passé s’il n’avait pas prévu d’aller au culte ? C’est vrai, ce repas que nous partageons lors de nos cultes et de nos messes est le lieu premier de la réconciliation. Avec nous-mêmes, avec les autres, et avec Dieu qui nous accueille à sa table malgré nos écarts. Mais la table préparée le dimanche n’est pas le lieu unique de cette réconciliation : notre vie tout entière nous en donne l’occasion, si nous renonçons à notre orgueil mal placé et à nos fausses raisons… d’avoir raison ! Je vois tant de personnes disparaître en laissant un goût amer dans le cœur de proches qui regrettent de n’avoir pas fait ce premier pas à temps. Se réconcilier, ce n’est pas toujours possible avec l’autre, mais c’est reconnaître que si l’autre n’est pas parfait, nous ne le sommes pas non plus. Pardonner à l’autre, c’est commencer à se pardonner à soi-même de ne pas être cet homme ou cette femme irréprochables. Tout mouvement de réconciliation est un pas vers la juste compréhension de qui nous sommes : des créatures en recherche de sens, de lien et d’accomplissement. Des êtres humains pour qui Dieu s’est incarné il y a 2000 ans, non pas pour nous juger, mais pour nous sauver. Nous, cette semaine, avec qui allons-nous nous réconcilier ?

Ariane Baehni, pasteure

Vendredi dernier, en rentrant d’un formation, j’ai croisé dans le train des jeunes recrues. J’ai évidemment eu une pensée émue pour leurs contemporains ukrainiens et leurs proches. Comment Dieu laisse-t-il faire ce qui se passe là-bas? Le credo dit bien « je crois au Dieu tout puissant… ». Mais est-il vraiment tout puissant? Et s’il ne l’est pas, alors qui est-il?

La puissance de Dieu est rarement évoquée dans le nouveau testament. Jésus parle de sa puissance mais pas de sa toute-puissance. Et finalement le contraire de la toute-puissance n’est pas nécessairement l’impuissance. Derrière ce mot se cache une autre manière de voir les choses. Dieu est avant tout Amour. Et la bonne nouvelle de ce Dieu qui n'exerce pas une «toute puissance» dans ce monde, c'est la liberté qu’il nous offre de faire le bien avec lui. Sa bonne nouvelle nous invite aussi à accueillir la liberté des uns et des autres. C’est vrai que c’est dur d’accepter cela quand cette liberté se conjugue avec les horreurs de la guerre. Mais la puissance de la liberté c’est de pouvoir partager cet amour. Et c’est ce que j’ai vu depuis le 24 février dernier, par des initiatives personnelles qui ont fleuri partout pour aller aider à la frontière entre la Pologne et l’Ukraine. C’est probablement cela la toute-puissance divine: être actif à notre niveau et avec nos moyens d’être humain. Être semeur de paix et d’amour à la suite du Christ.

Emmanuelle Jacquat, pasteure (Paru à L'Omnibus)

Pensée du jour

Le temps de la consultation divine (1 Chroniques 14,1-17)

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