Vos lieux de culte

Librement

Je peine à comprendre. Ça défile, ça bloque, ça occupe, ça congestionne, ça gesticule, ça claxonne, ça vitupère… au nom de la « liberté ». Est-ce vraiment ça, la liberté ?

Une petite histoire africaine m’a donné à réfléchir.

Pour capturer un singe il faut être plus malin que lui. Agiles autant que méfiants, nos lointains cousins ne se laissent pas attraper facilement. Il existe pourtant une méthode de capture aussi astucieuse qu’infaillible.

Dans les lieux où les singes ont l’habitude de venir, les chasseurs enterrent des jarres au col allongé et étroit. Ils tassent consciencieusement la terre autour, dissimulant soigneusement le travail de terrassement. Seule l’ouverture reste perceptible, au ras du sol. Les chasseurs remplissent ensuite de terre les jarres en veillant à y placer une grosse poignée de riz et des baies, dont les singes sont très friands.

Les singes sont curieux autant que gourmands. Ils ne mettent en général pas longtemps avant de découvrir les friandises cachées dans le creux des jarres. Ils enfoncent une main avide et saisissent alors le plus d’aliments possibles. Cependant la main, une fois remplie, ne peut plus ressortir, le col est trop étroit. C’est le moment qu’attendent les chasseurs cachés tout près. Ils se précipitent sur les singes et les capturent sans qu’ils réussissent à s’enfuir. Car ils ne songent pas un seul instant à ouvrir la main et à abandonner ce qu’ils serrent dans leur poing pour se libérer.

Les poings serrés et les cœurs avides de ceux qui hurlent à la liberté me font penser aux singes de ma petite histoire. La liberté n’est-elle pas au contraire là où les mains sont ouvertes et les cœurs généreux. C’est en tout cas ce que m’apprend chaque jour Jésus le Christ, lorsque je parcours librement son Evangile.

Jean-Christophe Jaermann

Pensée du jour

Genèse 43,15-25

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